« Pathologiquement infantile »… Donald Trump est-il retombé en enfance ?

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Un bébé pointe le Groenland sur une carte. « Non » assène une voix féminine face au nourrisson qui éclate en sanglots. La légende de cette vidéo trouvée sur les réseaux sociaux ? « Donald Trump en ce moment ». Multipliant les déclarations agressives et les moqueries depuis des semaines, le président américain a subitement annoncé à Davos « le cadre d’un futur accord » sur ce territoire danois à l’autonomie renforcée. Les menaces militaires et douanières semblent s’éloigner.

S’agit-il d’un caprice enfin terminé ? Le directeur général de Bpifrance, banque d’investissement publique française, Nicolas Dufourcq, a estimé jeudi que le milliardaire républicain avait « des techniques de négociations infantiles » et qu’il allait désormais falloir « calmer l’enfant ». « Il n’est pas en plein caprice et on ne peut pas parler de retour à l’enfance », évacue de son côté Élisabeth Roudinesco, historienne de la psychanalyse française, « absolument hostile à toute interprétation psychanalytique des hommes politiques ».

« Sans limites »

Grâce à toutes les déclarations publiques, les documentaires et les photographies du président américain, la spécialiste se risque à tirer quelques conclusions « visibles par le commun des mortels ». « Il n’est pas capricieux, je crois qu’il est pathologiquement infantile, tranche-t-elle. Il est sans limite dans l’accomplissement de ses demandes et de ses désirs ». « Je n’ai jamais vu un vocabulaire comme ça chez un homme politique : il utilise les termes de méchant, de gentil, il pulvérise le discours habituel », ajoute-t-elle.

Patrick Weil, historien et directeur de recherche émérite au CNRS, ne veut pas non plus se risquer à une analyse du profil psychologique de Donald Trump. Dans son ouvrage Un fou à la Maison-Blanche (éd. Poches Odile Jacob), il a travaillé sur le 28e président des Etats-Unis Woodrow Wilson, en poste de 1913-1921, considéré aussi comme « fou » par ses pairs. A travers cette étude, il dresse certains parallèles avec son lointain successeur. « Chez Donald Trump, on retrouve un énorme narcissisme. Tout tourne autour de lui, analyse-t-il. Il a un souci de mise en scène médiatique absolument permanent, et il y a aussi dans cette façon d’agir à l’international, une façon d’empêcher qu’on parle des affaires intérieures qui sont moins réjouissantes. »

« Le devoir d’alerter » d’une trentaine de psys américains

« Trump apparaît totalement sans surmoi [concept de Freud qui s’apparente à la morale, l’interdit, le jugement sur soi], sans contrôle », abonde Patrick Weil. Pour autant, sa vision de l’international se rapproche, selon l’historien de celle de Wilson. « Il y a quelque chose de semblable entre les deux, c’est-à-dire l’idée de ne plus tenir compte des obligations de la Constitution américaine et d’organiser, avec la SDN pour Wilson et le Conseil de la paix pour Trump, un pouvoir personnel mondial. » Et de souligner : « Je trouve qu’en le comparant, ça le rend plus prévisible. »

Le profil psychologique et la santé mentale du président américain ont interrogé dès son premier mandat. En 2017, une trentaine de psychologues et de psychiatres ont publié le manifeste The Dangerous Case of Donald Trump, édité par la psychiatre Bandy X. Lee. Au fil des pages, ils décrivent les signes d’instabilité mentale du président américain et assurent qu’il ne peut pas exercer la fonction suprême. Critiqués pour avoir violé la règle éthique Goldwater, qui suppose de ne pas donner un avis professionnel sur des personnalités qui n’ont pas été examinées en personne, ils évoquent au contraire un « duty to warn » (devoir d’alerter), qui devient le nom d’une fondation.

« Si on voulait créer un dirigeant qui a le profil psychiatrique le plus dangereux, on ne ferait pas mieux que Donald Trump, déclarait à l’époque sur France Info le docteur John Gartner, président de la fondation et psychiatre de l’université Johns-Hopkins de Baltimore. C’est comme si un enfant en colère et dérangé jouait avec l’arme nucléaire. » Vocabulaire grossier, propos décousus, agressivité… En 2024, des psychiatres publient le deuxième volume, The More Dangerous Case of Donald Trump, pointant la dégradation de la santé mentale du président républicain, âgé de presque 80 ans et évoquant même des « signes précoces de démence ».

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