Manifestations en Iran : Shirin Ebadi, prix Nobel de la paix craint un « massacre sous le couvert d’un black-out total »

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La pression s’accentue samedi sur le pouvoir en Iran, où de nouvelles manifestations ont secoué pendant la nuit le pays, coupé du monde par un blocage d’internet, dans une mobilisation inédite depuis 2022 et saluée par Donald Trump.

« Descendre tous dans la rue » samedi et dimanche

Le fils de l’ancien chah et figure de l’opposition iranienne en exil aux Etats-Unis, Reza Pahlavi, a appelé les Iraniens à « se préparer à prendre » les centres-villes, au treizième jour de ce mouvement de contestation qui constitue un des plus grands défis jamais connus par la République islamique, en place depuis 1979. Il a exhorté les manifestants « à descendre tous dans la rue » samedi et dimanche en fin de journée, « afin d’occuper l’espace public ».

« Il me semble que le peuple est en train de prendre le contrôle de certaines villes, ce que personne n’aurait cru possible il y a encore quelques semaines », a salué vendredi Donald Trump, estimant que l’Iran avait « de gros problèmes ».

Un « massacre sous le couvert d’un black-out total »

Peu d’informations filtraient samedi du pays. La lauréate du prix Nobel de la Paix 2003, l’avocate iranienne en exil Shirin Ebadi, a dit redouter un « massacre sous le couvert d’un black-out total ». Elle s’est notamment alarmée d’informations faisant état de raids des forces de sécurité dans les hôpitaux contre des manifestants blessés.

Les cinéastes iraniens Jafar Panahi et Mohammad Rasoulof ont exprimé samedi « leur vive préoccupation » face à « la répression flagrante » des manifestants en Iran, où Internet est désormais bloqué depuis trente-six heures.

« Dissimuler les violences infligées lors de la répression »

« Le régime iranien a coupé les outils de communication à l’intérieur du pays » et « bloqué tous les moyens de contact avec le monde extérieur », soulignent les deux dissidents dans un message publié sur le compte Instagram de Jafar Panahi, Palme d’or du dernier festival de Cannes.

« Le recours à de telles mesures vise à dissimuler les violences infligées lors de la répression des manifestations », avertissent-ils, appelant la communauté internationale à « mettre en place des moyens de communication pour surveiller ce qui se passe dans le pays ».

L’ONG Amnesty International a dit analyser des éléments montrant une intensification de la répression ces derniers jours.

« Mort à Khamenei »

Depuis le début le 28 décembre de la contestation, au moins 51 manifestants, dont neuf enfants, ont été tués et des centaines d’autres blessés, a dénombré vendredi l’ONG Iran Human Rights, basée en Norvège.

Après une montée en puissance du mouvement jeudi, de nouvelles manifestations de masse ont secoué Téhéran et d’autres grandes villes dans la nuit, selon des images vérifiées par l’AFP, probablement diffusées sur les réseaux sociaux via des moyens satellitaires.

Dans le quartier de Saadatabad à Téhéran, des Iraniens tapaient sur des casseroles en scandant des slogans antigouvernementaux, notamment « Mort à Khamenei », du nom du guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, tandis que des voitures klaxonnaient en signe de soutien.

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