Des responsables israéliens indiquent qu’une action américaine contre l’Iran pourrait intervenir dans les prochains jours.
Selon des sources à Washington et à Jérusalem, les agences de renseignement américaines estiment que Téhéran est peu susceptible d’assouplir sa position, tandis que les responsables israéliens estiment qu’une action militaire américaine contre l’Iran pourrait intervenir dans les jours ou les semaines à venir.
par Danny Zaken
Au sein de l’administration américaine, des discussions internes ont fait émerger un large consensus: le président iranien Massoud Pezeshkian et le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi ont épuisé la marge de manœuvre que leur avait accordée le Guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, pour présenter une proposition de principes communs concernant le programme nucléaire de la République islamique. À Washington, les responsables estiment qu’il n’existe aucune perspective réaliste que l’Iran se conforme aux principales exigences américaines lors des négociations.
Dans ce contexte, les États-Unis ont continué de renforcer leur présence militaire en mer Méditerranée, dans l’océan Indien et dans le golfe Persique. Le porte-avions USS Gerald R. Ford se rapproche de la région et la menace militaire qui pèse sur l’Iran est décrite comme plus tangible que jamais.
À Jérusalem, les autorités estiment que la fenêtre d’opportunité pour parvenir à un accord se referme et qu’un moment décisif pourrait approcher dans les jours ou les semaines à venir.
Ce que l’on sait du renforcement militaire massif des États-Unis au Moyen-Orient. Photo : INSS/AP/EPA
Selon une source au sein de l’administration américaine, les envoyés spéciaux Steve Witkoff et Jared Kushner ont présenté la proposition iranienne au président Donald Trump, au vice-président J.D. Vance, au secrétaire d’État Marco Rubio et au secrétaire à la Guerre Pete Hegseth, en y joignant leurs propres analyses. Ils ont conclu que les chances de parvenir à un accord raisonnable avec l’Iran s’amenuisent.
Des messages officieux reflétant cette évaluation auraient été transmis à Téhéran, directement et par l’intermédiaire de médiateurs tels que la Turquie, le Qatar et Oman. Ces messages contiennent ce qu’une source a décrit comme un avertissement sans équivoque: le refus des dirigeants iraniens de répondre de manière satisfaisante aux demandes et questions des États-Unis entraînerait de graves conséquences.
La source a ajouté que les menaces répétées proférées par de hauts responsables iraniens, y compris Khamenei lui-même, à l’encontre des États-Unis et de leurs dirigeants, en des termes qualifiés de provocateurs et parfois personnels, renforcent l’impression à Washington que le régime islamiste ne recherche pas véritablement le compromis.
La proposition iranienne incluait, semble-t-il, un accord pour retirer une partie de son stock d’uranium enrichi de son territoire et la placer sous la garde d’un pays tiers, la Russie étant pressentie comme destination privilégiée. Quant au reste du stock, Téhéran affirmait qu’il était enfoui sous les décombres suite aux bombardements du récent conflit avec Israël.
Concernant l’enrichissement d’uranium, l’Iran a proposé une suspension temporaire, suivie de la construction d’une installation régionale d’enrichissement sur son territoire, sous supervision internationale. Selon Téhéran, cette installation fournirait de l’uranium enrichi à des fins civiles aux pays de la région.
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Araghchi, a également suggéré d’entamer un cycle de pourparlers trilatéraux avec les représentants de l’Agence internationale de l’énergie atomique afin de déterminer l’étendue du contrôle des installations nucléaires iraniennes, tout en s’engageant à accorder aux inspecteurs un accès à tous les sites à tout moment.
En contrepartie, l’Iran a exigé une levée progressive des sanctions en fonction des progrès réalisés dans les négociations, mais avec une première mesure immédiate « pour démontrer son sérieux et instaurer une confiance mutuelle ».
Sur d’autres points litigieux, l’Iran n’a apporté que des réponses indirectes aux demandes américaines concernant son programme de missiles balistiques et son soutien aux organisations terroristes affiliées, principalement le Hezbollah. Les responsables iraniens se sont dits généralement disposés à discuter des questions « qui concernent nos voisins arabes » dans le cadre d’une conférence régionale qui se tiendra après la conclusion d’un accord sur le nucléaire.
Selon Téhéran, il s’agit de problèmes entre l’Iran et ses États voisins et ils devraient donc être traités par ces pays eux-mêmes plutôt que par les États-Unis agissant en leur nom.
La question de la répression intérieure a été à peine abordée. L’Iran a rejeté une proposition visant à autoriser une délégation internationale à se rendre sur place pour examiner les allégations de massacres de manifestants et d’exécutions. Il a été récemment rapporté que l’Iran avait induit en erreur les responsables américains en leur promettant qu’il n’y aurait pas d’exécutions. Dans les faits, des centaines, voire des milliers de personnes ont été exécutées après leur arrestation, la plupart sans procès et certaines à l’issue de procédures accélérées menées par visioconférence. Des témoignages et des preuves de ces actes commencent désormais à émerger en Iran.
Au cours des discussions, Araghchi a également évoqué l’idée d’un vaste accord économique régional avec une participation américaine significative, faisant allusion aux initiatives économiques à grande échelle de Trump souvent décrites comme un « méga accord » et l’« Accord du siècle ».
Un avion de chasse américain sur le pont du porte-avions USS Abraham Lincoln au Moyen-Orient. AFP
Israël a reçu un compte rendu général de la proposition iranienne et a été informé que les États-Unis l’examinaient attentivement et ne permettraient pas à l’Iran de gagner du temps. Les responsables israéliens réaffirment que, même si une décision semble imminente, Israël doit rester aligné sur la politique américaine, permettre à Washington de mener pleinement les négociations, contribuer à la reconstruction d’une coalition régionale et fournir un soutien total en matière de renseignement.
JForum.fr avec ILH
Photo : Reuters
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