L’Allemagne contre les parents du bébé Yahya Sinwar
Un hôpital de Leipzig a publié sur Instagram un message de félicitations pour la naissance d’un nouveau-né, sans se rendre compte qu’il portait le nom du chef terroriste du Hamas. Le post a dû être supprimé. L’Office d’état civil a déjà laissé entendre qu’il n’approuverait pas ce prénom, mais les parents pourraient porter l’affaire devant les tribunaux. En Angleterre et au Pays de Galles, on signale une forte hausse – probablement pas fortuite – du nombre de bébés prénommés Yahya.
Ynet
À 3h34 du matin, dans la nuit de dimanche à lundi, un bébé est né à l’hôpital universitaire de Leipzig. Comme à son habitude, l’établissement a annoncé sa venue au monde via ses réseaux sociaux, accompagnant le message de trois cœurs rouges ainsi que d’illustrations de méduse, coquillage et tortue de mer.
Aucun membre du personnel ou responsable du compte Instagram n’a visiblement prêté attention au prénom donné par les parents : Yahya Sinwar, du nom du chef du Hamas, terroriste notoire et l’un des cerveaux du massacre du 7 octobre.
Après les critiques sur la conduite de l’hôpital, la publication a été supprimée et la direction a présenté ses excuses. Mais la polémique a soulevé une autre question, désormais entre les mains de la justice à Leipzig : les parents ont-ils le droit de prénommer leur enfant d’après un terroriste sanguinaire ?
En Allemagne, les parents peuvent, en principe, choisir librement le prénom de leur enfant, avec quelques restrictions :
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le prénom ne doit pas nuire à l’enfant sur le plan social,
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il ne peut pas s’agir d’un nom de famille (comme Müller) utilisé comme prénom,
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le prénom doit indiquer clairement le genre de l’enfant.
Des prénoms comme « Satan » ou « McDonald » ont déjà été refusés par les registres civils. Mais en théorie, rien n’empêcherait d’appeler un enfant Yahya Sinwar.
Cependant, l’Office de l’état civil de Leipzig, chargé de l’enregistrement, a déclaré ces derniers jours que « les noms d’extrémistes, de contenu violent ou contraires à la Constitution » seraient rejetés et non enregistrés. C’est un indice clair que le prénom Yahya Sinwar ne serait pas approuvé. Mais que se passera-t-il si les parents insistent ? L’affaire pourrait être portée devant les tribunaux, qui devraient alors trancher entre la loi stricte et la sensibilité sociale liée au fait de nommer un enfant d’après l’un des principaux planificateurs du meurtre de Juifs le plus important depuis la Shoah.
L’affaire du bébé Sinwar soulève deux autres problèmes :
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Le fait que l’hôpital n’ait pas identifié le prénom, ne l’ait pas relié au terroriste et n’ait pas alerté les autorités qu’il pourrait nuire à l’enfant.
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Le fait que des parents donnent ce prénom à leur bébé et autorisent l’hôpital à le publier sur les réseaux sociaux, sans aucune gêne.
Le prénom Yahya devient d’ailleurs de plus en plus courant parmi les nouveau-nés en Europe, notamment chez des parents musulmans qui souhaitent rendre hommage aux meurtriers du Hamas. En Angleterre et au Pays de Galles, par exemple, 583 bébés ont été prénommés Yahya l’an dernier, et pour la première fois, ce prénom est entré dans la liste des cent prénoms les plus populaires.
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