Maduro est tombé – et l’argent a disparu : l’Iran pourrait perdre des milliards.
Après l’arrestation du président vénézuélien, la question de savoir si Téhéran reverra un jour les 2 milliards de dollars investis dans le pays se pose avec acuité. L’économie vénézuélienne s’effondre sous le poids d’une dette colossale et, selon les experts, les chances de l’Iran de récupérer cet argent sont minimes.
D’après un article publié hier (mardi) sur le site d’opposition « Iran International », l’arrestation du président vénézuélien Nicolas Maduro par les États-Unis soulève de sérieuses questions quant à l’avenir de la dette de Caracas envers l’Iran, estimée à environ 2 milliards de dollars. Maduro est considéré comme un allié clé du pouvoir iranien, et le rapprochement possible du Venezuela avec Washington remet en cause ses engagements envers Téhéran.
Selon l’article, la situation économique du Venezuela demeure catastrophique malgré la chute de Maduro. Le montant des dettes impayées, des poursuites judiciaires et des sentences arbitrales à son encontre est estimé entre 150 et 170 milliards de dollars – une somme largement supérieure à la capacité de l’économie locale, qui s’est effondrée ces dernières années, à honorer ses engagements.
L’Iran figure parmi les pays particulièrement vulnérables à la crise. Les analystes soulignent que Téhéran n’est pas un simple créancier, mais pourrait être parmi les principaux perdants d’un changement de gouvernement fondamental au Venezuela, notamment parce que le pays est également soumis à des sanctions américaines.
D’après les médias iraniens, l’Iran a investi environ 2 milliards de dollars au Venezuela au cours des deux dernières décennies. Ces investissements comprenaient des projets conjoints de production automobile lancés en 2007, des projets de construction de logements totalisant environ 23 000 unités, une coopération bancaire, ainsi que des échanges pétroliers et logistiques réalisés dans le cadre du régime de sanctions.
Au-delà de l’aspect économique, le Venezuela a également servi de base politique et logistique à l’Iran pour contourner les sanctions internationales et promouvoir ses objectifs régionaux. Selon Heshmatullah Falahtafish, ancien président de la Commission de la sécurité nationale du Parlement iranien, la dette du Venezuela ne reflète que les investissements et l’aide officiellement documentés.
Cependant, selon l’article, l’ampleur des investissements iraniens non déclarés au Venezuela serait probablement bien supérieure à 2 milliards de dollars, même si aucune estimation précise des sommes en jeu n’est disponible. D’après les États-Unis, ces investissements seraient liés à des réseaux de contrebande et à une coopération militaire et sécuritaire entre les deux pays.
La crise de la dette vénézuélienne a débuté à la suite d’une vague de nationalisations massives menées entre 2007 et 2012, sous le régime d’Hugo Chávez et les premières années de celui de Maduro. Les entreprises occidentales touchées par la confiscation de leurs actifs pétroliers, miniers et industriels ont eu recours à l’arbitrage international et obtenu gain de cause, mais le Venezuela n’a pas payé.
Depuis 2018, les tribunaux américains reconnaissent les sentences arbitrales comme des dettes exécutoires, permettant ainsi aux créanciers de saisir les avoirs vénézuéliens à l’étranger. Le premier défaut de paiement d’une obligation vénézuélienne en 2017 a aggravé la crise, le montant des arriérés de principal et d’intérêts atteignant des dizaines de milliards de dollars.
Le Fonds monétaire international estimait que le produit intérieur brut nominal du Venezuela n’atteindrait que 82,8 milliards de dollars en 2025, un montant bien inférieur à celui de sa dette extérieure. Depuis, les créanciers se sont concentrés sur les actifs étrangers, notamment la raffinerie américaine Citgo, dont la propriété fait l’objet d’un litige juridique depuis 2019.
Selon l’article, la destitution de Maduro a permis de sortir le dossier de la dette vénézuélienne de l’impasse politique dans laquelle il se trouvait. Cependant, on estime que les chances pour l’Iran de recouvrer ses investissements au Venezuela par le biais du système juridique américain sont extrêmement faibles, compte tenu du statut de pays sous sanctions et du nombre important de procédures judiciaires concurrentes.
JForum.Fr & Makor Richon
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