Les secrets du plateau du Seder de Pessah (2) Vidéo

Les 4 fils
Ce ne sont pas forcément des fils mais il peut s’agir tout simplement du « prochain ». Le conseil prodigué est de s’adresser à chacun selon ses facultés de compréhension et si la personne ne peut comprendre facilement, il appartient, à celui qui a le rôle d’enseigner, de s’adresser à celui qui pose une question selon ses facultés ou selon ses penchants mais surtout de ne pas l’attaquer de front, pour qu’il ne se sente pas renié, repoussé, pour qu’il ne se ferme pas aux allégations fournies et lorsqu’il est écrit « aiguise lui les dents » au sujet du deuxième fils (l’impie).
En fait, la traduction n’est pas exacte : ce dont il est question, ici, c’est qu’il faut arriver à mettre cette personne en position de comprendre qu’au temps de la sortie d’Egypte, les Juifs qui s’étaient éloignés du Judaïsme sont morts pendant la plaie des ténèbres et que ce sont eux, que D. a repoussés et ce n’est pas lui qui nous rejette en nous disant « lakhem » (à vous).
Les 10 Plaies infligées à l’Egypte
1. Les eaux du fleuve se transforment en sang (דָּם dām) pendant sept jours.
2. Des grenouilles (צְפַרְדֵּעִים tsefardae’im) pullulent dans le pays.
3. Les poux[note 1] (כִּנִּים kinnim) infestent l’homme et le bétail.
4. Des taons (עָרֹב ‘ārov) envahissent les maisons.
5. La peste (דֶּבֶר dever) anéantit chevaux, ânes, chameaux, bovins et moutons.
6. Des ulcères (שְׁחִין אֲבַעְבֻּעֹת פֹּרֵחַ shahin avatsebu’ot porēaḥ) affligent l’homme et le bétail.
7. La grêle (בָּרָד bārād) tue l’homme et le bétail, détruit les récoltes et les arbres.
8. Des nuées (אַרְבֶּה arbêh) de sauterelles couvrent le pays et dévorent toutes les plantes.
9. Les ténèbres (חֹשֶׁךְ hoshekh) durent trois jours.
10. La mort s’abat sur tous les premiers-nés (מֵת כָל־בְּכוֹר mēt kōl-bekhōr) de l’homme et du bétail.
En Egypte, tout était transformé en divinité que ce soit des bêtes ou des insectes, et tout était prétexte à un culte. Aussi, Dieu a-t-IL voulu juger tout ce qui était de l’idolâtrie.
Derrière les différentes plaies se cachait la volonté de montrer aux idolâtres que Dieu règne et dirige tout ce qui fait partie de la nature qu’il s’agisse des éléments, de la flore ou de la faune et même des créatures humaines. Les trois groupes de plaies sont désignés par des abréviations.
Le premier groupe, DETSAKH sont trois plaies qu’Aharon a exécutées en frappant avec son bâton5.
Le deuxième groupe concerne des plaies exécutées par Moïse sans son bâton.
Le troisième groupe concerne trois plaies exécutées par Moïse avec son bâton et la dernière plaie celle de la mort des premiers nés ordonnée et exécutée sans aucune intervention humaine mais uniquement par DIEU Lui-Même sans autre intervention.
Le premier groupe concernait le Nil, fleuve, élément eau qui était une divinité en Egypte. Cette eau transformait en sang contenait une double allusion : d’une part l’être humain ne peut vivre sans son sang mais, lorsque le Nil qui était considéré comme un dieu car il traversait tout le pays et faisait fructifier tous les champs, fut transformé en sang, tout ce qui avait été planté dépérit, les poissons moururent et toute la faune aquatique avec et les hommes ne purent survivre sans eau. Les Égyptiens payaient l’eau au prix fort chez les Hébreux car chez eux, l’eau ne se transformait pas en sang ; en revanche, dès que les Égyptiens tenaient de l’eau dans leurs mains cela se transformait en sang.
Les grenouilles, idoles elles aussi, faisaient tant de tapage, qu’il était devenu impossible de s’entendre et elles envahissaient absolument tout y compris les ustensiles, les lits………
Les poux. La poussière, chaque grain de poussière se transformait en poux qui piquaient et transmettaient des maladies. Lors de ces trois plaies les éléments eau et terre ont été frappés.
Le deuxième groupe a atteint les animaux sauvages pouvant s’attaquer à l’homme et aux animaux avec ârov
Puis, avec la peste, cette plaie s’est attaquée encore une fois à l’homme et aux grands animaux de même que les ulcères ont touché les hommes. Avec ces trois plaies l’homme a été touché dans sa chair et entravé dans son labeur, dans sa force.
Pour le troisième groupe ce sont les éléments du feu et du vent qui sont touchés principalement puisqu’en tombant, la grêle, enflammait tout sur son passage. Les sauterelles transportées par le vent s’attaquèrent à tout ce qui existait et à tout ce qui poussait saccageant tout sur leur passage et ne laissant plus rien à consommer pour les êtres vivants humains ou animaux. Ainsi qu’il a été dit précédemment, D donnait Ses instructions à Moïse qui, en avertissant Pharaon de ce qui allait s’abattre sur l’Egypte, était avec Aharon l’illustration concrète de l’exécution des plaies mais, enfin, pour la dixième plaie, D n’a pas fait participer pour l’exemple ni Moïse ni Aharon, IL a agi par Lui-Même en envoyant l’Ange de la Mort recueillir ceux qui devaient payer pour l’impiété de Pharaon et de ses « officiers ».
