Nous ne sommes plus qu’à quelques jours du seder de Pessah et nous formulons tous ce souhait d’être cette année à Jérusalem en toute sérénité et empreints de la joie de la rédemption complète par bonté divine.
Bonne semaine et bons préparatifs, Dr Caroline Elisheva Rebouh PhD.
Les trois Pessahim (vidéo)
Lors d’études précédentes, nous avons constaté que les deux fêtes qui ne sont pas inscrites dans la Torah à savoir Hanoucca et Pourim étaient toutes deux reliées aux deux premiers patriarches : Abraham et Isaac.
Auquel cas la fête qui s’inscrit tout de suite après Pourim soit Pessah devrait être liée à Jacob ne serait-ce que par la logique-même….
En fait, lequel des trois Pessah pourrait-il être relié à Jacob… Car, en effet il y a 3 pessahim: le premier s’illustre du récit de la sortie d’Egypte, de la traversée de la Mer Rouge, la Haggada, les symboles : Pessah, Matsa ou Maror… Et c’est tout !!!
Non, ce n’est pas tout car le deuxième Pessah a lieu le 7ème jour de Pessah, à la fin de la fête, ce soir où, pendant, la nuit on aura soin d’étudier et de chanter le cantique de la mer rouge, cet hymne à la Gloire d’HaShem qui célèbre ce prodige immense dont les nations étrangères ont eu un aperçu car, au même instant où les Enfants de Jacob ont traversé à pied sec le lit de cette mer, partout où il y avait une infime étendue d’eau, ces liquides se séparèrent tous en 12 couloirs et toutes les nations, tous les peuples surent ce que l’Eternel avait fait pour Son Peuple.
Mais aussi, cette louange sera le cantique qu’entonnera Moïse, au moment où aura lieu la résurrection des morts en Israël mais partout dans le monde pour que tout le peuple entier se réveille et revienne sur la Terre d’Israël !
Quant au troisième Pessah, il s’agit de celui qui est rappelé chaque année le 14 Iyar, (un mois après Pessah traditionnel) ou Pessah shéni (deuxième pessah) dont la finalité était de permettre à toute personne qui était impure le 14 nissan et se trouva dans l’impossibilité de fêter pessah normalement, de pouvoir encore célébrer la solennité de printemps en ce temps-là.
Les Sages nous rappellent qu’en dehors du premier Pessah « déorayta » (de la Torah), les deuxième et troisième fêtes sont considérées « dérabanan » (par ordre rabbinique) dépendant de la fête principale d’ordre toraïque/toranique.
C’est à Pessah, que dans une Magnificence incroyable, les descendants de Jacob se constituent en Peuple. La symbolique de Pessah est donc la naissance, et donc la délivrance…
La gestation durant laquelle s’est formée cette nation juive a duré plus de 210 ans : le mot « redou » qui signifie descendre est d’une valeur numérique de 210 ou durée de l’exil en Egypte laquelle a servi de matrice ou de serre dans laquelle les enfants de Jacob ont grandi, mûri et évolué pour devenir le peuple d’HaShem.
Tout se passe comme si les descendants d’Abraham, Isaac et Jacob avaient acquis pendant cet esclavage toute l’intelligence nécessaire résidant dans la matrice et toute la magnificence de la Torah.
Or, Jacob est relié à la Magnificence ou Tif’éreth car, nous enseigne le Zohar, la tif’ereth est le comportement de Jacob…et, il est né pour Pessah…
La délivrance s’est opérée dans la joie que nous rappelons à chaque occasion au cours des fêtes mais, il y a un lien que nous ne pourrons ignorer : en effet, l’enseignement de la fête de Pessah concerne chacun d’entre nous et ceci est si important que la Haggada nous montre comment nous devrons parler aux « Quatre fils » : le Hakham (sage), le Rashâ (impie), le simple et celui qui ne sait même pas encore poser de question… Nous pourrions faire un parallèle entre ces 4 sortes de « fils » et les quatre premiers aromates de la ketoreth parmi lesquels se trouve la helbana qui est malodorante et le rashâ qui dénote des autres personnages !!!
Car, peu importe nos pensées intimes, c’est en nous fondant dans la masse du peuple que nous continuons à faire partie d’une entité, d’une nation magnifique dans sa dévotion et dans son union malgré ses différences et c’est grâce à ces différences que ce peuple est beau.
Le livre de Shémoth, en décrivant la naissance de Moshé Rabbénou, dévoile le fait que le logis d’Amram et Yokhéved s’était empli de lumière. C’est parce qu’il détenait en lui une aura due à son ministère et à la proximité du Saint béni soit-IL à tout moment.
Le septième jour de Pessah, durant la nuit, on se regroupe pour chanter en chœur le cantique de la Mer Rouge.
Les Sages concluent que si la sephira de la Tif’ereth pose son sceau sur le premier soir de Pessah c’est, en revanche le Netsah qui « signe » le septième soir de Pessah en opérant des
La racine du vocable « netsah » est noune-tsadik-heth. Les mots dérivés de cette racine sont nombreux et évoquent de multiples sens tels que victoire, éternité, champion (menatséah), nitsouah mais aussi chef d’orchestre (également menatséah). En entonnant tous ensemble le cantique de la mer rouge, nous célébrons la victoire du peuple réduit en esclavage, contre l’oppresseur… Moïse en est le chef d’orchestre….
En guematriya Pessah et netsah sont égaux: 148 tout comme kemah….
La grande leçon que l’on peut tirer du « troisième » Pessah avec Pessah shéni c’est qu’il n’est jamais trop tard et que l’on peut toujours arranger ou rattraper les choses….
Il était ainsi donné une chance à ceux qui pour une question indépendante de leur volonté n’avaient pu célébrer Pessah normalement, une chance, un mois plus tard, de célébrer Pessah que l’on désigne par shéni (le deuxième) et, en commémoration de cette date, aujourd’hui, nous avons coutume de consommer de la matsa que l’on conserve à cet effet depuis la semaine de Pessah !!!(certains gardent aussi de la matsa pour shavouoth) …
Et de cette manière, il n’est jamais trop tard pour faire teshouva et se repentir….
Caroline Elishéva REBOUH
ד »ר קרולין אלישבע רבוה בן אבו Etudes Juives
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