Les israéliens le savent parfaitement. For Sure! L’Inde de Narendra Modi aime en même temps Israël, États-Unis, Iran, Russie.

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Invité des Décrypteurs sur i24NEWS, l’essayiste et géopolitologue Alexandre Del Valle a livré une analyse du positionnement indien au Moyen-Orient, à l’occasion du discours de Narendra Modi à la Knesset. Selon lui, la clé de compréhension réside dans un concept central : le « multi-alignement ».

Dans le monde « post-occidental » actuel, explique-t-il, les alliances rigides de la guerre froide ont cédé la place à des partenariats flexibles, pragmatiques et souvent opportunistes. L’Inde n’est plus « non-alignée » comme elle se définissait autrefois : elle est désormais multi-alignée, capable d’entretenir simultanément des relations étroites avec Israël, les États-Unis, l’Iran ou encore la Russie, selon ses intérêts stratégiques. Cette doctrine, théorisée par des intellectuels indiens et assumée par la diplomatie de New Delhi, permet à l’Inde de naviguer dans un environnement multipolaire sans logique de bloc.

Pour Alexandre Del Valle, ce positionnement ne constitue pas une contradiction. La géographie impose des constantes : l’Iran demeure un voisin stratégique pour l’Inde, indépendamment de la nature de son régime. Dans le même temps, le rapprochement avec Israël répond à des intérêts convergents en matière de sécurité, de technologie et de défense. Il ne s’agit pas d’une alliance contraignante, mais d’un partenariat pragmatique construit sur plusieurs décennies, renforcé depuis l’arrivée au pouvoir de Narendra Modi.

Les deux pays partagent, selon l’analyste, des menaces communes liées aux différents visages de l’islamisme radical, qu’il soit sunnite ou chiite. À cela s’ajoute une proximité idéologique entre deux dirigeants conservateurs et souverainistes, qui privilégient une lecture civilisationnelle des rapports de force. L’absence de contentieux religieux ou historique entre l’Inde et le judaïsme facilite également cette coopération.


Sur le plan stratégique, Alexandre Del Valle souligne que l’Inde joue un rôle clé dans les équilibres régionaux face à la Chine, principal rival de New Delhi, tandis que Pékin renforce parallèlement ses liens militaires avec l’Iran. Dans ce contexte, le partenariat israélo-indien apparaît comme un élément logique d’une recomposition plus large des puissances.

En définitive, conclut-il, Israël comprend cette logique de realpolitik, dictée par la survie et les intérêts nationaux. À l’inverse, certaines capitales européennes peineraient encore à appréhender cette diplomatie du pragmatisme, où la morale et le droit international pèsent moins que les rapports de force.

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