L’IA fait grimper le chômage dans la high-tech

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L’IA fait grimper le chômage dans la high-tech

Le secteur high-tech israélien, longtemps moteur de croissance et symbole d’innovation, traverse une période de transformation profonde. Selon un rapport récent du Service israélien de l’emploi, le nombre de professionnels des hautes technologies inscrits comme demandeurs d’emploi a plus que doublé en trois ans. En décembre 2025, ils étaient 16 300, contre 7 200 en janvier 2022.

Cette hausse spectaculaire de 126 % contraste avec l’évolution du reste de l’économie, où le chômage a reculé d’environ 10 % sur la même période. Le phénomène semble concentré principalement dans le domaine des logiciels, qui représente 59 % des chômeurs du secteur, soit près de 9 600 personnes. Plus de la moitié d’entre eux sont développeurs ou analystes systèmes.

Les autorités attribuent cette évolution à l’essor rapide des outils d’intelligence artificielle capables de générer du code, d’automatiser des tests ou d’exécuter des tâches répétitives autrefois confiées à des équipes humaines. Les plateformes d’assistance au développement et les systèmes de génération automatique de code modifient progressivement la structure de la demande en main-d’œuvre.

Dans le détail, depuis décembre 2022, le nombre de chômeurs dans les métiers du logiciel a été multiplié par 1,75, tandis que l’augmentation dans des professions techniques comme l’ingénierie mécanique reste marginale (1,05). Cette divergence suggère que la transformation touche d’abord les fonctions directement exposées à l’automatisation logicielle.

Paradoxalement, le marché global de la high-tech montre des signes de reprise. En 2025, les offres d’emploi ont progressé de 15 %, passant de 15 900 à 18 300 postes. Cela représente environ 112 offres pour 100 demandeurs d’emploi. Toutefois, cette embellie ne profite que partiellement aux développeurs : dans le développement logiciel, la hausse des offres n’a été que de 5 % au dernier trimestre.

Le secteur demeure pourtant central pour l’économie israélienne. Il emploie environ 435 000 personnes et contribue à près de 20 % du produit intérieur brut du pays, tout en représentant plus de la moitié des exportations. Les rémunérations y restent parmi les plus élevées : le salaire mensuel moyen atteignait environ 32 500 shekels fin 2025, contre 13 600 shekels dans le reste de l’économie. Même les professionnels actuellement au chômage conservent un revenu moyen antérieur estimé à 21 700 shekels.

Autre évolution notable : la part des travailleurs expérimentés parmi les demandeurs d’emploi progresse. Entre décembre 2023 et décembre 2025, la proportion des 35-50 ans est passée de 40,5 % à 44,5 %. Cela indique que la transition ne concerne plus uniquement les jeunes diplômés, mais touche désormais des profils confirmés.

Israël, souvent qualifié de « Startup Nation », a bâti sa réputation sur sa capacité d’adaptation technologique. L’essor de l’intelligence artificielle ouvre de nouvelles perspectives, mais impose aussi une réorganisation des compétences. À mesure que les outils automatisés se généralisent, la question de la formation continue et de la reconversion professionnelle s’impose comme un enjeu stratégique pour maintenir la compétitivité du secteur.

Jérémie de Jforum.fr

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