Que fera Israël si Trump échoue à Gaza ?

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Que fera Israël si Trump échoue à Gaza ?

La composition du conseil de supervision pour Gaza voulu par Donald Trump suscite de vives inquiétudes à Jérusalem. La présence simultanée du Qatar et de la Turquie au sein de cette instance internationale est perçue par de nombreux responsables israéliens comme un signal préoccupant, susceptible d’accélérer un scénario de confrontation militaire plutôt que de stabilisation durable. En coulisses, l’hypothèse d’une large mobilisation de réservistes israéliens est de plus en plus évoquée.

Selon plusieurs évaluations sécuritaires, si le plan américain échoue à imposer une démilitarisation effective de Gaza, Israël pourrait décider d’agir seul. Un tel choix impliquerait la mobilisation de quatre à cinq divisions de réserve, soit un effort militaire considérable, et la reprise d’opérations offensives d’envergure dans la ville de Gaza et dans d’autres zones stratégiques de l’enclave. Ce scénario n’est pas considéré comme théorique, mais comme une option crédible en cas d’impasse politique.

Le point de friction majeur réside dans les nominations effectuées par Washington. L’entrée du ministre turc des Affaires étrangères Hakan Fidan au sein du conseil est perçue en Israël comme une ligne rouge. Les relations entre Jérusalem et Ankara restent marquées par une profonde défiance, et Israël s’oppose de longue date à toute implication turque dans la gouvernance de Gaza. Pour les responsables israéliens, la Turquie est considérée comme un acteur hostile aux intérêts de sécurité israéliens dans la région.

Le Qatar, représenté par le haut responsable Ali al-Thawadi, occupe une position tout aussi controversée. Longtemps médiateur central entre Israël et le Hamas, Doha passerait, dans le cadre de ce plan, du rôle d’intermédiaire à celui de superviseur direct. Cette évolution est jugée problématique par Israël, qui reproche au Qatar ses liens étroits avec les dirigeants du Hamas et son rôle historique de financier indirect de l’enclave.

Au-delà des personnes nommées, c’est la méthode qui irrite Jérusalem. Les autorités israéliennes affirment ne pas avoir été consultées sur la composition finale du conseil. Elles estiment que ce modèle marginalise Israël dans les décisions clés concernant l’avenir de Gaza, alors même qu’il en supporte les conséquences sécuritaires directes. Cette frustration s’ajoute à un climat déjà tendu avec Washington sur la place accordée à certains acteurs régionaux.

Autre sujet sensible : la nature du gouvernement technocratique envisagé pour Gaza. Contrairement à certaines attentes, il ne serait pas composé de figures issues de l’Autorité palestinienne. En pratique, et sans consultation israélienne, plusieurs personnalités locales présentées comme indépendantes ont été retenues. Or, nombre d’entre elles ont occupé ces dernières années des fonctions importantes dans le secteur public de Gaza et sont considérées par Israël comme affiliées, directement ou indirectement, au Hamas.

Par ailleurs, Israël avait consacré plus d’une décennie à empêcher toute implantation turque durable à Gaza, notamment par des actions navales et diplomatiques. Voir aujourd’hui des représentants turcs intégrés à l’instance chargée d’administrer et de superviser l’enclave est vécu comme un revers stratégique majeur.

Enfin, des zones d’ombre persistent quant à la mise en œuvre du plan. La question d’une force internationale chargée de maintenir l’ordre et de garantir la démilitarisation reste sans réponse claire. Cette incertitude intervient alors que la phase II du plan est évoquée avant tout engagement concret du Hamas à se désarmer, et tandis qu’un otage israélien, Ran Gvili, se trouverait toujours à Gaza. Dans ce contexte, la perspective d’une initiative militaire israélienne autonome apparaît, pour certains décideurs, comme une option de plus en plus difficile à écarter.

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