Suivent de savants calculs concernant chacune des plaies où les tanayim6dénombrent de combien de plaies ont souffert réellement les Egyptiens en prenant en ligne de compte le fait que chacune des plaies s’est décomposée en plusieurs autres plaies « secondaires » découlant de la première. Ainsi, par exemple, le fait que le Nil ait été transformé en sang, les champs irrigués par le fleuve dépérirent, les poissons et les autres êtres aquatiques moururent etc…. Les Sages du Talmud, en partant de l’expression « la main de D. » et en partant du fait que dans une main il y a 5 doigts que multiplient les 10 plaies arrivent à 50 plaies et d’autres en poursuivant d’autres calculs atteignent 200 ou 250 plaies…
L’agneau pascal (Pessah)
L’agneau comme beaucoup d’animaux et insectes était idolâtré par les Egyptiens. Aussi, prendre pour sacrifice emblème de la liberté à acquérir après la sortie d’Egypte était-il un acte destiné à détruire l’image de l’agneau aux yeux des Egyptiens mais encore et surtout aux yeux des Hébreux qui avaient été influencés par les habitudes païennes égyptiennes.
La mitsva pédagogique est de donner des réponses et même, d’aller au-devant de la curiosité et de parler des trois principaux symboles de Pâque : l’agneau pascal, les herbes amères et la matsa.
Le Saint béni soit-IL a opéré tous les prodiges et tous les miracles et a tout orchestré pour que Son peuple soit libéré de cet esclavage. C’est la raison pour laquelle écrit Rashi que de toute la Haggada, le nom de Moïse ne figure à aucun moment.
Quant aux personnes qui ne savent pas de quoi il s’agit en cette nuit de Pessah, il faut concrétiser les choses en leur montrant la matsa, l’os qui symbolise l’agneau et la salade (laitue/endives/chicorée) qui, de par son amertume, rappelle qu’en ce temps-là, l’existence était amère. Et ceux qui ne disposent pas même de mots pour s’exprimer il faut consacrer du temps pour leur expliquer jusqu’à ce qu’ils comprennent.
D’ordinaire, les fêtes et leur observance commencent au coucher du soleil alors que pour Pessah les choses sont différentes en raison de l’interdiction de consommer du hamets à partir du milieu de la matinée de la journée précédente.
Avant que de procéder au « motsi »7 de la matsa et le reste des combinaisons d’aliments à goûter, un paragraphe très important est à lire : il y est question de notre généalogie : en effet, il est écrit : זרה עבודה עובדי היו אבותינו ,מתחילה soit : « au début, nos ancêtres étaient idolâtres ». Nous savons que Térah, père d’Abraham était idolâtre et, qui plus est, vendait des idoles. Ce qui est important en ce point est bien autre chose dont il est question aujourd’hui encore d’avantage que jamais auparavant : la filiation directe avec Abraham ce que le texte biblique confirme : ainsi D. dit-IL à Abraham : TA DESCENDANCE8sera exilée et esclave pendant 400 ans : il s’agit ici de JACOB fils d’ISAAC et il n’est nullement fait mention ni d’ISMAEL ni d’ESAÜ !!!! La DESCENDANCE d’Abraham est Isaac et celle d’Isaac est Jacob !
Pour terminer sur une note agréable ce séder de Pessah, après s’être délectés des mets finement apprêtés par la maîtresse de maison, le chef de famille qui a officié toute la soirée en dirigeant le cérémonial partage l’AFIKOMENE entre tous les convives. Afikomène est un mot qui provient du grec Api komèné qui signifie « ce qui vient après » ou en dernier comme un dessert (dont l’étymologie est en fait : desservir ou si l’on préfère le plat que l’on présente avant de desservir la table). Après avoir consommé l’afikomène on ne doit plus rien manger ni boire à l’exception d’un café, thé ou infusion si cela est nécessaire pour se sentir mieux ou faciliter la digestion.
PESSAH 2026: du mercredi 1 avril au soir au jeudi 9 avril 2024

JForum.fr avec « L’Arme de la Parole » Traduction et Commentaires du Rabbin Claude Brahami et Caroline Elishéva REBOUH
5. Rappelons que ce bâton était celui qui avait appartenu à Adam, …… à Noé…… aux trois patriarches et il était en saphirs et le Nom de D y était gravé ainsi que les trois sigles de plaies. Ce bâton était « planté » dans un champ appartenant à Ytro et personne ne parvenait à le « déraciner » pourtant, lorsque Moïse s’approcha et vit le bâton, il le saisit et le bâton se laissa prendre. Ytro sut alors que Moïse devait sauver le peuple.
6. Rabbins du Talmud. Les Tanayim constituent la première période de sages du Talmud de l’an 10 à l’an 220 de l’ère vulgaire et les Amorayim qui succédèrent aux premiers jusque vers l’an 500.
7. Au début d’un repas, on doit se laver les mains (netilat yadayim) et rompre le pain sur lequel on prononce la bénédiction de « hamotsi » (qui fait sortir le pain de la terre)
8. 13 ,XV) genèse (Bereshit. ידע תדע כי גר יהיה זרעך בארץ לא להם ועבדום וענו אתם ארבע מאות שנה . « Sache-le bien, ta postérité séjournera sur une terre étrangère, où elle sera asservie et opprimée, durant quatre cents ans.
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