Des régimes meurtriers massacrent des millions de personnes, mais le Conseil des droits de l’homme est obsédé par une seule chose | David Ben-Bast
L’ONU est une institution archaïque, corrompue et inadaptée, au bord de la faillite. L’organisation a besoin d’une réforme en profondeur, faute de quoi elle restera dans les mémoires comme un avertissement quant aux conséquences d’un dérèglement moral des pouvoirs internationaux.
David Ben Best
L’ONU n’est plus un organisme international œuvrant pour la justice et la paix. Elle est devenue une institution vide de sens, politisée et hypocrite, où l’antisémitisme se dissimule sous un vernis diplomatique. Au lieu d’être un guide moral pour le monde, l’ONU a dégénéré en une arène où une majorité automatique impose des mensonges à grande échelle. Née du traumatisme d’une guerre mondiale et de la promesse historique du « plus jamais ça », cette organisation est devenue, au fil des ans, un mécanisme qui peine à distinguer l’agresseur du défenseur.
Israël est l’exemple le plus flagrant de cet effondrement. Aucun pays au monde n’est examiné avec une telle minutie. Tandis que des régimes meurtriers oppriment des millions de personnes, emprisonnent des opposants politiques et commettent des nettoyages ethniques, le Conseil des droits de l’homme de l’ONU s’obstine à faire d’Israël une obsession permanente. Le Conseil ne formule aucune critique légitime à l’égard d’Israël ; il s’agit plutôt d’un mécanisme politique visant à désigner une cible facile. Les décisions sont répétées sous différentes formulations, mais le message reste le même : Israël est coupable depuis le début.
Photo : Reuters
Chaque vote semble être calqué sur le même modèle : une coalition de pays non démocratiques, dont certains violent systématiquement les droits humains, donne des leçons de morale à Israël. Une organisation qui permet à des dictatures de juger les démocraties a perdu toute légitimité à parler au nom de l’humanité. Il ne s’agit pas d’un discours sur les droits humains, mais d’une instrumentalisation cynique du langage moral à des fins politiques.
Le problème n’est pas la critique d’Israël en elle-même. Les États doivent pouvoir supporter la critique ; le problème réside dans sa sélectivité. Lorsque le terrorisme est assimilé à un crime et que toute riposte est présentée comme telle, le système moral est bouleversé. Lorsque l’ONU cautionne cette injustice, elle en devient l’instrument. La morale internationale se transforme alors en outil politique.
Une partie de l’absurdité réside dans la composition des pays qui influencent cette scène. Des pays comme l’Iran, dont la police massacre sa propre population et finance et arme des organisations terroristes, siègent dans les instances internationales et donnent des leçons de morale aux autres. L’Afrique du Sud , qui adopte une ligne politique intransigeante contre Israël tout en fermant les yeux sur d’autres régimes violents, alors même qu’elle est accusée de violences et de discriminations envers les personnes LGBT, est devenue une voix centrale de la campagne de délégitimation. Les pays européens, sous l’impulsion de l’Espagne et de la Belgique, qui se présentent comme des défenseurs des droits humains, adoptent eux aussi une position sélective qui légitime politiquement les discours extrémistes, au lieu de s’opposer clairement au terrorisme sous toutes ses formes.
La structure organisationnelle de l’ONU permet à une majorité politique d’imposer un discours, même déconnecté de la réalité. Lorsque l’anti-israélisme devient une méthode « diplomatique », le chemin vers l’antisémitisme institutionnel est très court. L’antisémitisme est déjà là, dissimulé sous un langage diplomatique poli, et il légitime le terrorisme.
Larmes de silence
Au cœur du problème se trouve le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres , une figure presque pathétique qui symbolise plus que tout le déclin de l’organisation. Sous sa direction, l’ONU n’a pas seulement échoué à corriger ses distorsions, mais les a en réalité aggravées. Au lieu d’être la voix de la responsabilité internationale, l’organisation a adopté un discours politique unilatéral, ce qui l’éloigne encore davantage de son rôle de médiateur fiable. Un Secrétaire général incapable de fixer des limites morales claires dirige une institution qui a perdu ses repères. Le silence face à l’injustice n’est pas de la neutralité, c’est un choix.
L’effondrement n’est pas seulement moral, il est aussi économique. L’ONU est au bord de la faillite, et ce n’est pas un hasard. Les pays donateurs sont las de financer un mécanisme tentaculaire qui produit des déclarations au lieu de résultats. Des milliards sont engloutis dans une bureaucratie hypertrophiée, tandis que la confiance du public s’effrite. Lorsqu’une organisation perd toute pertinence morale, elle perd également sa légitimité économique. Une organisation sans confiance est une organisation sans âme, vouée à l’échec.
C’est le moment de vérité. L’ONU continue d’exister par simple inertie, survivant grâce à des habitudes diplomatiques et non à la confiance. À mesure que se creuse le fossé entre ses prétentions et la réalité, on a de plus en plus l’impression que l’organisation parle au nom de l’humanité sans la représenter. Le monde change rapidement, et l’ONU reste prisonnière des rapports de force du siècle dernier.
Une réforme en profondeur n’est plus une option, c’est une condition de survie. Sans transparence, sans équilibre, sans mécanismes de contrôle empêchant toute instrumentalisation politique cynique, l’ONU continuera de se désagréger. Non pas dans une explosion spectaculaire, mais dans une lente dégradation alimentée par la méfiance. Les institutions ne meurent pas du jour au lendemain ; elles s’érodent jusqu’à devenir obsolètes.
L’histoire est impitoyable envers les institutions qui perdent leur raison d’être. Si l’ONU ne se ressaisit pas, on se souviendra d’elle non comme d’une promesse de protection de l’humanité, mais comme d’un avertissement quant aux conséquences du détachement d’une puissance internationale vis-à-vis des principes moraux fondamentaux. La question est de savoir si cet organisme archaïque a la volonté de changer et de représenter ses membres de manière morale et équitable, ou s’il continuera d’exister comme l’ombre de lui-même.
L’auteur est le PDG de la radio 100FM, consul honoraire et doyen adjoint du personnel consulaire, président de l’Association israélienne des communications radio, et ancien présentateur de la radio des Forces de défense israéliennes et correspondant pour le réseau de télévision NBC. [email protected]
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