L’inquiétude d’Arthur
« Il est vrai que depuis le 7 octobre j’ai parlé. Fort, parfois avec maladresse, souvent en colère, mais j’ai parlé pour rester debout, pour ne pas tomber, pour ne pas devenir fou. Parce que comme tous les juifs de France, je vis avec une peur qui ne me quitte plus, pas une peur abstraite, une peur intime, qui vous réveille la nuit, qu’on avoue à demi-mot même à ses proches », poursuit l’animateur, qui évoque ensuite l’agression du rabbin Arié Engelberg, à Orléans. Ou à ses parents, « qui changent leur nom lorsqu’ils commandent un taxi. »
Après avoir à nouveau regretté un manque d’engagement de la part de « grandes voix » qu’il ne nomme pas, des « amis d’hier aujourd’hui si silencieux, ou pire flous, tièdes, ambigus », l’homme de télévision qui vit sous protection rapprochée s’est adressé au chef de l’État.
« Pendant que la République parfois hésite, la haine avance, elle s’installe »
Arthur
« Monsieur le Président, cher Emmanuel, chers amis, je ne vous demande pas de ressentir ce que nous ressentons (…) mais de tenir votre place, celle qui engage, qui protège pour que l’histoire ne se répète pas. (…) Tenez la ligne avant que les dernières digues ne cèdent, tenez-la comme on tient la main d’un enfant, une promesse qu’on ne peut pas trahir, parce que ça commence toujours par les juifs et puis ça déborde, ça engloutit, ça emporte tout. »
Arthur a eu un mot chaleureux pour Sophia Aram, « qui n’avait que des coups à prendre », récompensée également par le Prix Jean Pierre-Bloch. Puis pour son épouse, Mareva Galanter, ancienne Miss France. « Pendant que la République parfois hésite, la haine avance, elle s’installe. Elle ne se rase plus les murs, elle les peint, elle les signe », s’inquiète encore l’animateur. Pour qui l’antisémitisme se drape désormais dans l’antisionisme afin de paraître « acceptable ». Ce qu’Emmanuel Macron a dénoncé également au cours de cette cérémonie.
JForum.fr
Macron, Arthur et Sophia Aram, réunis pour un combat multimillénaire, aussi vieux que les Juifs : l’antisémitisme.
Ces derniers constituent la plus ancienne nation de l’histoire, celle qui suscite une haine faite de fantasmes, sortis d’un imaginaire qui produit une haine à l’état pur.
Non l’antisémitisme n’est pas du racisme, qui s’appuie sur une différence de couleur de peau, de langue, d’origine. Le premier antisémite était Caïn, qui ne supportait pas le lien qu’avait Abel avec Dieu. Pourtant ils étaient frères, frères comme tous les hommes le sont, descendants du premier homme.
Il y a dans l’antisémitisme une dimension fantasmée, comme décrite dans les « protocoles » des sages de Sion, où dans le premier discours antisémite retranscrit dans la Bible, quand le Pharaon prête aux Hébreux le projet de dominer l’Égypte. Plus tard, un autre antisémite déclarera, que les juifs, jusqu’alors dispersés, et qui étaient restés ce qu’ils avaient été de tout temps, c’est-à-dire un peuple d’élite, sûr de lui-même et dominateur. L’antisémitisme n’est pas un racisme, ou sa variante. Il est une métaphysique de la haine de la judaïté, celle a qui on prête un pouvoir, lié à sa proximité avec Dieu, au même titre qu’Abel.
Rien d’étonnant quand le Hamas cherche à tuer des « Yahoud » ( des Juifs), pas des Israéliens, pas des colons, mais des juifs. La chrétienté et l’islam, sources principales de l’antijudaïsme, se donnent pour objectif d’être les porte-paroles de Dieu, mais la présence du peuple juif leur fait une ombre absolue. Cette présence est insupportable, car elle nuit profondément à la véracité du discours. Il faut donc déchoir le juif de sa mission première. Alors quand les Juifs retournent chez eux, rebâtissent leur maison, allument les lumières, ils ruinent toute mise à l’écart, celle de 2000 ans d’exil. L’antisémitisme n’est donc ni de gauche ni de droite. Il hante la conscience des hommes, qui ont un problème à régler avec Dieu.
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