Meurtre de Quentin Deranque: 2 nouveaux suspects interpellés

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Meurtre de Quentin Deranque: deux nouveaux suspects interpellés avec l’appui de l’antiterrorisme

INFO LE PARISIEN. Une nouvelle opération d’interpellations a été menée ce mercredi matin dans le Rhône et l’Aube dans l’enquête sur la mort du jeune militant identitaire après un violent lynchage à Lyon en février. La sous-direction antiterroriste (SDAT) est désormais cosaisie des investigations.

Par Jérémie Pham-Lê et Jean-Michel Décugis

« Il reste plusieurs personnes à identifier », avait prévenu le procureur de la République de Lyon le 20 février, jour de la mise en examen de sept premiers suspects. Moins de deux semaines plus tard, les investigations sur le meurtre de Quentin Deranque connaissent une nouvelle accélération. D’après nos informations, les policiers de la Division de la criminalité territoriale (DCT) du Rhône ont procédé, ce mercredi matin, à l’interpellation de deux nouveaux suspects dans les départements du Rhône et de l’Aube. Ces deux hommes de 23 et 26 ans ont été placés en garde à vue notamment pour « homicide volontaire » et « association de malfaiteurs ».

L’opération a été conduite avec l’appui de la sous-direction antiterroriste (SDAT), service d’enquête désormais co-saisi au titre de sa connaissance des mouvances politiques violentes, sur commission rogatoire des trois juges d’instruction lyonnais en charge du dossier. Les enquêteurs soupçonnent ces deux nouveaux suspects d’avoir participé au lynchage ayant conduit à la mort de Quentin Deranque, jeune militant nationaliste de 23 ans, le 12 février dernier à Lyon (Rhône), en marge d’une conférence de l’eurodéputée insoumise Rima Hassan à l’Institut d’Études politiques.

Un drame qui a pris une ampleur nationale et soulève la question de la violence en politique et la radicalité des idées. L’affaire met en difficulté La France insoumise (LFI) au regard de la proximité étroite de plusieurs suspects avec le député LFI Raphaël Arnault, très discret depuis les événements. Récupérée par les partis politiques de tous bords, elle a notamment poussé Emmanuel Macron à convoquer mardi dernier une réunion à l’Élysée consacrée « aux groupes d’action violente ».

Ex-membres de la Jeune Garde

Sept suspects sont déjà mis en examen, dont six placés en détention provisoire, dans cette procédure sensible. La majorité sont des ex-membres ou sympathisants de la Jeune Garde, groupuscule d’ultragauche libertaire et contestataire dissous en 2025 par le ministère de l’Intérieur en raison de soupçons d’actions violentes et d’appels aux exactions. À ce titre, plusieurs d’entre eux étaient connus du renseignement territorial et même, pour certains, fichés S en raison d’un risque de menace à l’ordre public.

Parmi les suspects écroués le 20 février figure Jacques-Elie Favrot, 24 ans, assistant parlementaire de Raphaël Arnault. Les juges d’instruction ont retenu à son encontre le chef de « complicité de meurtre par instigation ». En clair, il n’est pas soupçonné, à ce stade de l’enquête, d’avoir porté les coups mortels à Quentin, dont l’autopsie a révélé de graves lésions à la tête, mais d’avoir exercé un rôle de leader dans la séquence ayant conduit aux violences. Rôle de meneur que le jeune homme a reconnu en garde à vue mais plaidant l’affrontement qui a dégénéré entre militants identitaires et militants antifas. Selon Favrot, il aurait bien porté des coups à des membres du camp adverse lors de la rixe mais ne ferait pas partie de ceux qui se sont acharnés sur Quentin alors qu’il était jeté au sol.

Un autre ex-collaborateur de Raphaël Arnault fait partie du premier cercle des mis en cause. Il s’agit d’Adrian B., 24 ans, mis en examen pour « homicide volontaire ». Fiché S et originaire de la Haute-Loire, le jeune homme avait lui aussi été engagé comme assistant parlementaire de l’insoumis Raphaël Arnault mais son contrat s’était terminé le 30 janvier dernier, soit moins de deux semaines avant le meurtre de Quentin. Il utilisait dans le cadre de ses fonctions un nom d’emprunt, « Adrian Galvan ». Le suspect avait aussi réalisé un stage au Palais- Bourbon au côté de son ami parlementaire.

La famille condamne « la récupération politique »

Un troisième collaborateur de Raphaël Arnault, toujours en poste au moment des faits et utilisant lui aussi un pseudonyme, a lui aussi été placé en garde à vue sans faire à ce stade l’objet de poursuites : Robin C., alias « Robin Michel ». Soupçonné d’avoir aidé Adrian B. à se soustraire à la justice avant son interpellation, il n’a pas été déféré et devrait être convoqué ultérieurement devant les juges d’instruction pour s’expliquer. À ce stade, le jeune homme n’est pas soupçonné d’avoir participé au lynchage mortel.

Sous le feu des projecteurs, « La jeune Garde » fait par ailleurs l’objet d’une enquête judiciaire distincte pour des soupçons de reconstitution de ligue dissoute. Si le député Raphaël Arnault, cofondateur du groupuscule avant d’être élu à l’Assemblée, ne serait nullement impliqué dans le meurtre de Quentin, ses liens d’amitié et de profession avec plusieurs des mis en examen interrogent sur le plan politique. L’insoumis est visé par plusieurs appels à la démission et à l’explication tandis que le parti LFI fait bloc autour de l’élu du Vaucluse, rejetant toute responsabilité morale ou politique dans le drame.

L’inhumation de Quentin Deranque a eu lieu mercredi dernier dans le Vaucluse. Par la voix de son avocat, la famille du militant tué a dit condamner « la récupération politique » autour du drame et « les débordements racistes » apparus au cours d’une marche en hommage à la victime à Lyon.

JForum.fr avec www.leparisien.fr

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