Qui est l’unique Israélien du Conseil de la paix pour Gaza

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Qui est l’unique Israélien du Conseil de la paix pour Gaza

La création par Donald Trump d’un Conseil de la paix chargé de superviser la reconstruction de la bande de Gaza a suscité de nombreuses interrogations diplomatiques. Un fait retient particulièrement l’attention : la présence d’un seul Israélien au sein de cette instance stratégique, le milliardaire Yakir Gabay, proche du président américain, mais officiellement dépourvu de mandat étatique. Ce choix illustre la philosophie du dispositif voulu par Trump : privilégier des profils économiques et transnationaux plutôt que des représentants gouvernementaux.

Né à Jérusalem, Yakir Gabay est le fils de l’ancien directeur général du ministère israélien de la Justice. Bien que son nom soit associé à Israël, il vit depuis de nombreuses années à l’étranger. Selon des classements économiques récents, il dispose de la citoyenneté chypriote et réside principalement à Londres. Son lien avec Israël demeure cependant tangible : en 2018, il figurait encore parmi les Israéliens les plus fortunés, occupant une place de premier plan dans les classements internationaux.

Un empire immobilier européen
La trajectoire économique de Gabay est atypique. En 2004, il fonde Aroundtown SA, une société immobilière initialement implantée à Chypre, aujourd’hui immatriculée au Luxembourg et dirigée depuis Berlin. Aroundtown est devenue en deux décennies le plus grand propriétaire d’immobilier commercial en Europe, avec un portefeuille évalué à près de 30 milliards d’euros. Les actifs du groupe sont répartis entre bureaux, hôtels, logements résidentiels et infrastructures logistiques.

Gabay conserve environ 10 % du capital de l’entreprise, ce qui lui assure un contrôle stratégique tout en lui permettant d’opérer en retrait. Sa fortune personnelle était estimée à plus de 4 milliards de dollars au début de la décennie, le plaçant parmi les principaux milliardaires mondiaux. Discret, peu médiatisé, il apparaît rarement dans les débats publics, préférant agir dans les cercles économiques et politiques fermés.

Un lien ancien avec Trump
La relation entre Yakir Gabay et Donald Trump ne date pas d’hier. Dès le début des années 2000, Gabay gérait certains actifs israéliens du groupe Trump. Il est également marié à une parente du président américain, un élément qui a renforcé sa proximité avec l’entourage trumpien. Cette relation explique en partie son rôle croissant dans les discussions informelles autour de l’après-guerre à Gaza.

Selon plusieurs informations concordantes, immédiatement après l’attaque du Hamas contre Israël, Gabay a participé à des échanges à la Maison-Blanche aux côtés d’autres grands entrepreneurs américains. Il y aurait présenté une vision économique et structurelle pour la bande de Gaza, axée sur la reconstruction, l’investissement privé et l’intégration régionale. Ce projet aurait ensuite évolué discrètement, parallèlement à l’élaboration du plan américain en vingt points.

Un rôle non étatique, mais stratégique
Lorsque Trump a officiellement constitué le Conseil de la paix, Yakir Gabay a été invité à rejoindre le comité exécutif, non pas comme représentant d’Israël, mais comme « capitaliste international ». Cette distinction est essentielle. L’État d’Israël ne siège pas au Conseil, ce qui permet à Washington de préserver une apparence de neutralité institutionnelle, tout en maintenant un canal israélien indirect.

Gabay a tenu à rappeler certaines lignes rouges : le désarmement complet du Hamas est, selon lui, une condition préalable à toute reconstruction durable. Il a également évoqué l’engagement à poursuivre les efforts pour rapatrier la dépouille du combattant israélien Rana Gwili, détenue à Gaza.

Une vision économique de la paix
Dans ses déclarations, Gabay affirme considérer son invitation comme un « grand honneur ». Il souligne sa reconnaissance envers Trump, mais aussi envers Steve Witkoff et Jared Kushner, figures centrales de l’architecture diplomatique américaine. Son objectif affiché est clair : contribuer à la mise en œuvre d’un plan axé sur le développement, la reconstruction et la prospérité économique de Gaza, tout en favorisant l’élargissement des accords d’Abraham à de nouveaux États.

La présence de Yakir Gabay au Conseil de la paix symbolise ainsi une approche pragmatique et financière de la résolution du conflit. Elle reflète la conviction de l’administration Trump qu’après la guerre, la stabilité passera moins par les chancelleries que par les investisseurs capables de transformer un territoire dévasté en espace économiquement viable.

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