Nouvelle sanction turque contre Israël

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Nouvelle sanction turque contre Israël

Malgré l’accalmie militaire régionale, Ankara poursuit son bras de fer économique avec Israël. La dernière mesure en date concerne la suspension des certificats « Euromed » (EUR-MED), documents préférentiels qui permettaient jusqu’ici aux marchandises turques d’entrer en Israël sans droits de douane, même lorsqu’elles transitaient par un pays tiers.

Cette décision, attribuée au gouvernement du président Recep Tayyip Erdogan, marque un nouveau palier dans l’embargo commercial engagé ces derniers mois. Le mécanisme Euromed s’inscrit dans un accord multilatéral associant l’Union européenne, Israël, la Turquie et plusieurs pays méditerranéens. Il repose sur le principe du « cumul d’origine » : un produit fabriqué en partie dans différents pays signataires peut conserver son statut préférentiel et bénéficier d’exemptions tarifaires à l’importation.

Concrètement, un véhicule produit en Turquie, exporté vers l’Europe puis réexpédié vers Israël, pouvait obtenir un certificat Euromed et entrer sans droits de douane. Désormais, sans coopération des autorités turques pour valider ces certificats, le processus devient impraticable. L’industrie automobile figure parmi les premières victimes attendues de cette restriction, en raison du volume de véhicules turcs ou intégrant des composants turcs destinés au marché israélien.

Depuis l’annonce initiale de l’embargo, les importateurs israéliens avaient tenté divers contournements. Certaines exportations étaient déclarées à destination de l’Autorité palestinienne, avant d’être redirigées vers Israël via les ports israéliens. Les statistiques turques ont ainsi montré des hausses spectaculaires des exportations vers la « Palestine » à l’été 2024, avec des progressions vertigineuses dans le ciment, l’acier ou les produits miniers. Ankara a depuis renforcé ses contrôles pour limiter ces détours.

D’autres flux passaient par la Jordanie ou par des ports européens comme en Grèce ou en Slovénie, où les cargaisons changeaient de navire avant d’être acheminées vers le port de Haïfa. Le certificat Euromed facilitait alors le dédouanement en Israël. Sa suspension complique désormais ces montages logistiques.

Parallèlement, la Turquie a restreint l’accès de ses ports aux navires liés à Israël, notamment ceux de la compagnie ZIM. Les bâtiments battant pavillon israélien ou appartenant à des intérêts israéliens ne peuvent plus accoster en Turquie, tandis que les navires turcs ne sont pas autorisés à faire escale en Israël.

Avant ces tensions, la Turquie figurait parmi les principaux partenaires commerciaux d’Israël. Elle était notamment un fournisseur clé de ciment – représentant plus de 70 % des importations israéliennes dans ce secteur en 2023 – ainsi qu’un acteur important dans les biens manufacturés et l’automobile.

La suspension des certificats Euromed ne vise officiellement ni les clients israéliens ni les fournisseurs européens. Mais en touchant un mécanisme multilatéral impliquant l’Union européenne, cette mesure pourrait aussi créer des frictions diplomatiques au-delà du seul face-à-face entre Ankara et Jérusalem.

Jérémie de Jforum.fr

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