Tsahal règle ses comptes avec le Hezbollah
L’armée israélienne affirme avoir franchi un nouveau palier dans sa campagne contre le Hezbollah, entre opérations terrestres au sud du Liban, frappes aériennes en profondeur et pression croissante sur les réseaux militaires du mouvement chiite. Selon l’état-major, environ 700 combattants du Hezbollah ont été tués depuis le début de cette nouvelle phase des hostilités, tandis que des arrestations, des saisies d’armes et des collectes de renseignements ont été menées sur plusieurs secteurs du front nord. En parallèle, Israël poursuit ses frappes contre des cibles liées à l’Iran, notamment contre des installations de défense et des sites présentés comme liés à la production de missiles. L’objectif affiché est double : réduire la menace immédiate sur les localités israéliennes du nord et affaiblir la capacité de reconstitution de l’axe pro-iranien.
Sur le terrain libanais, la zone d’El-Khiam, la crête de Ramim et les abords du Litani apparaissent comme les points de fixation majeurs. Israël dit y mener une stratégie en trois volets : sécuriser les communes frontalières israéliennes, empêcher les renforts du Hezbollah de circuler au sud du Litani, puis frapper plus largement les structures politiques, financières et logistiques du mouvement à l’échelle du Liban. Cette logique s’est traduite ces derniers jours par la destruction de ponts, par des démolitions de bâtiments près de la frontière et par une intensification des raids contre les secteurs considérés comme des couloirs de transit. L’armée israélienne explique ces actions par la nécessité d’empêcher le Hezbollah de reconstituer ses positions. Mais cette méthode accroît aussi la pression sur les civils et nourrit une crise humanitaire déjà massive dans le pays.
Israël met également en avant plusieurs opérations ciblées destinées à démontrer que ses forces ne se contentent plus de frappes à distance. Des unités spéciales ont mené des incursions nocturnes, procédé à des arrestations et récupéré du matériel présenté comme précieux sur le plan du renseignement. L’état-major assure que la résistance rencontrée sur certains secteurs reste limitée, ce qui lui permettrait d’élargir progressivement son emprise opérationnelle. Mais cette lecture doit être prise avec prudence : le Hezbollah continue de tirer quotidiennement sur Israël et son chef, Naim Qassem, a encore rejeté toute idée de négociation tant que les bombardements se poursuivent. Autrement dit, malgré les pertes revendiquées par Israël, le mouvement ne donne aucun signe public de recul politique. La bataille est donc autant militaire que psychologique : Israël veut montrer qu’il peut décapiter, désorganiser et étouffer son adversaire ; le Hezbollah veut prouver qu’il peut encore encaisser et riposter.
Cette séquence révèle surtout un changement d’échelle. Le front libanais n’est plus un théâtre secondaire, mais un prolongement direct de la confrontation régionale avec l’Iran. En frappant au Liban et en Iran presque simultanément, Israël cherche manifestement à empêcher toute régénération coordonnée de ses adversaires. Reste que cette stratégie a un coût élevé : plus de 1 000 morts au Liban, plus d’un million de déplacés, et un risque d’enlisement qui ne diminue pas. Pour l’heure, le message israélien est celui d’une montée en pression assumée. La question est désormais de savoir si cette pression débouchera sur un affaiblissement durable du Hezbollah, ou sur une guerre plus vaste encore.
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