l’Iran a transformé les hôpitaux en champs de bataille

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l’Iran a transformé les hôpitaux en champs de bataille

Les témoignages récents en provenance d’Iran dressent un tableau particulièrement sombre du rôle assigné aux structures médicales lors des vagues de répression. Selon plusieurs rapports et récits concordants, des hôpitaux et cliniques auraient été intégrés au dispositif sécuritaire du régime, plaçant le personnel soignant face à un dilemme extrême : respecter l’éthique médicale ou se soumettre aux exigences des forces de sécurité.

Des organisations professionnelles et de défense des droits humains ont récemment tiré la sonnette d’alarme. L’Association des médecins iraniens a publié une déclaration exprimant sa profonde inquiétude quant à la sécurité physique, mentale et professionnelle des soignants, notamment lors des manifestations de janvier. Elle a appelé les autorités à empêcher toute forme d’intimidation ou d’ingérence dans l’exercice médical. Dans le même temps, l’Organisation iranienne des droits de l’homme a rapporté des arrestations violentes de médecins, d’infirmiers et de bénévoles accusés d’avoir soigné des manifestants blessés. Selon ces données, au moins 35 membres du personnel médical auraient été arrêtés pour avoir simplement rempli leur devoir.

Ces pratiques ne seraient pas inédites. Lors des manifestations de novembre 2019, des blessés avaient déjà été maintenus sous surveillance dans des hôpitaux. Des témoignages évoquent également, lors du mouvement de protestation de 2022-2023, l’injection délibérée d’air à certains patients, entraînant leur décès. Les événements récents suggèrent toutefois une aggravation : des médecins affirment avoir été empêchés de soigner des manifestants, tandis que seuls des membres des forces de sécurité étaient autorisés à intervenir auprès des blessés.

Lors d’un débat au Parlement iranien, le député et médecin Hamayun Shamakh a rappelé que le devoir fondamental des praticiens est de soigner sans distinction de religion, d’origine ou d’opinion politique. Cette prise de position est intervenue alors que des arrestations visaient des médecins ayant soigné des blessés dans des cabinets privés ou facilité leur sortie des hôpitaux avant l’arrivée des forces de sécurité.

Plusieurs témoignages détaillés provenant de médecins iraniens décrivent une situation proche d’un contexte de guerre intérieure. Un chirurgien général a relaté avoir soigné, durant plusieurs nuits de janvier 2026, des dizaines de blessés par balles réelles et projectiles, parfois dans des cabinets improvisés, afin d’éviter leur arrestation. Des patients âgés de 10 à 70 ans auraient présenté des traumatismes graves, certains en état de choc hémorragique. Selon ce témoignage, l’admission à l’hôpital n’était possible qu’à condition de masquer toute trace de blessure par arme à feu dans les dossiers médicaux.

Des accusations précises visent également certains responsables hospitaliers. Le nom du cardiologue Saeed Nataki est cité dans plusieurs témoignages l’accusant d’avoir participé à la militarisation d’hôpitaux à Téhéran, à la transmission d’informations aux forces de sécurité et à la modification de rapports médico-légaux afin d’occulter les causes réelles de décès. Ces allégations, relayées sur les réseaux sociaux et par des médecins anonymes, décrivent des pressions exercées pour remplacer des termes tels que « blessure par balle » par des formulations neutres.

Malgré la violence décrite, les récits soulignent également la solidarité entre soignants et civils. Des médecins, infirmiers et volontaires auraient coopéré clandestinement pour sauver des vies, parfois au péril de leur liberté. Ces témoignages, largement diffusés hors du pays, nourrissent une documentation croissante sur l’utilisation des structures de santé comme instruments de contrôle, mais aussi sur la persistance d’une résistance civile organisée et déterminée au sein de la société iranienne.

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