Uber en Israël, enfin encadré

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Uber en Israël, enfin encadré

À l’approche des élections, le gouvernement israélien a engagé une séquence législative destinée à matérialiser plusieurs promesses restées longtemps en suspens. Parmi elles, la très attendue « loi Uber », portée par la ministre des Transports Miri Regev, a franchi une étape décisive en obtenant l’aval du Comité ministériel de la législation. Ce feu vert ouvre la voie à un débat parlementaire à la Knesset, où le texte sera soumis à une première lecture.

Le projet vise à établir un cadre légal clair pour les plateformes numériques de transport de passagers, en autorisant des particuliers à proposer des trajets rémunérés avec leur véhicule privé. Une telle réforme permettrait à ces conducteurs d’opérer dans des conditions comparables à celles des chauffeurs de taxi agréés, tout en mettant fin à une zone grise juridique qui freine l’implantation de services comme Uber en Israël. L’objectif affiché par le ministère est double : moderniser l’offre de transport et répondre à une demande croissante de mobilité flexible, notamment dans les grandes agglomérations.

Cette initiative n’est pas totalement nouvelle. Dès 2021, le député Eitan Ginzburg, du parti Bleu et Blanc, avait rédigé un projet de loi similaire. Celui-ci prévoyait toutefois de nombreuses restrictions, notamment l’obligation pour les conducteurs de suivre une formation spécifique et de pratiquer des tarifs préalablement validés par les autorités. Ces garde-fous visaient à préserver l’équilibre avec le secteur des taxis traditionnels. Relancé par Miri Regev après sa promesse publique « d’importer Uber en Israël », le texte pourrait néanmoins évoluer sensiblement au fil des débats parlementaires.

À l’international, les controverses entourant Uber se sont largement estompées. Dans de nombreux pays, la plateforme est désormais intégrée aux infrastructures de transport urbain, avec des cadres réglementaires conciliant innovation, protection des travailleurs et sécurité des usagers. Des États comme Taïwan ont même expérimenté des consultations publiques numériques avant l’adoption de lois spécifiques, permettant d’aboutir à des compromis durables. Cette expérience étrangère alimente aujourd’hui les arguments des partisans d’une libéralisation encadrée en Israël.

Sur le plan intérieur, la réforme se heurte cependant à une opposition déterminée. Le lobby des chauffeurs de taxi, particulièrement influent au sein du comité central du Likoud, continue de peser lourdement sur le débat. Des menaces de grève ont déjà été évoquées, certains représentants du secteur annonçant leur intention de sanctionner politiquement la ministre lors des prochaines primaires. Selon la presse économique israélienne, la tension pourrait s’accentuer à mesure que le texte progressera dans le processus législatif.

La validation de la « loi Uber » s’inscrit dans une journée plus large d’activisme législatif. Le Comité ministériel de la législation a également approuvé d’autres initiatives controversées, malgré les réserves du conseiller juridique du gouvernement. Parmi elles figurent une proposition visant à relever fortement les amendes infligées aux manifestants bloquant des routes, portée par Ofir Katz, ainsi qu’un projet imposant des tests polygraphiques aux procureurs. Une autre réforme, défendue par Avichai Bo’aron, prévoit de placer le Conseil de l’enseignement supérieur sous l’autorité directe du ministre compétent.

Ces textes, très différents dans leur nature, traduisent une volonté gouvernementale d’avancer rapidement sur des dossiers sensibles avant les échéances électorales. Si la « loi Uber » bénéficie d’un certain soutien populaire, elle cristallise aussi les tensions entre modernisation économique, équilibres sociaux et calculs politiques. Son examen à la Knesset constituera un test révélateur de la capacité du gouvernement à transformer des engagements de campagne en réformes concrètes.

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