Netanyahu : une issue judiciaire par compromis

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Netanyahu : une issue judiciaire par compromis

Lors d’un entretien accordé à CNN en marge du Forum économique mondial de Davos, le président israélien Isaac Herzog a abordé plusieurs dossiers majeurs qui façonnent actuellement la scène diplomatique et politique d’Israël. De la normalisation avec l’Arabie saoudite à l’avenir de Gaza, en passant par le procès du Premier ministre Benjamin Netanyahu, Herzog a livré une vision mêlant pragmatisme institutionnel et ambitions stratégiques.

Interrogé par le journaliste Fareed Zakaria, le chef de l’État a réaffirmé que la normalisation des relations entre Israël et l’Arabie saoudite demeure un objectif stratégique de premier plan. Il a décrit ce rapprochement comme une opportunité historique, soulignant le poids religieux et politique du royaume saoudien dans le monde sunnite. Selon lui, un accord entre Jérusalem et Riyad constituerait une avancée majeure vers une réconciliation durable entre juifs et musulmans au Moyen-Orient. Herzog a même confié nourrir l’espoir de voir, un jour, le prince héritier saoudien apposer sa signature sur un accord officiel avec Israël.

Toutefois, la question palestinienne reste au cœur des discussions. La condition saoudienne, qui exige des mesures irréversibles vers la création d’un État palestinien, n’a pas reçu de réponse tranchée de la part du président israélien. Herzog a reconnu que ce sujet figure dans les échanges avec la Maison Blanche et qu’il sera abordé dans les phases ultérieures du processus diplomatique. Il a rappelé que les Accords d’Abraham, conclus sous l’impulsion du président Donald Trump, ont démontré une solidité notable malgré les crises sécuritaires régionales, citant notamment l’engagement humanitaire des Émirats arabes unis à Gaza.

Sur ce point, Herzog a exposé sa vision de « l’après-guerre » dans la bande de Gaza. Il a évoqué un plan structuré en plusieurs étapes, inspiré d’un programme international soutenu par une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU. Celui-ci prévoit le démantèlement du Hamas en tant que force militaire, la mise en place d’une administration technocratique et un vaste programme de reconstruction financé par la communauté internationale, souvent comparé à un « plan Marshall ». Pour le président, les habitants de Gaza ont droit à une existence digne et à des perspectives économiques, mais cela ne peut se concrétiser tant que la menace terroriste persiste.

L’entretien a également abordé un sujet intérieur particulièrement sensible : le procès du Premier ministre Benjamin Netanyahu. Interpellé sur l’appel public de Donald Trump en faveur d’une grâce présidentielle, Herzog a rappelé que la loi israélienne encadre strictement toute procédure de grâce et qu’il ne peut agir en dehors de ce cadre juridique. Il a néanmoins exprimé son opinion personnelle : selon lui, l’affaire aurait dû être réglée par un accord de plaidoyer, estimant que la poursuite prolongée du procès fragilise la confiance du public dans les institutions.

Enfin, Herzog a élargi son propos à la situation en Iran, dénonçant ce qu’il a qualifié d’hypocrisie occidentale. Il a critiqué certaines figures publiques et célébrités qui, selon lui, gardent le silence face à la répression violente des manifestants iraniens, tout en condamnant rapidement Israël lorsqu’il exerce son droit à l’autodéfense. Une prise de position qui s’inscrit dans un contexte régional tendu, où les équilibres diplomatiques restent fragiles et évolutifs.

Jérémie de Jforum.fr

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