Mojtaba Khameini est un homme-cible, le ministre israélien de la Défense ayant déclaré que le prochain guide suprême serait « une cible incontestable à éliminer ».

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Mojtaba Khamenei, le fils de l’ayatollah Ali Khamenei, tué lors de frappes américano-israéliennes, a été choisi pour lui succéder.

Contrairement à son père, cet homme de 56 ans a toujours mené une vie très discrète. Il n’a jamais occupé de fonction gouvernementale, ni prononcé de discours publics ou donné d’interviews, et seules quelques photos et vidéos le représentant ont été publiées.

Mais depuis des années, des rumeurs circulent selon lesquelles il exercerait une influence considérable dans les coulisses du pouvoir en Iran.

Selon l’agence de presse AP, des câbles diplomatiques américains publiés par WikiLeaks à la fin des années 2000 le décrivaient comme « l’homme fort dans l’ombre », largement considéré comme une figure « compétente et influente » au sein du régime.

Contrairement à son père, Mojtaba a toujours cultivé la discrétion. Il n’a jamais occupé de fonction gouvernementale. Il n’a jamais prononcé de discours publics ni accordé d’interviews, et seules quelques photos et vidéos de lui ont été publiées.

Cependant, des rumeurs persistantes circulent quant à son influence auprès de son père. Des câbles diplomatiques américains, publiés par WikiLeaks à la fin des années 2000, le décrivent comme « l’éminence grise », largement considéré comme un « dirigeant compétent et influent » au sein du régime, selon l’AP.

Un Iranien, vêtu d'une veste de costume noire et d'une chemise blanche, tient une photo de Mojtaba Khamenei, lors des célébrations du 47e anniversaire de la révolution islamique à Téhéran, le 11 février 2026.

Mais la nomination potentielle de Mojtaba Khamenei pourrait s’avérer controversée. La République islamique a été fondée en 1979 après la chute de la monarchie, et son idéologie repose sur le principe que le guide suprême doit être choisi pour sa stature religieuse et son leadership éprouvé, et non par succession héréditaire.

Ali Khamenei s’est exprimé uniquement en termes généraux sur la future direction de la République islamique.

Il y a deux ans, un membre de l’Assemblée des experts a déclaré que Khamenei s’opposait à la candidature de Mojtaba à la direction du pays. Cependant, il ne s’était jamais exprimé publiquement sur ces spéculations.

Alors, qui est Mojtaba Khamenei ?

Né le 8 septembre 1969 à Mashhad, dans le nord-est de l’Iran, Mojtaba est le deuxième des six enfants de Khamenei. Il a fait ses études secondaires à l’école religieuse Alavi de Téhéran.

À 17 ans, Mojtaba a effectué plusieurs courts séjours dans l’armée pendant la guerre Iran-Irak, selon les médias iraniens. Le conflit sanglant de huit années a rendu le régime encore plus méfiant envers les États-Unis et l’Occident, qui soutenaient l’Irak.

En 1999, Mojtaba se rendit à Qom, ville sainte considérée comme un centre important de la théologie chiite, pour poursuivre ses études religieuses. Il est à noter qu’il ne portait pas encore l’habit clérical, et l’on ignore pourquoi il décida d’entrer au séminaire à 30 ans, alors qu’il est plus courant de le faire plus jeune.

Mojtaba demeure un religieux de rang intermédiaire, ce qui pourrait constituer un obstacle à son accession au titre de guide suprême.

Mojtaba Khamenei, coiffé d'un turban noir et portant des lunettes, est photographié lors d'une visite au bureau du Hezbollah à Téhéran en 2024.

Ces derniers jours, certains médias et responsables proches du pouvoir en Iran ont commencé à désigner Mojtaba Khamenei comme « ayatollah », un titre religieux de haut rang. Ce changement apparaît à certains observateurs comme une tentative de rehausser son statut religieux et de le présenter comme un candidat crédible à la tête du pays.

Dans le système des séminaires, le titre d’ »ayatollah » et l’enseignement de cours avancés sont considérés comme des indicateurs du niveau d’érudition et des connaissances d’une personne, et constituent l’une des conditions requises pour la sélection d’un futur dirigeant.

Mais il existe déjà un précédent : Ali Khamenei a été rapidement promu « ayatollah » après son accession au poste de deuxième guide suprême en 1989.

Accusations d’ingérence politique

Le nom de Mojtaba est apparu pour la première fois sur la scène publique lors de l’élection présidentielle de 2005, qui a vu la victoire de Mahmoud Ahmadinejad, un dirigeant populiste et conservateur.

Dans une lettre ouverte à Khamenei, le candidat réformateur Mehdi Karroubi a accusé Mojtaba d’ingérence dans le scrutin par le biais d’éléments des Gardiens de la révolution et de la milice Bassidj, qui auraient distribué de l’argent à des groupes religieux afin de favoriser la victoire d’Ahmadinejad.

Quatre ans plus tard, Mojtaba a fait face à la même accusation. La réélection d’Ahmadinejad a déclenché des manifestations de masse à travers le pays, connues sous le nom de Mouvement vert. Certains manifestants scandaient des slogans s’opposant à l’idée que Mojtaba puisse succéder à son père à la tête de l’Iran.

Des manifestants se rassemblent lors de la manifestation de 2009, certains se soufflant de la fumée dans les yeux pour atténuer l'effet des gaz lacrymogènes.

Mostafa Tajzadeh, alors vice-ministre de l’Intérieur, a qualifié ce résultat de « coup d’État électoral ». Il a été emprisonné pendant sept ans, ce qu’il a attribué à « la volonté directe de Mojtaba Khamenei ».

Deux candidats réformistes, Mir-Hossein Mousavi et Mehdi Karoubi, ont été assignés à résidence après les élections de 2009. En février 2012, Mojtaba a rencontré Mousavi et l’a exhorté à renoncer à sa contestation, ont déclaré des sources iraniennes à BBC News en persan.

Aujourd’hui, en tant que nouveau guide suprême de l’Iran, beaucoup s’attendent à ce que Mojtaba poursuive la politique intransigeante de son père.

Certains pensent également qu’un homme qui a perdu son père, sa mère et sa femme lors d’attaques américano-israéliennes ne cédera probablement pas à la pression occidentale.

Mais il doit également relever le défi de garantir la survie de la République islamique et de convaincre le public qu’il est la personne idéale pour sortir le pays de la crise politique et économique.

Son leadership n’a pour l’instant pas été mis à l’épreuve, et l’impression que la république est en train de se transformer en un système héréditaire pourrait aggraver le mécontentement du public.

Mojtaba est désormais un homme-cible, le ministre israélien de la Défense ayant déclaré que le prochain guide suprême serait « une cible incontestable à éliminer ».

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