Quand les familles dénoncent l’inaction officielle

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Gal Hirsch

Quand les familles dénoncent l’inaction officielle

La fracture entre les familles des personnes enlevées et le coordinateur officiel chargé de leur sort s’est brutalement élargie. Dans une lettre rendue publique, des survivants de la captivité et des proches d’otages ont exigé le limogeage immédiat du général de brigade Gal Hirsch, l’accusant d’avoir abusé de son pouvoir, d’avoir trompé les familles et d’avoir gravement nui aux efforts de libération des captifs.

Les signataires dénoncent un comportement qu’ils jugent incompatible avec la responsabilité confiée à Hirsch. Selon eux, pendant près de deux ans, le coordinateur des prisonniers et des personnes disparues aurait entretenu un climat de fausses promesses, d’ambiguïtés et de pressions psychologiques. Ils affirment avoir été dissuadés, voire menacés, de s’exprimer publiquement contre le gouvernement, alors même que leurs proches restaient détenus par le Hamas.

Cette colère a été ravivée par une déclaration récente de Hirsch, selon laquelle il n’était pas nécessaire, selon lui, de créer un sentiment d’urgence autour du retour des personnes enlevées. Pour les familles et les rescapés, ces propos sont perçus comme une négation de la souffrance vécue en captivité et comme la confirmation d’une hiérarchie des priorités qu’ils estiment moralement inacceptable. Dans leur lettre, ils rappellent que l’absence de pression maximale pour un accord rapide aurait eu des conséquences humaines dramatiques, évoquant des décès en captivité, des tortures prolongées et des personnes privées de soins médicaux essentiels.

Les auteurs du texte estiment également que Hirsch se serait progressivement éloigné de sa mission initiale pour adopter une posture politique, incompatible avec la neutralité exigée par sa fonction. Ils dénoncent un conflit d’intérêts manifeste et demandent qu’il soit écarté de toute implication future afin de protéger les familles contre de nouvelles atteintes psychologiques. Pour eux, le maintien de Hirsch à ce poste représente un risque supplémentaire dans un contexte déjà marqué par la douleur et l’incertitude.

La contestation ne se limite pas à cette lettre collective. Des rescapés ont pris la parole individuellement pour exprimer leur ressentiment. L’une d’entre elles, libérée après de longs mois de captivité, a dénoncé un silence institutionnel qu’elle juge assourdissant. Elle affirme n’avoir reçu aucun soutien réel de la part du coordinateur et rejette toute tentative d’appropriation politique de sa libération, estimant que ceux qui étaient censés la protéger ont failli à leur devoir.

Cette séquence met en lumière une crise profonde de confiance entre les familles d’otages et les structures officielles chargées de les représenter. Au-delà des accusations personnelles, elle révèle un débat plus large sur la gestion des crises humanitaires, la transparence de l’action publique et la frontière entre responsabilité institutionnelle et calcul politique. Pour les signataires, la priorité reste inchangée : la protection de la vie humaine et la nécessité d’agir sans délai lorsque celle-ci est en jeu.

Depuis le 7 octobre, le gouvernement ainsi que les échelons politiques et militaires ont multiplié les efforts pour réduire au maximum les conséquences immédiates de cette attaque sans précédent. Si quelques responsables ont fini par démissionner, l’essentiel demeure inchangé : la commission d’enquête indépendante annoncée n’a toujours pas vu le jour. Les défaillances systémiques, au plus haut niveau de l’armée et des services de renseignement, n’ont jamais été pleinement expliquées, et les chaînes de responsabilité n’ont pas été clairement établies.

Or, ceux qui gouvernent aujourd’hui sont aussi, pour beaucoup, ceux qui commandaient ou décidaient avant et pendant les événements. Dans ces conditions, l’incitation à une remise en cause profonde est faible, car elle impliquerait de reconnaître des erreurs majeures au sommet de l’État. Les citoyens israéliens ne sont pas dupes de cette réalité. Après le choc sécuritaire et humain, un autre combat s’annonce désormais : celui de la vérité, de la transparence et de la responsabilité. Faire la lumière sur ces dysfonctionnements n’est pas une option politique, mais une exigence nationale, à la hauteur du prix humain et stratégique payé par Israël.

Jérémie de Jforum.fr

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