Qui commande vraiment en Iran ?

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Qui commande vraiment en Iran ?

L’Iran donne aujourd’hui l’image d’un pouvoir toujours debout, mais de plus en plus opaque. Depuis la désignation de Mojtaba Khamenei comme nouveau guide suprême après la mort de son père au début du mois de mars, une question obsède les chancelleries et les services de renseignement : qui dirige réellement le pays ? Officiellement, la succession est en place. Dans les faits, le silence inhabituel du nouveau chef, son absence physique lors des célébrations de Norouz et la rareté de ses prises de parole ont alimenté un climat d’incertitude au sommet de la République islamique.

Selon plusieurs informations concordantes, les États-Unis et Israël disposent d’éléments laissant penser que Mojtaba Khamenei est vivant, même si son état de santé demeure flou. Certaines sources évoquent des blessures subies lors de l’attaque qui a coûté la vie à son père, sans qu’aucune preuve publique définitive ne permette d’en mesurer la gravité. Ce flou n’est pas anodin. Dans un régime où l’image du pouvoir compte presque autant que son exercice réel, l’absence prolongée du nouveau guide suprême ouvre un vide dangereux. D’un côté, cela alimente les spéculations sur sa capacité à imposer son autorité. De l’autre, cela renforce l’idée que le véritable centre de décision pourrait s’être déplacé vers les Gardiens de la révolution, déjà omniprésents dans l’appareil sécuritaire et militaire iranien.

Cette hypothèse s’est encore renforcée après la mort d’Ali Larijani, figure centrale du système iranien et longtemps perçu comme l’un des principaux pivots entre le pouvoir politique, les réseaux sécuritaires et les cercles stratégiques du régime. Sa disparition a ajouté de la confusion à une chaîne de commandement déjà fragilisée par les frappes israéliennes contre plusieurs hauts responsables. Dans ce contexte, la question n’est plus seulement de savoir si Mojtaba Khamenei est vivant, mais s’il gouverne réellement. Même côté américain, des responsables admettent qu’ils ne disposent pas de preuve claire montrant qu’il donne lui-même les ordres. Cette incertitude complique toute lecture du comportement iranien : négocier avec Téhéran devient plus difficile lorsqu’on ignore où se situe exactement le pouvoir effectif.

Le plus frappant est peut-être ailleurs. Malgré ce brouillard, l’Iran continue d’envoyer des signaux de fermeté. Un message de Norouz attribué à Mojtaba Khamenei a repris un ton de défi, insistant sur la résistance économique et le refus du recul face à la pression extérieure. Mais un message écrit ne remplace pas une présence politique. Dans un régime fondé sur la verticalité, l’autorité religieuse et la démonstration de contrôle, l’absence physique d’un nouveau guide suprême au moment même où le pays traverse sa plus grave crise depuis des décennies nourrit forcément les doutes. Elle suggère soit une vulnérabilité réelle, soit une stratégie de clandestinité extrême, soit un partage du pouvoir plus confus qu’annoncé. Dans les trois cas, ce n’est pas un signe de stabilité.

Au final, le mystère autour de Mojtaba Khamenei dépasse la simple curiosité sur l’état de santé d’un dirigeant. Il révèle une crise plus profonde au sommet du régime iranien, où la succession, la sécurité personnelle des chefs et le poids grandissant des structures militaires semblent désormais se mêler. L’Iran continue de parler d’une seule voix en public, mais vu de l’extérieur, cette voix paraît de plus en plus difficile à localiser.

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