Trump; Le Pakistan fait perdre du temps

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Trump; Le Pakistan fait perdre du temps

Les déclarations de Donald Trump sur d’éventuels pourparlers avec l’Iran n’ont pas dissipé le brouillard stratégique au Moyen-Orient. Au contraire, elles l’ont épaissi. Alors que le président américain met en avant une possible issue diplomatique autour d’un plan en quinze points transmis à Téhéran par l’intermédiaire du Pakistan, les préparatifs militaires américains, eux, se poursuivent. Cette coexistence entre discours d’apaisement et montée en puissance sur le terrain alimente une lecture de plus en plus répandue : la diplomatie affichée pourrait aussi servir à gagner du temps, à rassurer les marchés et à maintenir l’adversaire dans l’incertitude. Dans cette guerre, les mots ne sont pas seulement des messages. Ils sont devenus des instruments de pression.

Le cœur de la séquence actuelle est cette proposition américaine de quinze points, qui comprendrait notamment un arrêt de l’enrichissement nucléaire, la limitation du programme balistique iranien, une réduction du soutien aux alliés régionaux de Téhéran et des mesures liées au détroit d’Ormuz. Officiellement, Washington veut tester une voie de désescalade. Mais du côté iranien, la méfiance domine. Téhéran a jugé les conditions américaines « excessives » et a publiquement rejeté l’idée que les États-Unis puissent fixer seuls les termes de la sortie de crise. Des responsables iraniens laissent toutefois entendre qu’aucune décision finale n’est totalement figée, ce qui montre que la porte n’est pas complètement fermée, même si elle est à peine entrouverte. Cette ambiguïté est centrale : l’Iran refuse l’humiliation, mais ne veut pas non plus apparaître comme celui qui rejette toute issue politique.

C’est précisément là que le Pakistan prend une place inattendue. Son rôle d’intermédiaire lui donne une utilité diplomatique réelle, mais il devient aussi, dans certaines analyses régionales, le symbole d’une négociation indirecte, lente, incertaine, presque suspendue. Pendant que les messages circulent, les mouvements militaires continuent. Les États-Unis préparent l’envoi de milliers de soldats supplémentaires au Moyen-Orient, tandis que l’hypothèse d’une nouvelle flambée autour du détroit d’Ormuz reste prise très au sérieux. Même si l’Iran a indiqué que les navires « non hostiles » pourraient continuer à transiter sous certaines conditions, la zone demeure un point de vulnérabilité majeur pour l’économie mondiale. La moindre menace sur ce passage stratégique fait immédiatement trembler les marchés de l’énergie, ce qui explique pourquoi chaque déclaration présidentielle est scrutée bien au-delà du seul champ militaire.

Au fond, la question n’est pas seulement de savoir si Trump cherche réellement un accord. Elle est de savoir s’il utilise la perspective d’un accord comme un levier supplémentaire dans une stratégie de coercition. À ce stade, les faits montrent surtout une double dynamique : d’un côté, une tentative de canal diplomatique encore fragile ; de l’autre, une préparation militaire qui n’a pas été interrompue. Pour Israël comme pour plusieurs États du Golfe, le risque d’escalade reste donc bien vivant. Tant qu’aucun signal concret de désescalade ne sera validé par les actes, la région restera suspendue à cette contradiction : parler de paix tout en se préparant à la guerre.

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