Silence du LFI sur le rejet du Hamas par les gazaouis

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Fronde anti-Hamas à Gaza : le silence embarrassé des militants propalestiniens français

La popularité du mouvement s’effondre chez les Palestiniens. Les activistes de l’Hexagone s’efforcent de ne pas le voir et restent muets sur les manifestations en cours.

5,3 % d’opinions favorables. Voilà la cote de popularité actuelle du Hamas chez les Palestiniens de Gaza. Le chiffre est tiré d’une enquête réalisée par l’Institut pour le progrès économique et social (ISEP), une ONG montée par des chercheurs issus du monde arabe, diplômés d’universités anglo-saxonnes.

Ils ont sondé 400 Gazaouis de 15 ans et plus durant la dernière semaine de janvier 2025. Seulement un sur vingt souhaitait que le Hamas reste au pouvoir. 70 % d’entre eux le jugent incapable de gouverner. En cas d’élections à Gaza, selon cette enquête, le mouvement au pouvoir depuis 2007 serait balayé par son grand rival, le Fatah, ou par des candidats indépendants, qui recueilleraient 60 % des suffrages.

L’ISEP insiste sur les difficultés considérables posées par l’organisation d’un sondage fiable dans le chaos de Gaza. Toutefois, même avec une marge d’erreur importante, il semble que le Hamas soit aujourd’hui moins populaire chez les Palestiniens qu’au sein de la mouvance propalestinienne radicale française.

L’éléphant dans la pièce

Voilà maintenant une semaine que celle-ci ne regarde pas l’éléphant dans la pièce. Des centaines de manifestants descendent depuis le 25 mars dans les rues de Gaza – ou ce qu’il en reste – pour appeler le Hamas à s’en aller. Les associations et les activistes de France font comme s’il ne se passait rien. Les titres spécialisés, où les unes et les autres ont l’habitude de s’exprimer, commentent très peu. Ce sont les médias grand public français et internationaux (Le Monde, The Guardian, France 5, TF1, BBC, etc.) qui diffusent des images de Palestiniens criant « Hamas dehors » et « Hamas terroriste ».

Le mouvement de contestation est parti de Beit Lahia, dans le nord de la bande, puis il a gagné la ville de Gaza proprement dite et d’autres localités, comme Jabalia et Khan Younès. Le Fatah a saisi la balle au bond. Il multiplie les déclarations, enjoignant au Hamas de répondre aux demandes des Gazaouis et de quitter la scène gouvernementale.

L’Orient XXI, qui se veut une référence sur la zone, reste très évasif sur la situation. Le site d’information publie depuis février 2024 un « journal de bord de Gaza » tenu par le journaliste palestinien Rami Abou Jamous. Celui-ci a évoqué la chute de popularité du Hamas dans d’autres médias francophones, mais pas dans ses chroniques publiées par L’Orient XXI. La dernière date du 25 mars. Elle parlait de la reprise des bombardements israéliens, sans évoquer les manifestations récentes. Silence également sur le sujet à Politis.

Rima Hassan muette sur la Palestine.

L’eurodéputée LFI Rima Hassan, d’ordinaire intarissable sur sa patrie de cœur, n’a pas posté un seul message sur ces manifestations anti-Hamas. Sa collègue députée Mathilde Panot, présidente du groupe LFI à l’Assemblée nationale, a refusé de les commenter.

Pas un mot non plus sur le compte Instagram d’Hamza Abuhamdia, alias @hamzamaysarah sur le réseau social, un Palestinien installé en France qui se présente comme « artiste intersectionnel » et « activiste queer ». Silence aussi du côté de l’avocat franco-palestinien Salah Hamouri, issu des rangs du Front populaire de libération de la Palestine (allié du Hamas), commentateur infatigable de l’actualité israélo-palestinienne.

Silence toujours à l’observatoire European Legal Support Center, « protecteur et promoteur des défenseurs des droits des Palestiniens en Europe », et à l’Association France Palestine Solidarité. Tous ces acteurs vont se retrouver ce week-end, le samedi 5 et le dimanche 6 avril, à des Assises organisées sur la commune de Pantin (Seine-Saint-Denis) par la Plateforme Palestine, qui dit regrouper une quarantaine d’ONG militant pour « l’établissement d’une paix juste entre Palestiniens et Israéliens fondée sur le droit international ».

Politis et L’Orient XXI sont partenaires de l’événement. Le site Web de la Plateforme Palestine annonce des concerts, des tables rondes sur le « génocide des Palestiniens », le « bâillon colonial » israélien, la « colonisation des corps palestiniens », mais rien sur les mouvements anti-Hamas.

Ce n’est pas la première fois que ces derniers sont passés sous silence par les militants propalestiniens en France. Au printemps 2019 et à l’été 2023, la bande de Gaza avait connu des manifestations sporadiques. Les mots d’ordre portaient principalement sur l’amélioration des conditions de vie, sans revendication d’alternance politique affirmée.

Les manifestants qui s’opposent à la dictature à Gaza en ce moment semblent nettement plus nombreux et plus revendicatifs qu’il y a deux ans, malgré les risques. Le Hamas n’a jamais toléré d’opposition. Il réprime férocement la contestation ouverte. Les Assises pour la Palestine pourront-elles faire totalement l’impasse sur le sujet ? Réponse à la fin du week-end.

La rédaction de JForum, retirera d’office tout commentaire antisémite, raciste, diffamatoire ou injurieux, ou qui contrevient à la morale juive.

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