Des messages antisémites et anti-israéliens ont été affichés sur la vitrine d’un restaurant appartenant à une Juive dans le sud-ouest de la France. La propriétaire de l’établissement a porté plainte et a dénoncé le silence de la maire.
Be’hadré ‘Harédim – Eyal Tiran
Un crime de haine préoccupant s’est produit la semaine dernière dans la commune de Saint-Jean-d’Angély, dans le sud-ouest de la France, selon un rapport du Congrès juif européen (EJC). D’après les informations publiées, des inconnus ont accroché des feuilles comportant des messages antisémites et anti-israéliens sur la vitrine du restaurant « Carottes et Gingembre », appartenant à Dina Zerbiv, une habitante juive de la localité. Parmi les messages figurait notamment la phrase : « Israël est un peuple maudit ».
La propriétaire du restaurant, qui a découvert ces messages de haine à l’ouverture de son établissement, a déposé une plainte officielle auprès des autorités locales. Dans une publication sur sa page Facebook après l’incident, Zerbiv a écrit : « Cela me donne la nausée. J’ai déposé une plainte officielle auprès de la police et les enquêteurs ont relevé des empreintes digitales. Je prévois également d’engager une action civile contre les responsables. »
À ce stade, l’enquête en France se poursuit, et aucune annonce officielle concernant l’arrestation de suspects n’a encore été faite.
Malgré le large soutien reçu de la part de la communauté locale, Zerbiv a vivement critiqué la direction municipale. Dans un autre message publié hier soir, elle a écrit : « Je veux remercier tous ceux qui ont apporté leur soutien et se sont inquiétés après l’acte antisémite qui a visé mon commerce. La maire, contrairement à d’autres élus de la commune, a choisi de se taire et donne ainsi une légitimité à cet acte. Même si nous avons eu des désaccords, elle devrait condamner ces actes. Cette femme n’est pas digne d’être élue. »
L’incident a également suscité des réactions parmi des organisations internationales de lutte contre l’antisémitisme. Sacha Roytman, directeur général du Mouvement de lutte contre l’antisémitisme, a réagi en déclarant : « Le marquage de commerces juifs en France par des affiches haineuses est un rappel glaçant des périodes sombres de l’histoire. Cet incident est une expression violente des données inquiétantes que nous révélons dans le rapport hebdomadaire du mouvement : l’Europe occidentale est devenue l’épicentre mondial de l’antisémitisme avec 42 % de l’ensemble des incidents, et le moteur principal de cette vague est l’idéologie de l’extrême gauche, responsable de 66,5 % des incidents. »
Roytman a ajouté : « Nous assistons à une utilisation systématique de la rhétorique antisioniste comme couverture pour l’antisémitisme classique et la persécution de citoyens juifs dans l’espace public. Lorsque l’incitation centrée sur l’accusation de ‘génocide’ se traduit par le marquage des façades de commerces, il s’agit d’un crime de haine destiné à semer la terreur. Nous exigeons des autorités françaises qu’elles agissent avec une tolérance zéro et qu’elles comprennent qu’il s’agit d’une campagne organisée de haine. Nous ne devons pas accepter une réalité dans laquelle des commerces juifs deviennent une cible légitime. »
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