Raids urbains et terreur en Iran

Vues:

Date:

Raids urbains et terreur en Iran

La répression en cours en Iran a franchi un seuil inquiétant, tant par son intensité que par les méthodes employées. Les images et témoignages qui parviennent à contourner le black-out numérique imposé par les autorités décrivent des opérations de sécurité rappelant des actions militaires en zone de guerre, menées cette fois au cœur de villes densément peuplées. Pour de nombreux observateurs, ces scènes évoquent des raids coordonnés, exécutés avec une brutalité assumée.

Des miliciens du Basij, appuyés par des unités du Corps des gardiens de la révolution islamique, ont été aperçus sillonnant les centres urbains à bord de pick-ups blancs et de véhicules blindés de transport de troupes. Armés de mitrailleuses lourdes, ils ont pris position dans plusieurs quartiers stratégiques, transformant des rues ordinaires en théâtres d’opérations sécuritaires. Malgré la censure, des images montrent des colonnes armées déployées à proximité d’institutions publiques à Téhéran et à Mashhad, témoignant d’un dispositif d’envergure nationale.

Le silence imposé sur Internet rend difficile l’évaluation précise de l’ampleur des violences, mais les récits convergent vers une même réalité : l’usage d’armes normalement réservées aux conflits armés contre des civils. Des hôpitaux rapportent un afflux massif de blessés par balles, présentant des traumatismes comparables à ceux observés en situation de guerre. Dans ce contexte, les autorités municipales ont reconnu des dégâts importants, le maire de Téhéran affirmant que plusieurs mosquées de la capitale avaient été incendiées ou gravement endommagées lors des affrontements.

Les arrestations se multiplient parallèlement aux opérations armées. Des organisations de défense des droits humains signalent des interpellations quotidiennes de manifestants, de militants et même de simples citoyens accusés de critiques publiques envers le régime. À Fuladshahr, trois membres d’une même famille auraient été arrêtés par les Basij avant d’être emmenés vers un lieu inconnu, sans information communiquée à leurs proches.

À Sanandaj, la répression a touché des figures très jeunes du mouvement « Femmes, Vie, Liberté ». Kia Moradi, 18 ans, a été arrêtée par les Gardiens de la révolution après sa participation à une manifestation. Son transfert vers un site tenu secret alimente de vives inquiétudes quant à son sort, dans une région déjà marquée par de fortes tensions.

Un drame familial survenu à Karaj illustre la violence des opérations. Le 9 janvier, une voiture civile aurait été prise pour cible par les forces de sécurité lors des troubles. Trois membres d’une même famille ont été tués : un enseignant retraité, son épouse et leur fils étudiant de 19 ans. Un autre fils, présent dans le véhicule, aurait survécu, mais son état de santé demeure incertain.

Des témoignages individuels rendent cette tragédie encore plus palpable. Un manifestant, identifié sous le prénom de Reza, a raconté avoir vu sa femme abattue alors qu’ils tentaient de se mettre à l’abri. Un chirurgien, habitué à travailler dans des contextes de crise depuis les manifestations de 2009, a décrit une situation sans précédent : tirs nourris, explosions et usage d’armes automatiques lourdes, jamais observés à une telle échelle contre des civils.

Ces éléments dessinent le portrait d’une répression systématique et militarisée, menée dans un climat d’opacité quasi totale. Alors que l’Iran reste coupé du monde numérique, chaque information filtrée renforce l’image d’un pouvoir prêt à employer des moyens extrêmes pour contenir la contestation.

Jforum.fr

La rédaction de JForum, retirera d’office tout commentaire antisémite, raciste, diffamatoire ou injurieux, ou qui contrevient à la morale juive.

La source de cet article se trouve sur ce site

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

PARTAGER:

spot_imgspot_img
spot_imgspot_img