Strasbourg : Comment les défenseurs du rayon vert luttent pour le faire réapparaître dans la cathédrale

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«On va devant le Conseil d’Etat parce qu’on est sûr d’avoir raison et c’est un spectacle formidable, esthétique, astronomique, c’est une particularité de Strasbourg. On ne trouve ça nulle part ailleurs et j’en suis certain, on va gagner », assure Maurice Rosart, 89 ans. De quoi parle-t-il ? Du rayon vert, phénomène lumineux qu’il a découvert en 1972 dans la cathédrale de Strasbourg. Problème, le rayon vert a disparu depuis mars 2022, à la suite de travaux réalisés par la Direction régionale des affaires culturelles (Drac) sur un vitrail et la pose d’une « patine réversible ».

Depuis, les nombreux défenseurs du rayon vert se battent sans relâche pour demander que cette patine, obstruant le passage de la lumière, soit retirée et permettre la réapparition du phénomène quatre fois par an. Après avoir saisi sans succès les tribunaux de Strasbourg et de Nancy, l’ancien géomètre a donc saisi le Conseil d’État.

« Il fait partie du patrimoine culturel de Strasbourg »

Rien de miraculeux dans cette histoire de lumière verte, mais un grand « attachement local à ce moment privilégié qui fait partie du patrimoine culturel de Strasbourg », explique Maurice Rosart. Rien de mystique non plus. Ce rayon de lumière provient en effet du soleil qui passe par le pied de Juda (le fils de Jacob) représenté sur un vitrail du côté sud de la cathédrale de Strasbourg. Et en bout de course une lueur verte apparaît sur le Christ sur la chaire pendant quelques minutes.

Ce qui en fait sa particularité, c’est que ce phénomène lumineux se reproduit, s’il y a du soleil, à chaque équinoxe d’automne et de printemps à 11h38, ainsi que six jours après ces fameux 22 septembre et 20 mars. Un évènement dont se réjouissaient de nombreux amateurs d’architecture religieuse ou de symboles, mais aussi les touristes et les médias.

Maurice Rosart avait déjà saisi les tribunaux administratifs pour contester la légalité de cette suppression, questionnant sur la nécessité de faire des travaux de cette nature sur le vitrail et martelant que l’administration n’avait pas eu l’autorisation pour les effectuer. « Les interventions que l’ont fait sur la cathédrale doivent être autorisées. Hors la mise en place de cette « patine réversible » sur le pied de Juda, a été faite sans aucune demande d’autorisation ni autorisation accordée. »

Pour l’octogénaire qui consacre depuis plus d’un demi-siècle sa passion à ce phénomène lumineux, la décision du 11 mars 2026 dernier de la cour administrative d’appel de Nancy, qui a déclaré sa demande « irrecevable en son action », s’expliquerait par un « a priori sur la question ». Il regrette qu’ils n’aient pas assez « creusé la question sur l’origine du vitrail », mais aussi « ils auraient vu que la Drac a fait un boulot non autorisé ». C’est un des arguments qui lui permet « d’aller au Conseil d’Etat et d’être à peu près sûr du résultat. »

Notre dossier Cathédrale de Strasbourg

Et comme la bataille est longue et que l’argent est le nerf de la guerre, le découvreur du phénomène a mis une pétition en ligne pour aider à payer la procédure judiciaire. « On a lancé la cagnotte. Si je n’ai pas la somme totale, je paierai tout moi-même. » Et de promettre : « Pas question de lâcher. »

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