Après un tir de barrage d’environ 200 roquettes et près de 20 drones en direction d’Israël dans la nuit entre mercredi et jeudi, l’armée israélienne reconnaît qu’elle aurait dû informer plus tôt le public et les responsables des autorités locales. L’armée explique qu’elle a tenté d’équilibrer la préparation du front intérieur avec la nécessité d’éviter la panique, mais que les rumeurs ont devancé les annonces officielles.
Kol réga’
Au sein de Tsahal et du commandement du Nord, on a admis ce matin (jeudi) qu’une erreur avait été commise dans la gestion de l’information envers le public, puisqu’aucune information en temps réel n’a été publiée concernant la préparation inhabituelle du Hezbollah au-delà de la frontière. Cette préparation s’est finalement concrétisée par un envoi massif d’environ 200 roquettes et 20 drones tirés vers le territoire israélien.
Une vague de rumeurs concernant un tir imminent s’est répandue hier sur les réseaux sociaux et a provoqué la panique parmi les habitants du nord. Pendant des heures, des fragments d’informations ont circulé en ligne, notamment après que certains responsables municipaux eurent été informés d’une préparation exceptionnelle du Hezbollah pour intensifier les tirs. À ce moment-là, Tsahal n’avait publié aucune déclaration officielle, ce qui a accru l’incertitude et l’inquiétude des habitants.
L’armée a reconnu ce matin que cette conduite était erronée. Selon des sources militaires, il aurait été préférable d’informer plus tôt le public et les autorités locales, en coordination avec le Commandement du front intérieur. Des responsables de Tsahal ont déclaré que « la confiance du public est essentielle en temps de guerre, surtout lorsqu’il s’agit d’une campagne susceptible de durer plusieurs semaines ».
Selon l’armée, des renseignements reçus déjà hier dans la journée indiquaient que le Hezbollah se préparait à augmenter considérablement l’ampleur des tirs vers Israël. En conséquence, l’appareil sécuritaire s’est préparé à deux actions principales : neutraliser les lanceurs et éliminer les cellules de tir.
Dans ce cadre, des frappes préventives ont été menées contre des lanceurs au nord du fleuve Litani. Des opérations de renseignement ont également été réalisées pour localiser les équipes de lancement. Toutefois, vers 20 heures, le Hezbollah a lancé un important barrage, comprenant une série de tirs continus d’environ 200 roquettes et 20 drones, qui ont contraint des centaines de milliers d’habitants du nord à se réfugier pendant des heures dans les abris.
Pendant les tirs, l’armée de l’air israélienne a mené des frappes en temps réel contre les lanceurs identifiés. Tsahal souligne que des « fermetures de boucle rapides » ont été réalisées, c’est-à-dire la destruction des lanceurs peu de temps après leur détection. Plus de la moitié des lanceurs utilisés pour les tirs ont été détruits lors de ces frappes.
Selon les estimations du système de sécurité, le Hezbollah avait prévu un barrage beaucoup plus important, mais environ deux tiers des tirs prévus ont été neutralisés grâce aux frappes et aux actions de renseignement.
Après la fin du barrage, l’armée de l’air a encore détruit d’autres lanceurs, bien que dans certains cas ils ne contenaient déjà plus de roquettes. Parallèlement, les systèmes de défense aérienne ont intercepté les menaces.
D’après les données fournies, presque toutes les roquettes tirées vers Israël ont été interceptées. Seules deux roquettes sont tombées dans des zones ouvertes, dans la région d’Emek Hefer et à Bu’eina. Cinq personnes ont été légèrement blessées.
Dans l’establishment sécuritaire, on explique que le principal dilemme des responsables professionnels était de savoir comment préparer le front intérieur à un barrage possible sans provoquer une panique générale. Mais en pratique, alors que les responsables municipaux commençaient à transmettre des informations aux habitants, les rumeurs sur les réseaux sociaux se sont propagées rapidement et ont précédé les annonces officielles.
L’armée reconnaît désormais qu’il aurait fallu publier plus tôt une communication officielle claire, afin de fournir une image précise de la situation et d’éviter la vague de rumeurs qui a provoqué une forte pression parmi les habitants.
À la suite de ces événements, Tsahal a décidé d’ouvrir une enquête interne afin de tirer des leçons concernant la gestion de l’information au public lors d’événements sécuritaires de ce type. Selon des sources militaires, la conclusion initiale est claire : « Nous avons fait une erreur. Il fallait informer le public et les autorités locales plus tôt. »
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