L’erreur chronique des pays occidentaux face à Iran

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Même régime, visage différent:
l’erreur chronique des pays occidentaux face à Iran

par Majid Rafizadeh

Depuis des décennies, le régime iranien joue un jeu calculé. Tous les quelques années, lorsque la pression s’intensifie – qu’elle soit économique, politique ou militaire –, il met en avant une figure présentée comme « modérée » ou « pragmatique ».

Ce discours s’est autrefois construit autour de personnalités telles que les présidents Mohammad Khatami et Hassan Rouhani, tous deux présentés à l’Occident comme des agents du changement.

Aujourd’hui, un discours similaire se dessine autour de Mohammad Bagher Ghalibaf. Pourtant, un examen plus approfondi de son parcours révèle l’erreur fondamentale de cette affirmation récurrente. Il n’est ni un étranger, ni un réformateur, ni une figure transformatrice. Il est l’incarnation même de l’initié, un pur produit du système depuis ses origines.

Ce qui semble irrésistible pour l’administration Trump chez Ghalibaf, c’est sa réputation d’homme de confiance.
L’administration espère sans doute qu’il sera son homme de confiance, et non celui des Gardiens de la révolution.
Le point de blocage qui est apparu, cependant, est que « même s’il veut faire quelque chose, il doit obtenir l’approbation des Gardiens de la révolution et du commandement suprême ».

Même lorsque des personnalités comme Ghalibaf sont évoquées comme candidates potentielles à la présidence iranienne, elles restent profondément ancrées dans un système où l’autorité suprême se répartit à plusieurs niveaux.
Quiconque pense que de tels individus peuvent, à eux seuls, remodeler la politique ou modifier fondamentalement la trajectoire du régime se méprend sur le fonctionnement du pouvoir à Téhéran.

L’objectif n’est pas de transformer le système de manière coopérative, mais de l’aider à survivre.

Pour les dirigeants iraniens, la réforme n’est pas seulement indésirable, elle est inacceptable, c’est comme demander à un rabbin de manger du porc le jour de jeûne juif de Yom Kippour.

À l’heure actuelle, l’Iran a tout intérêt à attendre la fin du mandat de Trump. On suppose que les futurs présidents américains seront plus conciliants ; ils l’ont toujours été.

Les États-Unis et leurs alliés, dont Israël, ne doivent pas se laisser berner une fois de plus par l’illusion, maintes fois dépoussiérée, qu’un nouveau responsable iranien, tel un prince charmant, incarnerait soudainement un véritable changement.
Qu’il s’agisse de Khatami, de Rouhani ou maintenant de Ghalibaf, en réalité, au sein du régime iranien, il n’existe pas de véritables modérés. Tant que la structure actuelle de la République islamique demeure intacte, c’est le système – et non les individus – qui fait la force déterminante.

Majid Rafizadeh, docteur en sciences politiques et analyste diplômé de Harvard. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages sur la politique étrangère américaine.

JForum.fr avec gatestoneinstitute.org
Sur la photo : Ghalibaf (à gauche) assis aux côtés du Guide suprême de l’époque, Ali Khamenei, lisant le Coran lors de la prière du vendredi 4 octobre 2024 à Téhéran, en Iran. (Photo : Bureau du Guide suprême/Getty Images)

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