200 000 missiles, embargos et condamnations : la France a commis toutes les erreurs possibles.
Israël et les États-Unis excluent la France des pourparlers de médiation avec le Liban, suite aux accusations portées à Jérusalem selon lesquelles Paris aurait agi pour limiter l’armement d’Israël et se serait abstenue de toute action contre le Hezbollah. Parallèlement, l’arsenal de l’organisation terroriste a atteint environ 200 000 roquettes.
Emmanuel Macron aspire à être un artisan de paix entre Israël et le Liban. En réalité, un dirigeant qui impose un embargo sur les armes, suspend les vols de ravitaillement militaire et condamne massivement les opérations militaires renonce de fait à toute prétention de siéger à la table des négociations. Une telle revendication relève de l’audace.
Les capitales européennes perçoivent la décision israélienne d’exclure la France des pourparlers directs à Washington comme une insulte délibérée. Un responsable israélien a expliqué la situation à Amichai Stein du Jerusalem Post en termes clairs : le comportement de la France au cours de l’année écoulée a fait d’elle un médiateur partial et injuste. La France a entrepris des démarches pour limiter la capacité de combat d’Israël face à l’Iran et s’est totalement abstenue de prendre des mesures concrètes pour désarmer le Hezbollah. La France s’est tout simplement disqualifiée.
Le 31 mars, la France a refusé de laisser survoler son espace aérien un avion militaire américain transportant du matériel à Israël. Une source à l’Élysée a confirmé par la suite que cette position française était restée inchangée depuis le début du conflit iranien. En réaction, le ministère israélien de la Défense a gelé tous les achats auprès de la France et a entamé des démarches pour annuler les contrats en cours. Un responsable israélien a qualifié cette décision de goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Un pays qui bloque activement le transfert d’armes à un allié en pleine guerre prend clairement parti.
Condamnation unilatérale.
Lorsque l’aviation libanaise a attaqué des cibles du Hezbollah après l’attaque conjointe menée par les États-Unis contre l’Iran, Macron a rapidement condamné Israël avec véhémence. Pourtant, il a choisi de garder le silence lorsque le Hezbollah a tiré des roquettes le lendemain. Il s’est abstenu d’exiger de Beyrouth le respect du cessez-le-feu de novembre 2024, qui imposait à l’armée libanaise de se déployer au sud du Litani et d’y contenir le Hezbollah. Suite à l’annonce du cessez-le-feu entre les États-Unis et l’Iran cette semaine, Macron a choisi de se ranger du côté de Téhéran et d’Islamabad contre Washington et Jérusalem, déclarant que le Liban était « pleinement inclus » dans l’accord. Un tel choix d’alliés révèle la véritable position de celui qui prétend être un médiateur impartial.
Cette tendance se poursuit depuis un certain temps. En octobre 2024, Macron a appelé les pays à cesser de fournir des armes à Israël et a imposé un embargo partiel sur les entreprises de défense israéliennes. Pourtant, le ministère français de la Défense continuait de vendre clandestinement des équipements de défense. Le CRIF, organisation regroupant les communautés juives de France, a averti que le fait de priver Israël d’armes profitait directement au Hamas et au Hezbollah. Une telle politique duale compromet toute possibilité d’instaurer la confiance.
Vingt ans d’échec
La demande française de participer aux pourparlers s’appuie sur une longue présence historique au Liban : environ 700 soldats de la FINUL, des liens francophones étroits et une démarche diplomatique menée depuis des décennies. Sur le terrain, la réalité est tout autre concernant la seule question qui compte vraiment : le démantèlement du Hezbollah.
Lorsque la résolution 1701 a mis fin à la guerre de 2006, le Hezbollah disposait d’environ 15 000 roquettes. En mars 2026, cet arsenal avait explosé, selon les experts, pour atteindre 150 000 à 200 000 missiles, systèmes antiaériens et drones. Une multiplication par dix, le tout sous l’œil vigilant des soldats français patrouillant la zone. Le Hezbollah avait transformé la zone entre la Ligne bleue et le Litani en une vaste forteresse militaire. Paris soutenait que le mandat de la FINUL se limitait à l’observation et que la responsabilité incombait au Conseil de sécurité dans son ensemble. Malgré cela, la France s’est toujours abstenue d’exiger un véritable mandat coercitif et a continué de ratifier ce mandat inefficace année après année.
Joseph Bahout , directeur de l’Institut Issam Fares de l’Université américaine de Beyrouth et ancien conseiller du ministère français des Affaires étrangères, dresse un constat lucide de la situation. Israël et Washington souhaitent mener eux-mêmes les négociations et refusent de confier un rôle de premier plan à la France. Cette position reflète une réalité bien précise, également partagée par le gouvernement libanais, qui a clairement indiqué avoir besoin des États-Unis comme médiateur et garant.
Le bon cadre
L’administration Trump a posé une condition claire aux Libanais : s’engager sérieusement dans le démantèlement du Hezbollah, et ce n’est qu’à cette condition que les pourparlers avec Israël reprendront. Le vice-président américain Vance a clairement indiqué depuis Budapest que l’Iran commettrait une erreur en laissant le cessez-le-feu s’effondrer à cause du Liban, un pays qui n’était d’ailleurs pas partie prenante à l’accord initial. Washington comprend parfaitement les rapports de force. Macron, quant à lui, a passé la semaine dernière à échanger des appels de solidarité avec Téhéran et Beyrouth.
Les pourparlers doivent débuter mardi. Autour de la table se trouvaient l’ambassadeur israélien Yechiel Leiter , l’ambassadrice libanaise Nada Hamada et la médiatrice américaine Michelle Issa . Il s’agit d’un petit groupe pragmatique et axé sur les résultats.
La France avait un objectif : gagner la confiance des parties qu’elle prétendait mener à la paix. Elle a échoué dans sa mission. On ne peut pas bloquer les avions le matin et demander à négocier le soir même.
Zvika Klein Maariv
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