Iran : l’État qui condamne la conscience à mort
Acte d’accusation contre la République islamique
Ce que l’Iran s’apprête à faire à Jawad Khalas n’est pas une décision de justice. C’est une exécution politique, froide, méthodique, assumée. Un crime d’État de plus, inscrit dans une longue tradition de sang, de peur et de mensonge.
Jawad Khalas est un jeune soldat iranien. Il n’a ni posé de bombe, ni attaqué une institution, ni menacé un responsable. Son seul « crime » a été de refuser de tirer sur des civils désarmés. Sur son propre peuple. Sur des femmes, des enfants, des vieillards. Sur des Iraniens.
Dans n’importe quel État de droit, cet acte s’appellerait du courage moral. En Iran, il vaut une condamnation à mort.
Ce régime ne se contente plus de tuer les manifestants. Il exécute désormais ceux qui refusent de devenir leurs bourreaux. Il ne cherche plus à masquer sa nature : il exige l’obéissance totale, y compris dans le meurtre. La conscience est devenue un délit capital.
Qu’on cesse donc de parler de « justice iranienne ». Il n’y a pas de justice lorsqu’un État condamne un homme pour avoir refusé un crime. Il n’y a pas de souveraineté lorsqu’un pouvoir tue ceux qui choisissent l’humanité. Il n’y a pas de légitimité lorsqu’un régime exige que ses soldats assassinent leurs concitoyens.
La République islamique a franchi une ligne rouge absolue : elle punit la morale, elle criminalise l’éthique, elle exécute l’honneur.
Ce verdict est un message adressé à tous les soldats iraniens :
Tirez, ou vous mourrez.
Tuez, ou nous vous tuerons.
Jawad Khalas, lui, a répondu non. Et ce non résonnera bien au-delà des murs de sa prison. Car l’histoire est implacable avec les régimes qui exécutent les justes et protègent les bourreaux.
Les dirigeants iraniens doivent savoir une chose : chaque exécution de ce type est une preuve à charge supplémentaire. Devant l’opinion mondiale. Devant les juridictions internationales. Devant l’Histoire.
Jawad Khalas sera peut-être exécuté. Mais ce sont ses juges qui sont déjà condamnés — à l’infamie éternelle.
Et tous ceux qui se taisent face à ce crime portent, eux aussi, une part de responsabilité.
Alain SAYADA
Éditorialiste
Israël Actualités
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