Mamdani divise en deux la communauté juive de New York

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Depuis l’accession de Zohran Mamdani à la mairie de New York, les fossés entre Juifs ashkénazes et Juifs Mizrahim ou séfarades sont devenus le point central des tensions politiques et communautaires dans la ville.

Ma’ariv – Eli Leon 

Depuis l’entrée en fonction de Zohran Mamdani en tant que maire de New York, les différences culturelles et politiques entre les Juifs ashkenazes et les Juifs d’origine orientale et sefarade sont devenues plus concrètes et plus tendues. Comme le rapporte le site « Forward », environ 10 % des Juifs de la région du Grand New York s’identifient comme Mizra’him ou sefarades, des groupes qui font état de liens nettement plus forts avec Israël et de positions politiques plus conservatrices que leurs voisins ashkenazes.

Une nouvelle étude menée pour l’organisation JIMENA révèle l’ampleur du fossé : 31 % des Juifs Mizra’him et 28 % des Juifs sefarades aux États-Unis détiennent la citoyenneté israélienne, contre seulement 5 % chez les Ashkenazes. De plus, 80 % des Mizra’him et sefarades expriment un attachement émotionnel profond envers Israël. Ces données contrastent fortement avec les positions du maire Mamdani, qui s’identifie comme antisioniste et affirme qu’Israël n’a pas de droit à l’existence en tant qu’État juif.

Décisions controversées et inquiétudes

Ses récentes décisions, notamment l’annulation de l’adoption de la définition de l’antisémitisme et la levée des restrictions sur le boycott d’Israël, ont suscité une profonde inquiétude au sein de ces communautés. Un rapport de l’Anti-Defamation League (ADL) a même révélé que 20 % des nominations administratives de Mamdani ont des liens avec des groupes antisionistes.

Un traumatisme historique différent

Contrairement à de nombreux Juifs ashkenazes, la majorité des Juifs sefarades et Mizra’him sont arrivés aux États-Unis entre les années 50 et 90, fuyant souvent des régimes antijuifs et socialistes au Moyen-Orient, en Afrique du Nord et en Amérique latine. Aharon Cohen, un conseiller financier d’origine marocaine, explique que pour ces communautés, il n’y a pas de séparation entre l’opposition à Israël et l’antisémitisme, car l’État a servi de seul refuge contre les persécutions. La crainte des politiques socialistes démocratiques prônées par Mamdani fait écho aux régimes que leurs familles ont fuis.

La tension politique a même pénétré dans les synagogues. La communauté « Sha’aré Zion » à Brooklyn, composée principalement de personnes originaires de Syrie, a exigé des fidèles une preuve d’inscription sur les listes électorales comme condition de participation aux prières des Jours Redoutables, mettant en garde contre un « danger très sérieux » planant sur la communauté.

Un sentiment d’aliénation croissant

Selon le rapport, le sentiment d’aliénation grandit également vis-à-vis de la communauté ashkenaze. Les personnes interrogées décrivent l’impression que leurs homologues ashkenazes ne comprennent pas la profondeur de leur angoisse existentielle, issue de souvenirs récents de pogroms et de persécutions. Israel Cohen-Vasquez, un jeune homme ayant grandi à Buenos Aires, note qu’il se sent plus compris par des immigrés non-juifs originaires de pays socialistes.

Cette nouvelle réalité sous le mandat de Mamdani amène de nombreux membres de la communauté sefarade à se poser des questions difficiles sur leur avenir dans la ville, le discours sur un « Plan B » d’émigration devenant de plus en plus courant.

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