PARIS : Sarah Knafo : « Regardez ce sondage qui change tout » !
20 % des intentions de vote chez les Parisiens les plus modestes (en progression de 5 points !).
Prenez un instant pour voir ce que ça signifie. La gauche parisienne parle des classes populaires depuis cinquante ans. Elle les convoque dans ses discours, les exhibe dans ses affiches. Elle s’en gargarise. Et quand vient le moment de choisir pour qui voter, ces mêmes Parisiens – ceux qui galèrent avec le loyer, la sécurité, le prix du kilo de tomates au marché – se détournent.
Ils ont compris ce que les éditorialistes mettent du temps à admettre : la gauche parisienne est devenue le parti de ceux qui parlent du peuple sans jamais lui parler.
Sarah a profondément changé la donne. Depuis le début de cette campagne, elle s’est assise dans les cafés de tous les arrondissements. Elle a écouté. Des heures, des dizaines de rencontres, des centaines de Parisiens venus lui parler de leur quotidien, de ce qui ne va plus, de ce qu’ils attendent. Elle a arpenté les marchés, du 13e au 18e, du 11e au 20e. Pas pour distribuer des tracts. Pour entendre. Et elle est arrivée avec des chiffres. Un programme travaillé. Des réponses concrètes sur la sécurité, la propreté, le coût de la vie. Sans condescendance. Sans posture.
Les Parisiens les plus modestes l’ont vue. Et ils lui font confiance.
Ce sondage n’est pas un simple score électoral. C’est le signe d’une recomposition qui se joue sous nos yeux, dans les appartements de Belleville, autour des étals de la Porte de Clignancourt, dans les rues du 19e et du 20e. Des gens qui n’attendaient plus grand chose parce que personne ne les avait vraiment regardés depuis longtemps. Et qui regardent Sarah.
Selon un sondage pour BFMTV, « Le Figaro » et « La Tribune Dimanche », une seule configuration permettrait à Rachida Dati de gagner au second tour : les retraits de Pierre-Yves Bournazel et Sarah Knafo et le maintien de Sophia Chikirou (LFI).
La bataille pour la Mairie de Paris entre dans sa dernière ligne droite. Et à une semaine du premier tour, le 15 mars, le candidat de la gauche unie hors LFI est devant dans la course pour succéder à Anne Hidalgo.
Emmanuel Grégoire est en effet en tête des intentions de vote au premier tour des municipales à Paris, devant sa concurrente Rachida Dati. Surtout, il serait en tête dans la plupart des configurations au second, le 22 mars, selon un sondage Elabe/Berger-Levrault pour BFMTV, Le Figaro et La Tribune Dimanche.
Le RN complètement décroché
La gauche rassemblée derrière Emmanuel Grégoire (socialistes, écologistes, communistes et ex-Insoumis de L’Après) recueillerait 32 % des suffrages exprimés, contre 26,5 % pour Rachida Dati, candidate des Républicains, du MoDem et de l’UDI, selon ce sondage.
Trois autres listes seraient susceptibles de se maintenir au second tour en passant la barre des 10 % au premier tour. C’est le cas de
Sarah Knafo (Reconquête), créditée à 13,5 %, dont la dynamique est fortement haussière, puisqu’elle passée de 6% en décembre à près de 14% aujourd’hui,
Pierre-Yves Bournazel (Horizons-Renaissance) à 12 %, dont la dynamique est fortement baissière, puique de 16% en décembre il perd 4%.
l’Insoumise Sophia Chikirou qui pointe à 10,5 %, alors qu’elle était à 13.5% et risque de na pas passer la barre des 10%.
Philippe Mariani, candidat du RN, est par contre complètement décroché à 3 %, et risque de donner encore une bonne partie de ses voix à Sarah Knafo
Bournazel et Knafo tiennent la victoire de Dati.
Dans l’hypothèse d’une triangulaire avec les retraits de Pierre-Yves Bournazel et Sarah Knafo, Rachida Dati s’imposerait avec 47 % des intentions de vote devant Emmanuel Grégoire à 40 %. La candidate Insoumise Sophia Chikirou obtiendrait 13 %. C’est le seul cas de figure où Rachida Dati l’emporterait, selon ce sondage. Mais le si ne vaut que si Chikirou passe la barre des 10% ce qui risque de ne pas être le cas.
