Méprisable et méprisé

Méprisable et méprisé

Et une fois encore, la Cour suprême se tient à la tête de la bataille. Entre ses murs se déroule un débat qui, s’il avait lieu dans n’importe quel autre pays du globe, serait accusé d’antisémitisme pur et simple. Rien de moins. Cette fois, la discussion porte sur la question de « l’outrage au tribunal », au motif que le gouvernement n’en ferait pas assez pour poursuivre les étudiants de Tora.

Les requérants veulent que le système judiciaire impose des sanctions personnelles contre les responsables concernés qui n’appliquent pas la loi sur la conscription — peut-être même les arrêter ou leur infliger des amendes. Le groupe de juges érudits écoute attentivement ce même groupe d’opposants au monde de la Tora, qui exige des juges d’agir avec plus de fermeté pour porter atteinte au monde des études religieuses.

L’un des représentants des requérants a demandé à la Cour d’ordonner la fermeture des portes des Yechivoth aux « insoumis ». Sa demande : « Décidez simplement qu’il est interdit de leur permettre d’entrer. Une Yechiva qui veut recevoir de l’argent de l’État ne doit pas autoriser les insoumis à entrer. Ce n’est pas un ordre adressé aux Yechivoth mais à l’État. »

Il a ajouté : « Décidez que la condition pour recevoir les budgets est l’exposition de tous les élèves des Yechivoth à Tsahal, que des représentants de l’armée entrent dans les Yechivoth et leur expliquent ce qu’est l’armée. »

Clairement. Il n’y a aucune limite à l’audace insensée de ces personnes, et aucune limite non plus à la Cour qui accepte même d’écouter de telles propositions. L’étape suivante sera peut-être une demande d’ordonner la fermeture des Yechivoth parce qu’elles refusent d’interdire l’entrée aux « insoumis », ou parce qu’elles ne permettent pas aux représentants de l’armée d’expliquer aux étudiants ce qu’est l’armée.

Alors peut-être ferons-nous le travail à leur place et expliquerons-nous aux étudiants des Yechivoth, à la place des représentants de l’armée, ce qu’est l’armée israélienne. Peut-être que certains dirigeants du camp national religieux — dont les meilleurs fils se trouvent en première ligne — pourraient le faire mieux que nous, eux qui voient de leurs propres yeux comment l’armée méprise toute valeur juive, les contraint à transgresser les principes fondamentaux du judaïsme et ignore leurs exigences élémentaires en matière de Halakha et de foi.

Mais pourquoi nous plaindre de la Cour suprême, qui piétine ouvertement toute valeur juive, lorsque le sommet a été atteint pendant le Chabbath de ‘Hol hamo’èd Pessa’h, au cœur de la fête de la foi juive, lorsque les juges se sont empressés de signer un ordre demandant au Commandement du front intérieur d’autoriser une manifestation contre le gouvernement, même si cela comporte un risque pour des vies humaines.

Ce même groupe de juges ne s’est pas contenté de cet ordre absurde et l’a même justifié par l’argument qu’il s’agissait de « sauver des vies » — rien de moins.

Nous citerons des propos écrits par l’avocat Yits’hak Bunzel, père du sergent-major Amit Bunzel, tombé dans la bande de Gaza pendant la guerre « Épées de fer ». Voici ce qu’il a écrit : « Jusqu’au dernier Chabbath, nous savions que la Cour suprême était déconnectée. Nous savions qu’ils vivaient dans une tour d’ivoire élitiste, que leurs valeurs ne correspondaient pas toujours à celles du combattant en première ligne ou des familles évacuées du nord et du sud. Mais ce qui s’est passé ce Chabbath n’était pas seulement une ‘déconnexion’. C’était une déclaration de guerre. C’était le moment où les ponts ont été brûlés, le point de non-retour. »

