L’Europe face à son miroir: principes proclamés, courage absent

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L’Europe face à son miroir: principes proclamés, courage absent

Les mots sont durs. Ils claquent comme une gifle diplomatique. Mais parfois, il faut une gifle pour réveiller une conscience assoupie.

Lorsque le sénateur Lindsey Graham s’adresse aux dirigeants européens avec une telle virulence, ce n’est pas par goût de la provocation gratuite. C’est l’expression d’une exaspération profonde face à une Europe qui, trop souvent, parle le langage des valeurs mais agit selon celui de la commodité.

Oui, l’Europe a raison de dénoncer l’agression russe contre l’Ukraine. Oui, elle a raison de défendre la souveraineté et le droit international. Mais comment peut-elle, dans le même souffle, plaider pour des négociations hâtives avec le régime des ayatollahs, comme si celui-ci était un partenaire diplomatique ordinaire et non une théocratie brutale qui écrase son propre peuple ?

Il y a là une contradiction morale béante.

On ne peut pas proclamer son attachement aux droits humains à Kyiv et détourner le regard à Téhéran. On ne peut pas brandir le drapeau de la liberté pour les Ukrainiens tout en recommandant la patience et la compréhension envers un régime qui emprisonne, exécute et terrorise ses opposants. Ce double standard ne relève pas de la subtilité diplomatique ; il relève de la faiblesse stratégique.

L’Europe fut autrefois le continent des Lumières, de la résistance aux totalitarismes, du courage intellectuel. Aujourd’hui, trop de ses élites semblent paralysées par la peur de l’escalade, la dépendance énergétique d’hier, ou le confort d’une stabilité illusoire. Elles confondent prudence et abdication.

Le message de Graham est brutal, mais il met le doigt sur un malaise réel : la tentation européenne de négocier à tout prix, même lorsque la négociation sert surtout à prolonger la survie d’un régime oppressif. À force de chercher l’équilibre, on finit par perdre la boussole morale.

Soutenir le peuple iranien ne signifie pas appeler à la guerre permanente. Cela signifie reconnaître clairement la nature du régime en place et refuser de lui offrir une respectabilité internationale qu’il n’a pas méritée. Cela signifie comprendre que la stabilité durable ne naît pas de concessions faites à la coercition, mais de la fermeté face à ceux qui méprisent les règles.

L’Europe doit choisir : être une puissance normative crédible ou un acteur hésitant qui adapte ses principes à ses intérêts immédiats. L’histoire ne retient pas les prudents qui ont temporisé face aux régimes autoritaires. Elle retient ceux qui ont su nommer les choses et agir en conséquence.

La franchise peut choquer. L’hypocrisie, elle, affaiblit.

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