Liban ; le prélude à une offensive terrestre

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Liban ; le prélude à une offensive terrestre

Le Liban redoute un nouveau basculement. Après les frappes israéliennes contre des ponts sur le Litani, le président libanais Joseph Aoun a dénoncé une « escalade dangereuse » et affirmé qu’elles pouvaient être interprétées comme le prélude à une offensive terrestre. Dans son argumentaire, l’enjeu dépasse la seule dimension militaire : en touchant des infrastructures qui relient le sud du pays au reste du territoire, ces frappes alimentent au Liban la crainte d’une rupture géographique durable, d’un étranglement logistique et, à terme, de l’installation d’une zone tampon imposée par la force. Cette lecture dramatise encore une séquence régionale déjà sous très haute tension.

L’attaque sur le Litani n’est pas tombée dans le vide. Elle intervient alors que l’armée israélienne a intensifié ses opérations contre le Hezbollah dans le sud du Liban, avec des frappes répétées sur des infrastructures, des positions armées et des axes jugés utiles aux mouvements du mouvement chiite. Israël assume une logique de pression maximale : gêner les transferts, casser les capacités de manœuvre, réduire la marge d’action du Hezbollah près de la frontière nord. De son côté, Beyrouth y voit une montée de niveau qui ne vise plus seulement des combattants ou des dépôts, mais commence à remodeler concrètement le terrain. C’est ce contraste qui rend la séquence explosive : pour Israël, il s’agit de sécurité opérationnelle ; pour le Liban, cela ressemble de plus en plus à une reconfiguration forcée du sud du pays.

Le climat s’est encore durci avec l’annonce par l’armée israélienne de la mort d’Abou Khalil Barji, présenté comme un commandant de la force Radwan, l’unité d’élite du Hezbollah, lors d’une frappe à Majdal Selm. En parallèle, Tsahal affirme avoir mené de nouveaux raids au sol et dans les airs contre plusieurs cellules armées dans le sud du Liban. L’accumulation de ces opérations donne du relief à l’avertissement lancé par Joseph Aoun : plus les frappes se multiplient sur les infrastructures et plus les affrontements se rapprochent d’une logique de pénétration territoriale durable, même si le mot d’« invasion » reste pour l’instant un terme politique avant d’être un fait militaire établi. C’est précisément là que se joue la tension du moment : chacun parle déjà comme si l’étape suivante était connue, alors qu’elle n’est pas encore officiellement assumée.

Au-delà des déclarations, la réalité est déjà lourde. Les combats entre Israël et le Hezbollah ont pris, ces derniers jours, une ampleur telle que les frappes sur les ponts du Litani ne sont plus perçues comme des actions isolées, mais comme des signaux stratégiques. Elles nourrissent une peur libanaise ancienne : celle de voir le sud du pays devenir un espace militairement découpé, sous pression permanente. Reste à savoir si cette lecture se confirmera sur le terrain ou si elle relève, pour l’instant, d’une bataille de récits à l’intérieur d’une guerre qui ne cesse de s’élargir.

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