« Dites-moi, dans quel État juif la Cour suprême devient-elle une ‘salle d’opérations’ en plein jour de repos ? Rédiger des décisions pendant le Chabbath ? Ouvrir l’institution la plus officielle de l’État pour servir l’intérêt d’une manifestation contre la guerre au plus fort des combats ? Ce n’est pas une urgence juridique — c’est une trahison. Une trahison du statu quo et de l’alliance historique entre l’État et sa tradition. Quand la Cour suprême profane le Chabbath pour permettre de manifester contre les soldats de Tsahal, elle nous dit clairement : ‘Votre Chabbath, votre sainteté et votre tradition — n’ont pour nous pas plus de valeur qu’une coquille vide face aux slogans de la contestation.’ »

« Et cet homme qui s’est nommé lui-même président de cette institution — mettons les choses sur la table : il est peut-être le président de sa propre Cour suprême, mais il n’est certainement pas le président de l’institution que nous attendons respectueuse des valeurs sacrées d’Israël. Celui qui choisit de piétiner grossièrement tout ce qui est important pour les Juifs de ce pays, qui permet à son système de rendre des décisions pendant que tout le peuple d’Israël sanctifie le Chabbath sur un verre de vin — il est peut-être président des protocoles, mais il dirige un système qui a perdu sa légitimité morale. »

« Je m’adresse directement à toi, Amit Yits’hak. Il est temps que tu retires ta robe de juge. Tu ne peux pas continuer à juger le peuple installé à Sion après avoir toi-même profané et piétiné la sainteté du Chabbath. Par cet acte, tu as déclaré clairement : je ne fais pas partie de ce peuple. Tu as déclaré que tu ne respectes pas la foi juive fondée sur l’observance du Chabbath. Tu nous as montré que tu n’es pas l’un des nôtres. Et plus encore — en autorisant une manifestation contre la guerre au moment même d’une profanation du Chabbath, tu as proclamé publiquement que toi aussi tu es contre cette guerre si juste. »

« Lorsque tu t’efforces de toutes tes forces de donner une tribune à ceux qui affaiblissent l’esprit du peuple, tu prouves que ton agenda est plus important pour toi que la victoire de nous tous. Et voici une tache qui ne pourra jamais être effacée. Le Mur occidental — notre cœur. Depuis un mois, il est étouffé et les Juifs ne peuvent pas y prier librement. Lorsque nous demandons d’ouvrir le Mur à 600 personnes pour la fête, on nous parle de ‘loi’ et de ‘directives du Commandement du front intérieur’. Mais quand 600 personnes veulent manifester contre l’État un Chabbath ? Soudain tout le système se mobilise en pleine fête. Honte ! Si l’on peut manifester sur une place, on peut prier au Mur ! »

Par ailleurs, parallèlement à la requête des militants de gauche visant à autoriser une manifestation massive contre le gouvernement en contradiction avec les directives du Commandement du front intérieur, une requête des militants de droite a été déposée pour autoriser des visites juives sur le mont du Temple sans aucun rassemblement.

Précisons qu’il s’agit d’un acte interdit par toutes les grandes autorités religieuses, mais il semble que les juges de la Cour suprême ne soient pas préoccupés par ces interdits. Les deux requêtes — celle de gauche et celle de droite — ont été placées côte à côte sur leur table.

Il va sans dire que la requête des militants de droite a été écartée sans considération, dans une indifférence totale, tandis que celle des militants de gauche a été acceptée rapidement, et au cœur même du Chabbath sacré, les juges ont ordonné à la police d’autoriser une manifestation massive malgré les directives du Commandement du front intérieur.

Encore une remarque : et personne ne sera surpris — les juges ont affirmé qu’aucune position de la police ne leur avait été soumise sur ce sujet, affirmation qui s’est révélée être totalement fausse après que la police a déclaré avoir présenté sa position dès le vendredi.

Telle est l’image de la Cour suprême sous la direction de Yits’hak Amit et de ses collègues, qui se sont donné pour objectif de piétiner toute valeur juive sacrée, avec la couverture de quelques porteurs de kippa et de couvre-chef. Sans honte, sans retenue, sans limite.

Ce sont eux qui siègent solennellement pour débattre de « l’outrage au tribunal », alors que tout ce tribunal constitue lui-même un grand outrage…

Yits’hak Roth

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