L’ordre de tirer à mort contre les manifestants

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L’ordre de tirer à mort contre les manifestants

L’Iran a connu, au début du mois de janvier, l’un des épisodes les plus sanglants de son histoire contemporaine. Selon des informations concordantes issues de témoignages, d’images authentifiées et de sources proches du pouvoir, le guide suprême Ali Khamenei aurait ordonné une répression totale des manifestations qui se sont propagées à travers le pays. L’instruction donnée au Conseil suprême de sécurité nationale était sans ambiguïté : écraser la contestation par tous les moyens jugés nécessaires.

À la suite de cette décision, les forces de sécurité ont été massivement déployées dans les rues avec des consignes d’une extrême brutalité. Des unités de police, des membres des Gardiens de la révolution et des milices paramilitaires Bassidj auraient reçu l’ordre de tirer à vue sur les manifestants, sans faire preuve de retenue. Cette stratégie ne visait plus seulement à disperser les foules, mais à instiller la peur par une violence immédiate et systématique.

Malgré les coupures d’Internet imposées par les autorités, de nombreuses images ont circulé et pu être vérifiées. Elles montrent des tirs directs contre des civils dans au moins 19 villes iraniennes, ainsi que dans plusieurs quartiers de Téhéran. Des vidéos font état de manifestants abattus dans le dos, de charges violentes, de grenades lacrymogènes tirées à courte distance et de passages à tabac en pleine rue. Dans certains cas, des tirs auraient été effectués depuis des bâtiments officiels, notamment des commissariats.

Les récits recueillis auprès de témoins dressent un tableau glaçant. À Téhéran, une femme de 45 ans aurait été mortellement touchée au cou alors qu’elle se trouvait aux côtés de son mari. Blessée à mort, elle serait décédée avant même de pouvoir être secourue, la foule ayant fui sous les tirs. Dans un autre quartier de la capitale, un homme a été atteint par balle dans le bas du dos lors d’un face-à-face avec des Bassidj, tandis que son épouse était menacée d’exécution.

Les hôpitaux se sont rapidement retrouvés débordés. Des médecins et infirmiers décrivent des établissements transformés en zones de guerre, recevant parfois plusieurs dizaines de blessés par heure, majoritairement atteints par des tirs réels. Par crainte d’arrestations ou d’exécutions, certains blessés auraient refusé de se rendre à l’hôpital, poussant des soignants à improviser des unités de triage en dehors des structures officielles. Des témoignages font également état de patients tués après leur admission, directement dans les hôpitaux.

Les morgues, notamment celle de Kahrizak à Téhéran, auraient été submergées par l’afflux de corps. Des familles endeuillées auraient été contraintes d’identifier leurs proches à partir d’images projetées sur des écrans, chaque victime étant réduite à un numéro. Des vidéos montrent des rangées de corps alignés à l’extérieur, illustrant l’ampleur du drame humain.

L’estimation du nombre de victimes reste incertaine, mais les chiffres avancés sont vertigineux. Le groupe de défense des droits humains HRANA a confirmé plusieurs milliers de morts et enquête sur de nombreux autres cas. D’autres évaluations, relayées par des médias internationaux et des experts indépendants, évoquent un bilan dépassant les 30 000 morts, ainsi que des dizaines de milliers de blessés. Des informations font également état d’exécutions menées dans la foulée de la répression.

Pour de nombreux observateurs, cette séquence marque un tournant. La nuit du 8 janvier est décrite comme la plus meurtrière depuis la création de la République islamique, révélant une volonté assumée du régime de préserver son autorité à n’importe quel prix, y compris au prix d’un massacre d’ampleur historique.

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