Quand Rima Hassan désigne ses cibles
Une nouvelle polémique mêlant réseaux sociaux, presse et responsables politiques a éclaté à la suite d’attaques visant un journaliste du quotidien Le Parisien. En cause : un message publié sur la plateforme X par l’eurodéputée Rima Hassan, qui a déclenché une vague de réactions violentes à l’encontre du reporter.
À l’origine de cette affaire, un article signé par le journaliste Robin Korda, consacré à certaines hypothèses évoquées autour de l’affaire Jeffrey Epstein. Le papier abordait notamment une « piste russe » concernant l’entourage du financier américain, figure centrale d’un vaste scandale criminel international. Peu après la publication, Rima Hassan a réagi sur X en citant nommément le journaliste, l’accusant de chercher à détourner l’attention d’une prétendue implication du Mossad, le service de renseignement extérieur israélien.
Cette prise de position, s’appuyant sur des thèses largement relayées dans certains cercles complotistes mais contredites par de nombreux éléments publics, a rapidement eu des conséquences concrètes. Dans un second message, l’eurodéputée a incité les internautes à explorer le compte du journaliste à l’aide de mots-clés sensibles, l’accusant de « mentir » et de « désinformer ». Selon la direction du journal, ces messages ont servi de déclencheur à une vague de cyber-harcèlement, comprenant insultes, propos antisémites et menaces.
Face à la situation, la direction du groupe Les Échos-Le Parisien, par la voix de sa directrice Michèle Benbunan, a dénoncé des « attaques ignobles » et annoncé son intention d’engager des actions judiciaires. La Société des journalistes du Parisien a, de son côté, évoqué un « appel à peine déguisé au lynchage en ligne », soulignant la gravité particulière de faits émanant d’une élue de la République.
L’équipe de Rima Hassan a réagi en affirmant condamner fermement les insultes antisémites et les menaces de mort visant le journaliste. Elle estime toutefois que l’eurodéputée ne saurait être tenue pour responsable des réactions suscitées par un commentaire critique portant sur un article publié dans l’espace public. Cette ligne de défense n’a pas convaincu les syndicats du journal, qui accusent l’élue d’avoir sciemment désigné un journaliste à la vindicte numérique.
Cette affaire s’inscrit dans un contexte plus large de controverses entourant Rima Hassan. Ces derniers jours, ses propos virulents visant le sénateur Laurent Duplomb, qualifié « d’ordure » sur les réseaux sociaux, ont suscité une condamnation transpartisane. Plusieurs responsables politiques, dont Bruno Retailleau et Laurent Wauquiez, ont dénoncé ce qu’ils considèrent comme une dérive verbale et une banalisation de la violence symbolique.
D’autres critiques ont émergé au Parlement européen, notamment après la révélation d’amendements déposés par l’eurodéputée sur des dossiers sensibles, alimentant un débat plus large sur la cohérence de ses positions internationales. L’enchaînement de ces épisodes relance la question de la responsabilité des élus sur les réseaux sociaux, à l’heure où une simple publication peut provoquer des conséquences bien réelles pour les personnes ciblées.
Jérémie de Jforum.fr
Similaire
La rédaction de JForum, retirera d’office tout commentaire antisémite, raciste, diffamatoire ou injurieux, ou qui contrevient à la morale juive.
La source de cet article se trouve sur ce site

