Quand la Brigade juive changea l’histoire.

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Shlomo Shamir (à gauche) avec le commandant du 2e bataillon

Quand la Brigade juive changea l’histoire

Pendant la Seconde Guerre mondiale, une unité singulière de volontaires juifs a non seulement combattu aux côtés des Alliés, mais s’est aussi illustrée par l’un des chapitres les plus poignants et encore trop méconnus de l’après-guerre : le sauvetage des survivants de l’Holocauste et leur accompagnement vers une vie nouvelle. Cette histoire, longtemps documentée surtout en hébreu, commence à être mieux connue grâce à la publication d’un ouvrage inédit, inspiré des mémoires de l’un de ses principaux acteurs, Shlomo Shamir, et complété par les recherches de sa fille, Yael Driver.

La Brigade juive, formation militaire juive intégrée à l’armée britannique à la fin de 1944, rassemblait environ 5 000 volontaires issus de la communauté juive de Palestine mandataire. Elle constitua la seule unité combattante explicitement juive à servir sous ce nom pendant la guerre, se battant principalement sur le front italien contre les forces nazies et leurs alliés. Grâce à cette présence sur le terrain, elle devint un symbole concret du combat contre le nazisme mais aussi de la détermination juive à défendre et reconstruire son peuple après l’effroyable génocide.

Au terme des hostilités, alors que l’Europe était en ruines, les soldats de la Brigade ne se contentèrent pas de rentrer chez eux : nombreux furent ceux qui s’engagèrent dans des missions de secours auprès des survivants des camps de concentration et des villages décimés. Ils parcoururent les territoires contrits du nord de l’Italie, de la Belgique et des Pays-Bas pour apporter nourriture, vêtements et assistance, puis les aiguiller vers des camps de personnes déplacées ou, lorsqu’ils le pouvaient, organiser leur départ vers la Terre d’Israël. Ce mouvement de migration clandestine vers la Palestine, connu sous le nom de Bricha, fut une réponse directe aux restrictions britanniques imposées à l’immigration juive dans l’entre-deux-guerres et qui limitaient l’accès à la terre promise.

Dans ses mémoires, Shlomo Shamir décrit la rencontre bouleversante entre ces anciens déportés et les soldats arborant l’étoile de David sur leur uniforme : pour beaucoup, c’était la première vision d’un Juif libre depuis des années de tourmente – un moment d’émotion intense. Les témoignages rapportent des scènes où des survivants s’effondraient en larmes ou excitaient de joie face à ces soldats juifs venus à leur rencontre, un contraste saisissant avec l’étoile jaune dont ils avaient été marqués par les nazis.

Yael Driver a également retracé des épisodes inattendus, comme l’histoire d’un bas-relief en céramique offert à son père par un prisonnier italien, ou encore les liens tissés avec des familles européennes, révélant comment ces liens personnels ont enrichi la compréhension des réseaux d’entraide de l’après-guerre. Parallèlement à l’aide aux survivants, plusieurs anciens de la Brigade contribuèrent plus tard à la structuration des forces armées israéliennes, formant ainsi l’épine dorsale des futures Forces de défense d’Israël.

L’impact de cette unité dépasse la simple contribution militaire : elle constitua un pont entre les victimes de la Shoah et le rêve d’un foyer national pour le peuple juif. Son héritage perdure à travers les récits de ses combattants, les traces des survivants qu’elle a aidés et la place qu’elle occupe aujourd’hui dans l’histoire collective.

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