Lyon accueille un nouveau candidat pour ses élections (et un nouvel habitant) : Francis Lalanne. Le chanteur, qui a annoncé sa candidature la semaine dernière, est loin d’être un petit nouveau dans le monde politique. Et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il a balayé tout l’échiquier : il s’est d’abord engagé dans des mouvements écologistes puis a pris un tout autre virage pendant la pandémie du Covid-19, se rapprochant des gilets jaunes et des antivax. Lors du second tour de l’élection présidentielle en 2022, il a appelé à voter pour Marine Le Pen.
Sa dernière actualité politique date des législatives de 2024, quand il s’est présenté aux côtés de Dieudonné en Guadeloupe. Comme ils n’ont pas été élus – ils ont obtenu 0,59 % des voix – Francis Lalanne a poursuivi son « tour de France », et a désormais envie de « poser [ses] valises de nomade » à Lyon pour « s’ancrer dans un terroir », confie-t-il à 20 Minutes. Mais deux petits problèmes se présentent pour l’interprète d’ « On se retrouvera » : la « légitimité » d’être candidat dans une ville avec laquelle il n’a aucun lien direct et son inéligibilité déclarée en avril 2025 par le Conseil d’Etat, pour une période de dix-huit mois, pour ne pas avoir déposé de compte de campagne.
Francis Lalanne veut « rendre Lyon aux Lyonnais »
Un « détail » à en croire son discours bien rôdé sur son nouveau point de chute. « J’ai tellement voyagé que je me sens chez moi, dans ma ville, partout en France. Mais là, j’ai envie de construire, envie de bâtir, d’apporter mon énergie à une communauté constituée », affirme-t-il, expliquant tout de même qu’on est « venu le chercher ».
Cette fois, il rejoint donc le mouvement Spartacus, créé en 2009 par un ancien conseiller régional du Rassemblement national, Michel Dulac. « Ce groupe est désencarté ou pas encarté », enchaîne-t-il, balayant le terme « d’extrême-droite » pour qualifier les membres de son mouvement, tout en estimant que le RN est devenu un parti « de centre droit ».
Francis Lalanne n’habite pas à Lyon
Toutefois, pour pouvoir se présenter aux élections municipales, l’article L228 du Code électoral précise qu’il est nécessaire d’être un « citoyen ou un électeur inscrit au rôle des contributions directes [payer un impôt local] ou justifiant y être au 1er janvier de l’élection ».
Francis Lalanne assure ce lundi que ce problème appartiendra bientôt au passé. « Ça y est, j’ai trouvé un endroit, je dois encore discuter un peu avec le propriétaire. » Il balaye les reproches éventuels de se présenter dans le 8e arrondissement alors qu’il ne vient pas de ce quartier : « C’est comme si vous reprochiez à un investisseur de ne pas être de l’endroit où il investit. C’est absurde. Alors, non, je ne connais pas le nom de toutes les rues du 8e mais les problématiques sont les mêmes dans tous les quartiers. »
Un référé liberté déposé pour contester son inéligibilité
Concernant son éligibilité, Francis Lalanne précise que « quelle que soit la position de l’administration, je me présenterai ». Son avocat a déposé un référé liberté pour contester la décision du Conseil d’Etat. Il assure n’avoir jamais été convoqué pour se justifier, soulignant que ses factures et justificatifs de campagne avaient bien été rendues. A l’entendre, il ne doute pas une seconde de son éligibilité.
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Pourtant, comme le précise le site eurojuris.fr, « les personnes qui ont été déclarées inéligibles par une décision de justice ne peuvent bien entendu pas se présenter à une élection locale ». « Si d’aventure, une personne inéligible était élue, l’élection pourrait être annulée », indique encore Capucine Varron Charrier, l’avocate associée qui a rédigé le document.
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