Creil, Vaulx-en-Velin… Dans plusieurs villes, les soirées du second tour des élections municipales ont été houleuses. Invectives, huées, sifflets… Plusieurs incidents ont émaillé la fin de campagne électorale de certains maires ou candidats. Les scènes filmées ont été repartagées de nombreuses fois sur les réseaux sociaux, reprises notamment par des comptes d’extrême droite.
Mercredi, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a qualifié ces faits de « totalement inacceptables ». Lors du compte rendu du Conseil des ministres, il a expliqué que dans un certain nombre de communes, cela ne s’est « pas forcément bien passé » et que « des élus sortants ont été entourés par un certain nombre d’individus dans un climat qui était assez véhément donc c’est totalement inacceptable ». « Pour l’instant à ma connaissance, il n’y a pas de plainte déposée, mais il pourrait y en avoir », a-t-il ajouté. 20 Minutes fait le point sur ces incidents.
Police et moqueries à Creil
La police est intervenue à Creil, dans l’Oise, après la défaite de la maire PS sortante, Sophie Dhoury-Lehner. Battue par le candidat LFI, Omar Yaqoob, l’édile a expliqué avoir été prise à partie après l’annonce des résultats. « Les événements survenus hier soir [dimanche] sont à ce titre particulièrement graves. Avec mes colistiers, nous avons été contraints de rester dans la mairie, encerclés par des individus proférant insultes et menaces », témoigne-t-elle sur Actu.fr.
Durant l’entre-deux-tours, elle avait été placée sous « protection rapprochée » après avoir fait l’objet de menaces de mort sur les réseaux sociaux. L’ancien maire Jean-Claude Villemain a également été moqué dans une vidéo publiée sur TikTok. Mine basse, il est suivi par une femme qui ne cesse de répéter « Au revoir Jean-Claude ».
Invectives à Vaulx-en-Velin
Dans la ville de Vaulx-en-Velin, dans le Rhône, la maire sortante Hélène Geoffroy (PS) a été battue par le député Abdelkader Lahmar (LFI). Depuis plusieurs jours, des vidéos circulent sur les réseaux sociaux, témoignant de la confusion au moment de l’annonce des résultats à l’Hôtel de ville. « Tire-toi », « dégage de là », « tu nous as trop fait la misère », peut-on entendre, tandis que certains tentent de calmer les cris, notamment le candidat LFI. En vain : la maire n’a jamais pu finir son discours, raconte Le Progrès.
Elle a depuis réagi sur sa page Facebook. « Nombre d’entre vous ont été choqués par les débordements observés le soir du deuxième tour. Notre équipe jouera tout son rôle pour que notre débat reste respectueux de notre ville et de ses habitants », écrit-elle.
Huées à Roubaix et à Mantes-la-Jolie
Dans le Nord, à Roubaix, le maire sortant Alexandre Garcin (DVD), a également été accueilli par des huées lorsqu’il a annoncé les résultats complets. Il a été battu par David Guiraud (LFI), ayant récolté 53,19 % des voix dans cette ville populaire et métissée de près de 100.000 habitants.
Le souvenir est identique à Mantes-la-Jolie, dans les Yvelines, pour le maire sortant Raphaël Cognet (Horizons). Hué et insulté, l’élu écourte son discours de félicitations à son adversaire et quitte la salle sous une forte pression. Sur CNews, il a témoigné de « sa peur » et dénoncé des « images terribles ».
120 faits judiciarisés
Plusieurs incidents ont émaillé la campagne avant même l’annonce des résultats. A Toulouse, le candidat d’union de la gauche à la mairie, François Piquemal (LFI), avait été hué jeudi lors d’une cérémonie d’hommage aux victimes des attentats de mars 2012, dont quatre personnes de confession juive.
Au Blanc-Mesnil (Seine-Saint-Denis), l’ancien maire Thierry Meignen (LR), battu par Demba Traoré à la tête d’une liste de la gauche unie, a insulté et menacé la journaliste Nassira El Moaddem, autrice d’un livre-enquête sur la ville, selon des propos publiés par le quotidien Le Monde. La journaliste a porté plainte pour menaces de mort. Dimanche soir, la soirée avait été bouillante, rapporte par ailleurs France Info. Le sénateur, qui avait contesté les résultats devant la foule, avait été exfiltré par la police municipale. Demba Traoré, qui a porté plainte pour diffamation après une campagne âpre, avait multiplié les appels au calme.
Au total, 120 faits ont été judiciarisés dans cette campagne électorale, a indiqué Laurent Nuñez.
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