Syrie ; Quand Paris et Londres reprennent l’initiative
L’intervention aérienne menée conjointement par la France et le Royaume-Uni le 3 janvier 2026 constitue un tournant stratégique majeur dans la gestion sécuritaire de la Syrie centrale. Loin d’un simple geste démonstratif, cette opération répond à une dégradation tangible de la situation observée à la fin de l’année 2025, marquée par une résurgence d’activités terroristes dans des zones longtemps considérées comme stabilisées. En frappant un vaste complexe souterrain dissimulé dans les reliefs au nord de Palmyre, Paris et Londres ont choisi une réponse directe, matérielle et assumée, reposant sur l’usage maîtrisé du Hard Power.
La cible neutralisée n’était pas anodine. Selon les éléments de renseignement accumulés sur plusieurs semaines, le site servait de plateforme logistique majeure pour une organisation terroriste en phase de reconstitution, identifiée comme Daech. Des quantités significatives de munitions, d’explosifs et de composants destinés à la fabrication d’engins improvisés y étaient stockées, constituant une capacité de nuisance immédiate pour l’ensemble du centre syrien.
Une frappe fondée sur la précision et la coordination
Le succès de l’opération repose avant tout sur une architecture de renseignement extrêmement fine. Les forces britanniques ont engagé des Typhoon FGR4 armés de munitions guidées Paveway IV, connues pour leur précision métrique et leur capacité à pénétrer des structures durcies. Ces vecteurs ont opéré en parfaite synchronisation avec les moyens français déployés dans le cadre de l’opération Chammal. L’objectif n’était pas la destruction massive, mais l’effondrement ciblé des accès aux tunnels, rendant les installations inutilisables sans provoquer de pertes civiles.
Cette « chirurgie cinétique » s’appuie sur des désignateurs laser de dernière génération et sur des systèmes de calcul embarqués capables d’intégrer en temps réel les paramètres topographiques, météorologiques et balistiques. Le résultat est une frappe à haute valeur militaire, avec un niveau de dommages collatéraux quasi nul, un élément devenu central dans la légitimation politique des opérations extérieures.
La coordination franco-britannique envoie également un message stratégique clair. En assurant un maillage aérien continu, soutenu par des avions ravitailleurs Voyager, les deux puissances européennes démontrent leur capacité à saturer l’espace aérien syrien et à entraver durablement les mouvements des groupes armés. Cette domination des airs demeure un prérequis indispensable pour soutenir des forces locales souvent affaiblies et sous-équipées.
Un nouvel équilibre sous l’autorité de Damas
Depuis la fin de l’année 2025, le paysage politique syrien a évolué. Le pouvoir central, confronté à l’état de fragilité de son appareil militaire après plus d’une décennie de conflit, a accepté une coopération accrue avec la coalition internationale. L’intégration formelle de la Syrie dans les mécanismes de lutte contre le terrorisme modifie profondément la notion de souveraineté opérationnelle. La frappe de Palmyre s’inscrit dans cette logique : un soutien extérieur assumé pour sécuriser des infrastructures critiques, notamment énergétiques.
La région de Homs, voisine de la zone ciblée, joue un rôle clé dans l’équilibre économique du pays. Les installations électriques et gazières fonctionnent encore très en dessous de leur capacité nominale. La neutralisation de stocks d’armes destinés à des sabotages potentiels contribue indirectement à la stabilisation économique syrienne et, par ricochet, à celle du bassin méditerranéen.
Une recomposition géopolitique plus large
Cette opération souligne aussi le recul de certaines influences traditionnelles au Levant. L’absence notable de participation russe dans ces frappes met en lumière l’érosion de la présence de Moscou, tandis que la supériorité européenne en matière de ciblage et de guerre électronique s’affirme. Pour Damas, ces actions servent également un objectif juridique et politique : renforcer la légitimité internationale du nouveau cap stratégique et attirer des financements indispensables à la reconstruction.
Néanmoins, la menace reste diffuse. Les réseaux terroristes ont adopté des structures décentralisées, exploitant les reliefs et les réseaux souterrains pour échapper à la surveillance. La destruction des tunnels de Palmyre n’est qu’une étape dans une guerre d’usure où le contrôle des flux, des stocks et des points de passage prime désormais sur la conquête territoriale.
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