Un entrepreneur israélien a réussi à transformer ChatGPT en assistant fiscal personnel. En quelques clics, il a découvert – et réclamé – des aides et remboursements auxquels il avait droit depuis des années. Une opération éclair, rendue possible par l’arrivée en Israël du nouveau “mode agent” de ChatGPT. Et ce n’est pas un piratage informatique, mais une leçon d’intelligence… artificielle.
Un outil tout juste lancé, déjà révolutionnaire
Il a suffi de quelques jours à Or Lavan pour démontrer l’extraordinaire potentiel de l’agent ChatGPT. Cet entrepreneur israélien, consultant stratégique et technologique, dirigeant de la société Or-On, a publié sur LinkedIn un post sobrement intitulé :
« Comment j’ai reçu des milliers de shekels grâce au nouveau mode agent de ChatGPT ». La publication, devenue virale, a récolté plus de 1 800 commentaires. La majorité réclamaient des explications. Il les a données point par point.
« Je ne m’attendais pas à ce que cette publication fasse un tel « flop » », plaisante-t-il avec ironie, avant d’ajouter : « En tant que réserviste, il était important pour moi de connaître mes droits, mais je n’avais jamais eu le temps ni les compétences pour me pencher sur la question ».
Le principe est simple : déléguer à l’IA la fastidieuse recherche des aides sociales, crédits d’impôts et subventions disponibles sur les sites gouvernementaux. Mais cette fois, au lieu d’une simple discussion textuelle, le modèle agent permet à ChatGPT d’agir comme un véritable assistant numérique capable de naviguer, remplir des formulaires et même soumettre des documents. Le tout sous contrôle humain.
Un guide pas-à-pas pour récupérer ce que l’État vous doit
Première étape : entrer ses informations personnelles dans le chat. « Soyez précis », insiste Lavan. Il fournit à l’IA son âge, sa situation professionnelle, ses jours de réserve militaire, son statut familial, les événements survenus dans l’année. Puis il lance la commande suivante :
« À partir de mes données personnelles listées ci-dessus, effectuer des recherches complètes et fiables sur les sources et portails gouvernementaux auxquels je peux accéder. Identifier tous les avantages, droits et dégrèvements sur des sites tels que Kol-Zchut, les sites gouvernementaux, etc. Pour chaque droit, indiquer de quel avantage il s’agit, qui l’accorde et les conditions requises pour l’exercer. »
Deuxième étape : l’activation du mode de recherche approfondie. Grâce à ce mode, ChatGPT peut consulter en temps réel les sites gouvernementaux, éplucher les textes officiels et dresser une carte personnalisée des droits de l’utilisateur.
« Ce fut un choc », confie Lavan. « Le PDF généré par l’agent listait des dizaines de droits que je n’avais jamais sollicités : réduction de la taxe foncière grâce à mes études, allocation de travail (l’équivalent israélien de l’impôt négatif), bourse liée à la naissance de mon enfant, crédit d’impôt pour mes dix jours de service militaire… C’était comme trouver de l’argent par terre. »
À noter : bien qu’il s’agisse d’un outil intelligent, Lavan insiste sur la nécessité de vérifier toutes les données, car « l’IA reste une IA ». Mais dans son cas, tout s’est révélé exact.
L’IA exécute, mais vous validez chaque étape
Troisième étape : préparer les documents nécessaires. Lavan rassemble ses identifiants d’accès aux sites publics (comme ceux de l’administration fiscale ou de la Sécurité sociale israélienne), ses justificatifs (certificats d’études, attestations de service militaire, etc.) et les informations complémentaires comme son RIB ou le nom de son employeur.
Puis il donne une nouvelle instruction à l’agent :
« Prenez la liste des prestations figurant dans le PDF et effectuez les démarches nécessaires pour que je puisse exercer chaque droit. Rendez-vous sur le site web approprié, remplissez les informations (je vous les fournirai si nécessaire), soumettez la demande ou le formulaire, et assurez-vous de recevoir une confirmation. Prévenez-moi à chaque étape importante pour que je valide. »
L’agent se met alors au travail, ligne après ligne, écran après écran.
« À chaque étape sensible, comme l’envoi d’un formulaire ou de données personnelles, le système me demandait explicitement : ‘Souhaitez-vous envoyer ce document ? Oui / Non’. Je vérifiais, je validais. L’agent ne fait rien sans votre accord. C’est fondamental. »
Des résultats concrets en quelques jours
Une fois les demandes soumises, Lavan reçoit un rapport clair et complet : accusés de réception, délais estimés, suivi de chaque dossier. Certaines prestations sont validées immédiatement, d’autres nécessitent jusqu’à deux semaines de traitement.
Trois jours plus tard seulement, les premiers virements apparaissent sur son compte.
Et l’agent continue de faire le suivi à sa place. Il consulte les sites publics, entre les numéros de dossier, et informe en temps réel des réponses obtenues.
« Ce que j’ai décrit n’est ni complexe ni réservé aux geeks », insiste-t-il. « C’est un guide simple, que chacun peut suivre chez soi. Jusqu’à présent, j’ai reçu plusieurs milliers de shekels, et plus de 10 000 sont en attente de validation. »
Un post devenu viral en 24 heures
Publié moins d’un jour plus tôt, son message a explosé sur LinkedIn. Des milliers d’Israéliens, souvent dépassés par les démarches administratives, se sont rués sur ses explications. Pour beaucoup, le message de Lavan sonne comme une révélation : « L’État ne vous donnera rien si vous ne demandez pas. Mais aujourd’hui, une IA peut faire cette demande pour vous. »
« J’ai voulu partager cela pour que d’autres en bénéficient », conclut-il.
Avec ce témoignage, Or Lavan ne signe pas un simple coup d’éclat technologique. Il dévoile une révolution dans l’accès aux droits sociaux, et peut-être une nouvelle ère dans la relation entre citoyens et administrations. À condition de savoir poser les bonnes questions à la bonne machine.
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