Des enregistrements embarrassants d’Ehud Barak ont été révélés et jettent une lumière crue sur ses projets visant les orthodoxes. Barak y évoque un changement de la démographie en Israël, l’absorption d’une immigration « de qualité » ne provenant pas des communautés orientales, ainsi que la remise en cause du « monopole du rabbinat orthodoxe ». Les réactions ne se sont pas fait attendre.
JDN
Des enregistrements embarrassants ont été révélés hier (mercredi) par Yishai Friedman sur la chaîne 14, dévoilant le plan de l’ancien Premier ministre et ministre de la Défense Ehud Barak pour lutter contre la croissance de la population orthodoxe. Il ressort de ces enregistrements que Barak s’inquiétait de la démographie de l’État d’Israël et souhaitait la remodeler.
« Même à l’intérieur des frontières d’un Israël plus petit, il subsiste encore un problème », entend-on Barak déclarer dans l’enregistrement. Il explique qu’il faut impérativement modifier la démographie face au renforcement du public ‘harédi.
« Nous devons briser le monopole du rabbinat orthodoxe sur l’âge du mariage, les droits de l’homme et toute autre définition que nous choisirons. Et, par des voies subtiles et sophistiquées, ouvrir les portes à des conversions massives au judaïsme », a déclaré Barak.
Poursuivant ses propos, Barak explique que, contrairement aux vagues d’immigration lors de la création de l’État en provenance des pays arabes et d’Afrique du Nord, il serait désormais possible de filtrer les candidats et de faire venir une immigration « de qualité ».
« C’est un pays qui réussit, beaucoup déposeront des demandes, cela arrivera. Et nous pourrons contrôler la qualité de manière bien plus efficace que ne l’ont fait nos pères, ou les pères fondateurs d’Israël, avec les vagues d’immigration de l’époque. C’était une sorte d’opération de sauvetage depuis l’Afrique, les pays arabes et d’ailleurs. Ils prenaient ceux qu’ils pouvaient afin de sauver des vies. Aujourd’hui, nous pouvons être plus sélectifs », a déclaré Barak.
Il ressort également des enregistrements que Barak a évoqué cette question avec le président russe Vladimir Poutine : « Nous pouvons facilement absorber un million de personnes supplémentaires. J’aurais dû dire à Poutine que tout ce dont nous avons besoin, c’est encore d’un million. Cela changerait Israël de manière très dramatique : un million de Russes qui arriveraient. Et je pense que beaucoup préféreraient des Biélorusses ».
Barak cite même des exemples bibliques qui semblent soutenir l’idée de mariages mixtes :
« J’avais l’habitude de me moquer des ‘harédim à propos de la femme bédouine de Moïse. Il est allé chez les Bédouins, sa femme Tsipora était bédouine ».
Réactions indignées face à ces propos graves
Le président du parti Shass, le député Aryeh Deri, a réagi avec colère : « Imaginez un instant que Netanyahou ait tenu de tels propos. Comment Bennett, Eisenkot, toutes les émissions et la chaîne 12 auraient bondi avec des titres principaux sur le “Netanyahou raciste”, sur la manière dont il parle des Juifs originaires des communautés orientales. Imaginez que moi, Aryeh Deri, j’aie tenu ces propos à propos de l’immigration en provenance de l’ex-Union soviétique. Que feraient Lieberman, Ben Caspit et tous les autres avec ces déclarations racistes ? Là, tout le monde se tait. Personne ne parle d’Ehud Barak et de ses propos racistes ».
Le Premier ministre Benyamin Netanyahou a également réagi hier à la publication en écrivant : « Révélation stupéfiante sur Ehud Barak : Ehud Barak propose de faire une sélection parmi les Juifs et d’“importer” en Israël les “bons” Juifs — ceux qui ne sont ni orientaux ni de droite. Lorsque la gauche et son messie Ehud Barak n’arrivent pas à gagner dans les urnes, ils essaient de remplacer le peuple. Et si cela ne suffit pas, ils peuvent toujours compter sur l’alliance fraternelle de Bennett et Lapid pour s’associer de nouveau aux Frères musulmans ».
Il convient de noter qu’Ehud Barak n’est plus actif en politique depuis longtemps, mais il est toujours considéré comme l’une des figures de proue de la protestation de Kaplan et comme le leader de facto de l’opposition extra-parlementaire.
La source de cet article se trouve sur ce site

