Le régime subit des pressions économiques alors que les négociations visant à mettre fin à la guerre sont au point mort.
L’Iran approche des limites de ses capacités économiques et militaires, mais les divisions internes et l’impasse des contacts avec les États-Unis retardent tout règlement. Parallèlement, la crise économique s’aggrave et le régime subit de fortes pressions.
par Danny Zaken
La situation économique et militaire de l’Iran indique que même si la guerre prenait fin maintenant, le régime est fortement affaibli et au bord de l’effondrement. Parallèlement, la poursuite des combats, qui pourrait expliquer la prolongation de l’ultimatum par le président Donald Trump, met l’Iran aux prises avec ses limites économiques et militaires, sans pour autant entraîner nécessairement la chute du régime.
C’est l’évaluation d’un haut responsable politico-sécuritaire, qui estime que le schéma actuel d’usure continue, conjugué à la possibilité d’une intervention américaine et à des tirs iraniens limités, devrait se poursuivre pendant au moins une semaine supplémentaire.
Selon ce responsable, même si des éléments modérés au sein du gouvernement iranien tentent de faire progresser les négociations, des divergences persistent entre les parties. Ce n’est que si le régime se sent au bord de l’effondrement qu’il pourrait accepter des concessions.
Une source diplomatique régionale a ajouté qu’il existe un décalage important entre les informations relatives aux contacts et la réalité sur le terrain, et que nombre de ces informations exagèrent la position de l’Iran, qui est très éloignée de sa situation réelle. Selon cette source, l’Iran a transmis des réponses partielles et parfois contradictoires, apparemment en raison de dissensions internes entre le pouvoir politique, notamment le président Massoud Pezeshkian et le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi, et les hauts responsables du Corps des gardiens de la révolution islamique, dirigés par Ahmad Vahidi, actuellement considéré comme l’homme le plus puissant d’Iran. Le président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf, a également participé aux contacts, et le retard dans la réponse officielle découle principalement de ces désaccords.
Parmi les exigences formulées par l’Iran figuraient la levée de certaines sanctions lors des négociations et la réouverture partielle du détroit d’Ormuz en échange d’un cessez-le-feu. Ces demandes furent rejetées, mais le passage limité de pétroliers et de cargos, principalement à destination de l’Inde et de la Chine, fut autorisé. Le Premier ministre indien, Narendra Modi, conclut également un accord pour l’achat de pétrole iranien, avec l’accord tacite des Américains. Malgré cela, les raisons pour lesquelles Washington autorise également des livraisons de pétrole à la Chine demeurent obscures, alors même qu’une présence militaire significative dans la région permettrait de les intercepter.
Une explication possible réside dans la volonté d’influencer les cours mondiaux du pétrole, ainsi que dans les mesures supplémentaires prises par l’administration Trump pour accroître l’offre, notamment l’assouplissement des restrictions sur les exportations russes.
La coalition internationale négocie avec l’Iran. Photo : Reuters, AP, AFP
Dans le même temps, l’économie iranienne continue de s’affaiblir. Les exportations de pétrole ont chuté de plus de 2 millions de barils par jour à environ 1,2 million, et les recettes ont suivi la même tendance, passant d’environ 3 milliards de dollars en janvier à environ 2 milliards pendant la guerre. Le pétrole est la principale source de revenus du pays, et son économie était déjà en crise profonde.
Selon les informations disponibles, le régime est confronté à une grave pénurie de liquidités. De nombreux fonctionnaires n’ont pas été payés, les services bancaires sont perturbés et les distributeurs automatiques de billets sont à sec. L’inflation a grimpé jusqu’à environ 120 % par an et la monnaie locale a perdu une grande partie de sa valeur. Pezeshkian a même averti que l’économie pourrait s’effondrer d’ici quelques semaines.
Un autre facteur de la crise est le gel des avoirs iraniens à l’étranger. Une part importante de ces fonds est détenue en Chine, mais l’Iran peine à y accéder. Des avoirs d’une valeur de plusieurs dizaines de milliards de dollars sont également détenus aux Émirats arabes unis et, selon certaines sources, ont été effectivement gelés après les frappes iraniennes contre des installations civiles et pétrolières dans le pays.
Cheikh Mohammed ben Zayed Al Nahyan, président des Émirats arabes unis. Photo : Reuters
Anwar Gargash, conseiller diplomatique du président des Émirats arabes unis, a clairement indiqué que tout accord futur devait impérativement inclure des compensations de la part de l’Iran. « Il est impossible d’échapper à une solution politique qui comprenne des garanties pour prévenir les attaques et une indemnisation pour les dommages causés aux infrastructures et aux civils », a-t-il déclaré.
Gargash a ajouté que l’Iran avait induit ses voisins en erreur avant la guerre et avait fait preuve d’une agression planifiée à l’avance, malgré les efforts déployés pour éviter une confrontation.
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