Pays de Galles – France : « On aurait pu faire mieux »… En démonstration, les Bleus sont-ils devenus trop forts ?

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Ayons une petite pensée pour nos « amis » anglais. Il y a quelques semaines, nos « chers » voisins s’imaginaient déjà venir au Stade de France, le 14 mars prochain, mettre fin aux rêves d’un Grand Chelem des Bleus dans le Tournoi des VI Nations. Et voir cette petite tête blonde d’Henry Pollock festoyer sur nos terres avec son grand sourire chambreur aurait pu déboucher sur une nouvelle Guerre de Cent Ans. Fort heureusement, il n’en sera rien.

Tout d’abord parce que ce fabuleux XV de la Rose a trouvé le moyen d’être ridiculisé en Ecosse (31-20) samedi et s’est autosaboté dans cette quête fantasmée d’une invincibilité dans le Tournoi. Et puis, ensuite, il est écrit que cette équipe de France ne perdra pas (cet article s’autodétruira dans le cas contraire) face à son meilleur ennemi à domicile, surtout après ces débuts parfaits dans le VI Nations. Une victoire magnifique face à l’Irlande (36-14) avant un festival offensif contre le pays de Galles (12-54) ce dimanche.

Plus de gueules cassées, plus de tignasse, plus de Jones

Reconnaissons-le de suite : ce XV du Poireau n’a plus rien à voir avec celui qui terrorisait les vertes campagnes il y a quelques années encore. Plus de gueules cassées, plus de tignasse bouclée qui chatouillait dans les mêlées, plus de Jones, plus de Millenium Stadium effrayant… Gagner largement à Cardiff, comme l’ont fait les Bleus, était, non seulement une évidence, mais surtout une obligation si les hommes de Fabien Galthié espéraient poursuivre la route vers le Grand Chelem.

Théo Attissogbe a marqué deux essais face au Pays de Galles. .
Théo Attissogbe a marqué deux essais face au Pays de Galles. . - Kieran McManus//SIPA

Avec huit essais à la clé et une domination de tous les instants, les hommes frappés du coq ont réussi leur mission. Et même davantage. Ils ont réussi à rallumer une flamme qui s’était un peu éteinte cet automne, lorsque les Bleus se faisaient marcher dessus par l’Afrique du Sud et bafouillaient contre des Australiens qui, eux aussi, vivent beaucoup avec les fantômes du passé.

En parlant de fantôme du passé, les glorieux anciens tricolores ont dû être tout émoustillés en voyant ces jeunes tricolores faire feu de tout bois à tous les instants. Qu’il paraît loin cette fameuse dépossession, chère à Fabien Galthié, utilisée à tort et à travers. Non, au Cymru, les Bleus ne se sont jamais séparés de la gonfle. Et ça leur a réussi à merveille, dans la foulée d’une charnière, Antoine Dupont-Matthieu Jalibert, brillante.

Dupont-Jalibert, on est venu, on a vu, on a vaincu

Un peu moins en vue face à l’Irlande, pour mettre son n° 10 dans les meilleures conditions, le capitaine des Bleus a été comme on l’avait quitté avant sa terrible blessure aux croisés l’année dernière : percutant, juste au pied, acharné en défense, dévastateur sur certaines charges, avec toujours certaines inspirations de génie qui ont mis les Bleus dans l’avancée. « « On a trouvé une trame qui nous permet d’être consistant et au milieu, il y a Antoine et Matthieu qui touchent beaucoup de ballons et font des choix justes », a commenté Fabien Galthié sur TF1.

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Des choix justes, comme ces deux jeux au pied de l’ouvreur de l’UBB pour envoyer Louis Bielle-Biarrey et Théo Attissogbe derrière la ligne galloise. Ou ses petits par-dessus signature qui ont encore débouché sur des essais tricolores. Dans ce rôle de 10-12-13 en sélection, où il jouit d’une grande liberté, Jalibert semble enfin s’épanouir. Et il peut compter aussi sur un accompagnement cinq étoiles dans la gestion du jeu, comme l’a souligné le sélectionneur :

« Matthieu est bien accompagné par ce diable de Thomas Ramos qui est capable de transformer des ballons anodins ou des ballons sous pression. »

Des Bleus disciplinés au possible

Sous-pression, les Bleus ne l’ont pas beaucoup été au pays de Galles. Et les quelques situations chaudes ont vite été éteintes par des erreurs galloises ou une défense de fer des Bleus. Un peu comme face à l’Irlande, lors du premier match, si on oublie ce petit trou d’air d’une vingtaine de minutes. Cheval de bataille de Fabien Galthié après la tournée automnale qui avait été castastrophique à ce niveau, le respect de la ligne de hors-jeu a semble-t-il été bien intégré.

Et les résultats sont là. Zéro faute face à l’Irlande avant les citrons, deux seulement face aux Gallois… Ces Bleus sont devenus très disciplinés. « Ce qui nous fait bien entrer dans nos matchs, ce sont nos premières périodes avec très peu de fautes, soulignait Fabien Galthié. Du coup on ne leur donne pas la possession, ni la possibilité de repartir sur des ballons organisés. Là-dessus, je remercie les joueurs car ils ont accepté le challenge qu’on leur a proposé sur la discipline. »

Même les petits nouveaux se prennent au jeu. Pour leur première association en sélection, les Palois Emilien Gailleton et Fabien Brau-Boirie (un essai pour sa première cape) ont joué comme s’ils avaient 50 sélections ensemble, faisant presque oublier la paire bordelaise Moefana-Depoortère, si tranchante face aux Verts. « Je suis très heureux pour l’équipe car c’est une performance collective dans laquelle les joueurs ont réussi à s’exprimer », s’est réjoui Galthié.

Et encore, tout n’est pas parfait

Seyants face aux Irlandais, Ollivon, Guillard, Bielle-Biarrey ou Marchand ont remis le couvert dix jours plus tard. Et tout ce beau monde n’a plus qu’une chose en tête. « Le Grand Chelem, c’est ce pour quoi on se prépare depuis le début du Tournoi, a confirmé Antoine Dupont en conférence de presse. Mais jusqu’à la dernière journée, le Tournoi ne sera pas gagné. La meilleure façon d’arriver au bout, c’est de prendre les matchs les uns après les autres et d’arriver en position [face à l’Angleterre] effectivement de le faire. »

En regardant les deux premiers matchs des Bleus, le staff du XV de la Rose a eu peut-être quelques frissons lui parcourir le dos. Pourtant, de l’avis général, les Bleus peuvent encore faire mieux. « On aurait pu faire mieux au niveau du score, a assuré le sélectionneur dans les entrailles du Millenium Stadium. On a produit énormément, on a eu beaucoup de temps fort. Quand on en a autant, c’est normal de ne pas tout concrétiser. »

Les Anglais, tout comme les Italiens et les Ecossais peuvent donc trembler. Et ce n’est plus qu’une question de temps avant qu’une équipe en vert et orange qui terrorise le monde ne fasse aussi des cauchemars. « Les Sud-Africains sont devant les autres, concédait Thomas Ramos lors de la tournée automnale. Maintenant, c’est à nous de bosser pour faire notre retard par rapport à cette équipe-là. » La poursuite est lancée. Il n’y a plus qu’à espérer qu’elle ne se termine pas comme celle de Lou Jeanmonnot aux JO.

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