Le matin du 28 février restera sans doute gravé comme l’un des épisodes les plus spectaculaires de la guerre entre Israël et l’Iran. Dans le ciel encore calme de la région, des dizaines d’avions de chasse israéliens avaient déjà pris position depuis des heures. Au sol, les services de renseignement surveillaient chaque mouvement, chaque signal, chaque communication. Puis, en moins d’une minute, tout bascula. Selon un haut responsable militaire israélien, l’élimination du guide suprême iranien Ali Khamenei et de la quasi-totalité du haut commandement militaire du pays a été rendue possible par une opération d’une précision et d’une coordination exceptionnelles.
L’attaque, préparée pendant des mois dans le plus grand secret, s’est déroulée vers 8h15. En l’espace d’environ quarante secondes, une série de frappes aériennes a visé simultanément plusieurs cibles stratégiques. Parmi les responsables tués figuraient notamment le chef des Gardiens de la révolution Mohammad Pakpour, le commandant militaire Abdolrahim Mousavi, le ministre de la Défense Amir Nasirzadeh et le secrétaire du Conseil national de sécurité Ali Shamkhani, ainsi qu’une trentaine d’autres hauts responsables. L’opération s’est appuyée sur une combinaison complexe d’appareils de combat – F-16, F-35 et F-15 – soutenus par les capacités de renseignement israéliennes et une coopération étroite avec les forces américaines. Pour un officier de Tsahal, cette frappe éclair illustre « une fusion totale entre la puissance aérienne et le renseignement », capable de frapper au cœur du pouvoir iranien.
Au total, près de 200 avions auraient été engagés lors des premières vagues d’attaques. Tous étaient équipés de munitions de précision et avaient parcouru entre 1 000 et 1 500 kilomètres pour atteindre leurs objectifs. En quelques heures seulement, des centaines de cibles militaires ont été frappées : installations de défense aérienne, sites de missiles balistiques et centres de commandement. L’effet de surprise, soigneusement orchestré, aurait provoqué un choc majeur au sein de l’appareil militaire iranien. Selon certains responsables militaires, cette offensive pourrait être l’une des campagnes aériennes les plus dévastatrices jamais menées sur une période aussi courte.
Dans les jours qui ont suivi, les pilotes israéliens ont poursuivi un rythme opérationnel intense. Les F-16 ont effectué des rotations presque continues entre leurs bases et les zones de combat, chaque mission durant parfois jusqu’à huit heures. Le 5 mars, certains avions avaient déjà réalisé neuf à dix sorties au-dessus de l’Iran. Une fois les défenses aériennes iraniennes affaiblies, les forces israéliennes et américaines ont progressivement obtenu la supériorité aérienne. Cette domination du ciel a permis de modifier les tactiques et d’utiliser des munitions plus simples et moins coûteuses, tout en continuant à frapper les infrastructures militaires iraniennes.
Derrière ces opérations spectaculaires se cache également une immense logistique. Les équipes de maintenance travaillent jour et nuit pour préparer les appareils entre chaque mission. Sur certaines bases, notamment celle de Ramat David dans le nord d’Israël, une partie importante de ces techniciens provient d’un programme récent d’ingénieurs issus de la communauté ‘harédith. Leur travail discret est essentiel pour maintenir les avions en état de vol dans un contexte de missions longues et répétées.
Ces dernières années, Israël a également investi dans la modernisation de ses appareils plus anciens. En 2025, le ministère de la Défense a consacré environ 80 millions de dollars à l’amélioration des systèmes d’autoprotection des F-16I. Bien que les F-35 soient désormais considérés comme les avions les plus avancés de la flotte israélienne, les F-16 restent un élément clé pour les frappes à longue distance.
Au-delà de la dimension technologique et militaire, les pilotes savent que chaque mission a une signification particulière. Pour beaucoup d’entre eux, frapper des bases de missiles iraniennes revient aussi à protéger directement leurs familles restées en Israël, régulièrement exposées aux tirs de roquettes et de missiles. Dans ce cockpit où l’adrénaline se mêle à la fatigue, certains aviateurs avalent des comprimés de caféine pour rester concentrés, avant de repartir pour une nouvelle mission au-dessus d’un ciel devenu l’un des théâtres les plus tendus du monde.
L’opération du 28 février marque ainsi un tournant stratégique majeur dans le conflit. Reste désormais à savoir comment l’Iran réagira à cette perte brutale de son leadership militaire et quelles conséquences cette nouvelle phase de la guerre aura pour l’équilibre régional.
Jérémie de Jforum.fr
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