L’Espagne renie son boycott des armements israéliens

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Dans un article publié sur son site, Révolution Permanente révèle comment le gouvernement espagnol est revenu, en partie, sur sa décision récente de blocage du commerce militaire avec Israël. Et ce, en important des composants du marchand de mort Elbit destinés à des avions militaires européens. L’article de RP, ci-dessous.

« Complice du génocide : l’Espagne autorise Airbus à importer des composants israéliens

Le gouvernement espagnol autorise l’importation de matériel de défense israélien pour Airbus. Cette mesure marque un rétropédalage militariste après l’annonce de l’embargo sur l’armement israélien adopté en septembre dernier.

André Garnier

L’Airbus A400M, avion militaire de transport

Le gouvernement « socialiste » de Pedro Sanchez recule

Mardi 23 décembre, le gouvernement espagnol de Pedro Sanchez a autorisé le transfert de matériel israélien de « défense et à double usage » pour Airbus.  Un premier rétropédalage alors que le Congrès espagnol avait adopté, le 24 septembre dernier, un décret-loi instituant des « mesures urgentes contre le génocide à Gaza » et interdisant l’importation et l’exportation d’armes avec Israël.

Le gouvernement invoque une mesure exceptionnelle autorisant l’importation de composants fabriqués par les entreprises israéliennes Elbit Systems et Elta Systems afin de soutenir les projets du géant de l’aéronautique dans la construction d’avions de transport A400M, d’avions ravitailleurs en vol A330 MRTT, d’avions de patrouille maritime C295 et enfin de drones tactiques Sirtap. Une mesure que le gouvernement de Pedro Sanchez justifie dans le compte rendu du conseil des ministres par l’absence « d’alternatives immédiates pour remplacer de manière fiable certains composants technologiques essentiels ».

Le compte rendu souligne que ces projets « sont considérés comme essentiels à la viabilité économique des chaînes de production et à la préservation de milliers d’emplois hautement qualifiés en Espagne ». Ils sont aussi considérés comme centraux pour « l’autonomie stratégique » espagnole ainsi que pour « les intérêts généraux nationaux ». Une rhétorique qui, comme le souligne un article du journal ElDiario, a été de nombreuses fois utilisée depuis le début du génocide par le gouvernement pour justifier l’importation d’équipements militaires israéliens.

Cette décision s’inscrit plus largement dans l’accélération de la militarisation de l’État espagnol. Sous couvert « d’autonomie stratégique », le gouvernement Sanchez adopte un plan d’investissement de 42 milliards d’euros dans l’armée. Dans ce cadre, le gouvernement n’a pas hésité à renier ses engagements et à commercer avec Israël, malgré le génocide en cours à Gaza.

C’est le chantage à l’emploi d’Airbus qui fait plier le gouvernement espagnol

En réalité, le géant de l’aéronautique a forcé la main au gouvernement espagnol en le menaçant de retirer ses programmes d’Espagne. Une opération qui aurait fait perdre des millions d’euros à l’État espagnol et aurait eu pour conséquence la suppression de milliers d’emplois. Face aux pressions d’Airbus, le bureau du Premier ministre se serait fait le porte-voix de la multinationale lors du Conseil des ministres pour faire adopter cette mesure d’exception.

Cette décision illustre une fois de plus les limites des gouvernements dits « progressistes », lorsqu’ils se heurtent aux intérêts des grandes entreprises, ce sont toujours ces dernières qui l’emportent. Derrière les discours sur les droits humains et la paix, Pedro Sanchez s’est plié aux exigences d’Airbus, démontrant une nouvelle fois l’incapacité de ces gouvernements à contraindre les capitalistes et à réellement s’opposer au génocide des Palestiniens.

Une situation qui rappelle que c’est par la mobilisation massive des travailleurs et de la jeunesse, en indépendance de l’Etat et du patronat, qu’il est possible d’imposer une rupture de la complicité des états impérialistes avec Israël. C’est ce qu’a démontré la mobilisation massive en Italie qui a contraint le gouvernement d’extrême droite de Meloni à suspendre une licence d’exportation pour des munitions d’artillerie vers Israël.

Plus largement, il faut revendiquer la nationalisation sans indemnités ni rachat et la mise sous contrôle des travailleurs de l’ensemble de l’industrie aéronautique. Les travailleurs espagnols, en lien avec les étudiants qui se sont massivement mobilisés contre le génocide en Palestine, sont ceux qui peuvent réellement refuser la collaboration avec l’Etat génocidaire israélien. Récemment, les travailleurs de la multinationale CAF au Pays basque se sont mis en grève pour s’opposer à la production dans leurs usines de wagons du métro léger qui devraient relier les colonies de colons dans les environs de Jérusalem.  Ce sont les travailleurs qui créent les richesses et qui sont les plus à même de décider comment utiliser leurs savoirs, non pas pour produire au service  des projets de militarisation défendus par le gouvernement de Sanchez, mais plutôt pour répondre aux réels besoins écologiques et sociaux de la population ».

Source : https://www.revolutionpermanente.fr/Complice-du-genocide-l-Espagne-autorise-Airbus-a-importer-des-composants-israeliens

CAPJPO-EuroPalestine

La source de cet article se trouve sur ce site

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