En cas de quinquangulaire au second tour, Emmanuel Grégoire battrait Rachida Dati avec 33 % des suffrages exprimés contre 30 %. Si les quatre listes Chikirou-Grégoire-Dati-Knafo se maintiennent au second tour, Emmanuel Grégoire serait très légèrement devant Rachida Dati avec respectivement 38,5 % et 36,5 %. Dans l’hypothèse d’une triangulaire Grégoire-Dati-Bournazel, Emmanuel Grégoire à 44,5 % devancerait légèrement Rachida Dati à 40,5 %.
Municipales à Paris : comment Sarah Knafo perturbe le jeu à droite.
Donnée troisième dans notre sondage au premier tour des municipales à Paris, la candidate zemmouriste est en passe d’atteindre son but : affaiblir la droite classique à travers un chantage à l’alliance.
Il est peut-être temps de rendre hommage à la prescience de Thierry Mariani. Donnée à 3 % dans l’enquête Elabe que publie La Tribune Dimanche à une semaine des élections municipales à Paris, la tête de liste du Rassemblement national flairait dès janvier qu’elle était sous la menace du score de témoignage. Et que Sarah Knafo, alors à peine déclarée candidate, pourrait faire une percée. « Je te l’annonce : elle atteindra les 10 %, confiait à un ami le madré frontiste, soutenu par l’appareil RN comme le pendu par la corde. Elle proposera une alliance de second tour à Dati, qui la refusera. Sauf qu’entre-temps Sarah se sera acheté un certificat de fréquentabilité. »
C’était l’objectif. Créditée par Elabe de 13,5 % des suffrages, soit devant le modéré Pierre-Yves Bournazel, pourtant très ancré dans la capitale, l’eurodéputée Reconquête est en passe de bouleverser le jeu à droite. Et ce, alors qu’elle émane de sa frange la plus radicale. Là réside toute la difficulté à laquelle peut être confrontée Rachida Dati, soutenue par Les Républicains – mais aussi par des centristes et des macronistes qui n’accepteront jamais d’organiser une fusion avec la compagne d’Éric Zemmour.
L’ancienne ministre et son entourage martèlent le besoin du vote utile contre Sarah Knafo depuis que celle-ci a déclaré, dans La Tribune Dimanche du 1er mars, qu’elle se maintiendrait après le premier tour, faute de deal ; malgré cela, la dynamique de la trentenaire s’est amplifiée.
L’enthousiasme qu’elle suscite dans les quartiers bourgeois de l’Ouest ne l’explique qu’en partie. Les choix stratégiques de Sarah Knafo, dopés par son explosion médiatique, ont joué un rôle crucial. Depuis deux mois, l’énarque dépolitise et, surtout, dézemmourise sa méthode. Cela va de l’intitulé de ses listes, « Une ville heureuse », qu’elle rabâche comme s’il s’agissait d’un parti, aux principaux thèmes de son programme : antifiscalisme, coupes budgétaires, sécurité et – détail crucial aux yeux de l’électorat cossu qu’elle vise – éloge de l’automobile. Sur les sujets qui ont fait la notoriété d’Éric Zemmour (et lui ont valu d’être condamné en justice pour provocation à la haine raciale), à savoir l’immigration et l’islam, la candidate Reconquête a réduit la voilure. On est loin du ton véhément de la campagne présidentielle de l’essayiste, dont Sarah Knafo a été la cheville ouvrière.
Vernir cette façade d’extrême droite avec un jaune soleil inoffensif, s’assimiler à un « futur désirable », dit-elle, tout en remuant la nostalgie d’un Paris à l’ère chiraquienne, elle le refera demain lors de son meeting au Palais des Sports. Elle sera seule en scène. Éric Zemmour, dont la rumeur annonçait une prise de parole, se contentera d’être spectateur. Nul besoin de susciter l’émoi d’opposants trop heureux de réétiqueter Sarah Knafo. Pas la peine, d’ailleurs, vu le socle que lui a fourni le président de Reconquête : en 2022, il recueillait déjà 15,3 % et 17,5 % des suffrages dans les 8e et 16e arrondissements, loin derrière Emmanuel Macron… mais en deuxième place.
L’ancien journaliste, qui continue ses déplacements en province, accepte à Paris de jouer les imprésarios, « façon Johnny Stark », s’amuse une vieille connaissance. « Les médias sont aux fraises, se gaussait récemment Éric Zemmour auprès d’un intime. À moi les propos drus sur l’identité, à elle les questions économiques : on se répartit ces rôles depuis le début. » Depuis les européennes de 2024, plutôt, quand Reconquête arrachait le seuil d’éligibilité des 5 % après une campagne plombée par les déchirements internes entre Sarah Knafo et Marion Maréchal.
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