Tetsavé 5786 accompagne la fête de Pourim (Vidéo)

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Pourim ou comment faire naître la pureté de l’impureté

Lors des années régulières (non embolismiques) la parasha de Tetsavé « accompagne la fête de Pourim » et dans cette sidra il est question de nombreux sujets dont celui de l’encens ou la « Ketoreth » composée de onze parfums différents et il y est aussi question du mizbeah (autel) de cuivre et de celui d’or.

Le mizbéah de cuivre est situé dans la cour tandis que l’autel des parfums (de la ketoreth) des encens est situé dans le hékhal (dans la tente d’assignation).
Le Midrash Tadshé cité souvent dans le Yalkouth Shimoni énonce ainsi les mots suivants : « Keshem shémizbéah hanehosheth okhel kakh gouf haadam okhel oukheshem shé mizbéah haketoreth eyneno okhel kakh nishmath haadam eyna okheleth. » Ce qui signifie : de même que l’autel de cuivre mange ainsi mange le corps de l’homme et de même que l’autel des parfums ne mange pas, ainsi, l’âme ne se nourrit pas.
Pour rappel, l’autel en cuivre servait aux sacrifices et celui des parfums était en or. Un parallèle est tracé ici entre la matérialité et la spiritualité.

En effet, lors de la création de l’homme, HaShem a formé la tête de l’homme de « pincées » de terre de l’endroit qui servira de présentation des futurs sacrifices : d’Adam, d’Abel et de Caïn, puis de Noé, d’Abraham liant son fils Isaac, puis plus tard de Saint des Saints et, lorsque le Temple fut édifié le lieu où fut inauguré le Saint des Saints fut le même et il ne put jamais être différent.
Le corps de l’homme fut créé de pincées de terre provenant de la Terre entière pour qu’il ne puisse jamais être rejeté de nulle part au moment où viendra pour lui le temps de sa sépulture enseigne le Ari zal. Ce cabaliste enseigne que le « dos » de l’homme fut créé à partir de la terre prise à Babel.
Les Sages enseignent, pour leur part, que, lors de la faute originelle, 4 des 5 sens de l’homme furent « touchés » (blessés) lorsqu’Eve « vit » l’arbre de la connaissance du bien et du mal, la VUE a été touchée, puis, elle « entendit » ce que lui dit le serpent, c’est l’OUÏE qui fut touchée plus loin, lorsqu’elle « toucha » le fruit c’est le sens du TOUCHER qui fut blessé et enfin, quand elle mangea le fruit c’est le GOÛT qui fut blessé aussi. Seul l’ODORAT resta intact.
Pourquoi ? Parce que l’âme s’en va par le nez, et ainsi affirment les Sages, c’est la raison pour laquelle nous respirons de bonnes odeurs/épices/parfums à la fin du shabbat pour nous séparer de ce supplément d’âme lorsque shabbat sort de nos demeures.

Le corps de l’homme sans l’âme qui y est implantée n’est rien et n’a aucune valeur. Ce qui va faire toute la différence est l’âme qu’il appartient à l’homme de garder pure et sainte.
En créant la tête de l’homme de l’endroit du Saint des Saints, le Créateur, montre à l’homme que sa finalité est de rester pur et en créant le devoir de faire brûler de l’encens deux fois par jour, IL montre Son désir de pureté et de sainteté.
Or, parmi les 11 aromates que le Cohen doit faire brûler sur l’autel des parfums, il en est une qui est mauvaise (elle ne sent pas bon) : la helbena qui représente en quelque sorte les créatures qui ne sont pas parfaites mais, qui avec les autres membres de la communauté/peuple font un peuple solide.
Nous arrivons au lien de la ketoret (encens) avec Pourim : en effet, un autre parfum parmi les 11 aromates est le MOR qui est un aromate d’une nature différente.
La plupart des aromates utilisés sont de nature végétale et/ou minérale, mais l’un d’eux est d’origine animale il s’agit du MOR qui n’est en fait que du MUSC en français, matière animale et provenant de façon impure.
La question de savoir pourquoi ce parfum d’origine impure est compris dans ces aromates inclus dans l’encens est transposée au niveau de certains personnages bibliques dont l’origine est impure tel Abraham issu de Térah l’idolâtre.
Le Midrash raconte que lorsque le premier patriarche fut jeté dans la fournaise un parfum merveilleux envahit la terre….
C’est parce que son âme était si pure que ce merveilleux parfum s’échappa libérant un enseignement qui restera parmi les constantes de l’histoire juive c’est que de l’impur sortira la pureté absolue.

Mordékhay et Esther : dans la meguila d’Esther, lorsque la Reine Esther apprend que Mordékhay a déchiré ses vêtements pour porter un cilice elle envoie un serviteur pour questionner son oncle : « zé o zé » (ceci ou cela) elle emploie un langage « codé » pour ne pas être surprise ou soupçonnée : elle faisait allusion par ces deux mots à deux évènements terribles de l’histoire juive qui demeurent impardonnables : la vente de Joseph par ses frères et la faute du veau d’or.
Ces deux fautes sont comme deux « pierres » que le Satan tient dans un coffret et, au fil des évènements qui se produisent, il sort l’une ou l’autre : lorsqu’il s’agit d’un problème surprenant une querelle entre deux humains est sortie alors la « pierre » de la vente de Joseph et, lorsque survient un problème de « querelle » entre l’homme et D alors c’est la « pierre » du veau d’or qui est brandie.
Or, à Suse (Shoushan HaBira) que s’est-il passé ? Le mishté (banquet) offert par Assuérus à tous ses sujets, les Juifs, bien que Mordékhay les ait mis en garde de ne pas se rendre à ce banquet, ils s’y sont rendu et non seulement, ils y ont bu et mangé, et de plus, ils se sont servis des ustensiles d’or et d’argent qui avaient été ramenés du sac du Temple de Jérusalem et ils ont pu voir tous les vêtements sacrés du Cohen dont Assuérus se parait tout au long du banquet. Le peuple y était donc divisé.
Lorsque Mordékhay apprit que Haman projetait de massacrer tous les Juifs de ces 127 provinces sur lesquelles régnait Assuérus, il déchira ses vêtements et lorsqu’Esther questionna : ceci ou cela, elle comprit que le problème résidait dans la conduite de ses coreligionnaires et c’est pour cette raison qu’elle demanda au peuple de jeûner 3 jours et 3 nuits pour implorer le Créateur car Lui Seul a la faculté d’extraire du « mauvais » ce qui peut être « bon » et du pur d’impur.
Le nom de Mordékhay lui-même est une allusion au MOR (musc) car il est issu de Shimi ben Guera qui fut un ennemi du roi David.
Or, la mère de Mordékhay était issue de la tribu de Yéhouda c’est pourquoi il est écrit dans la Meguila d’Esther : Ish Yéhoudi haya beShoushan HaBira Un homme Juif (de Yéhouda) était à Suse….
Car on ne retient que l’ascendance de la mère de Mordékhay et ses mérites disent les Sages.

Ces faits montrent à quel point la parasha de Tetsavé renferme en elle des thèmes retrouvés souvent dans la fête de Pourim.

Dr Caroline Elisheva Rebouh PhD.
ד »ר קרולין אלישבע רבוה בן אבו Etudes Juives
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