L’échec au Pakistan change tout : Trump en route vers une grande initiative

L’échec des négociations entre les États-Unis et l’Iran au Pakistan accroît l’incertitude et rapproche la possibilité d’un nouvel affrontement. Les experts avertissent : la prochaine fenêtre de temps sera critique et les divergences entre les parties restent profondes.

Ma’ariv

L’échec des discussions entre les États-Unis et l’Iran tenues au Pakistan continue de susciter de nombreuses évaluations sur la scène régionale et internationale, alors que des experts et chercheurs présentent une image complexe d’une situation intermédiaire tendue — susceptible de dégénérer rapidement en une escalade plus large. La spécialiste de l’Iran Orit Perlov a publié sur le réseau X plusieurs analyses indiquant que les négociations ont atteint une impasse, après que le vice-président américain J. D. Vance a annoncé leur échec et quitté le Pakistan.

Selon elle, il n’y a pour l’instant aucune perspective de prolongation des arrangements, et les deux parties doivent remettre d’ici le 22 avril — date d’expiration du cessez-le-feu — des réponses écrites à leurs exigences respectives. Les principales exigences de Washington comprennent :

  • le démantèlement du programme nucléaire et balistique iranien,
  • l’arrêt du soutien aux forces proxy dans la région,
  • la réouverture du détroit d’Ormuz.

Entre accalmie temporaire et possible escalade

Ahmed Afifi, expert en affaires militaires et stratégiques en Arabie saoudite, estime que malgré l’échec des discussions, une accalmie relative est attendue à court terme. Toutefois, selon lui, cette période sera limitée, jusqu’à l’arrivée de forces terrestres américaines et britanniques dans la région.

Il souligne que contrairement à la phase actuelle — où les Britanniques ont surtout assuré des missions défensives et logistiques — une implication offensive directe est désormais attendue.

Selon lui, d’autres États pourraient rejoindre la coalition américano-israélo-britannique, l’annonce officielle étant prévue à un stade ultérieur. Parallèlement, si l’Iran poursuit ses attaques contre les États du Golfe, il existe une forte probabilité qu’ils entrent en confrontation directe contre l’Iran et ses alliés, en particulier l’Arabie saoudite. Afifi estime même que la guerre ne prendra fin qu’après un affaiblissement significatif de l’Iran et de ses réseaux régionaux.

Perlov ajoute que l’urgence actuelle consiste à renforcer la présence militaire américaine et britannique ainsi qu’à renouveler les stocks d’armements dans la région. Elle mentionne également l’hypothèse selon laquelle le calendrier de l’annonce du cessez-le-feu aurait pu viser à permettre à la population iranienne de se préparer économiquement, profiter de l’ouverture des marchés et s’approvisionner en biens essentiels durant la période restante.

Scénarios extrêmes et conséquences politiques

D’autres analystes présentent des scénarios encore plus tranchés. Fares Soueid, du Liban, affirme que l’effondrement des négociations pourrait conduire à trois trajectoires principales :

  1. un retour à la guerre,
  2. une extension du conflit,
  3. ou une conclusion dramatique de la campagne — que ce soit par la chute du régime iranien ou par un autre scénario extrême.

Le Dr Fahd al-Shleimi, du Koweït, indique que l’Iran n’a pas accepté les conditions américaines, notamment l’exigence principale de renoncer à la quête d’armes nucléaires. Selon lui, les questions centrales portent désormais sur :

  • la poursuite du cessez-le-feu,
  • la possibilité d’un large consensus international contre l’Iran — incluant l’Europe et les États de la région,
  • et la probabilité que Téhéran revienne à la table des négociations et accepte finalement les exigences.

Parallèlement, l’échec des discussions a aussi des répercussions sur la scène politique américaine. Une tentative de promouvoir une direction alternative depuis l’intérieur de l’Iran — à l’image du modèle vénézuélien — rencontre des difficultés importantes, notamment en raison d’un profond manque de confiance entre les parties impliquées et d’une diplomatie complexe. L’arrivée d’une délégation large et divisée à Islamabad n’a pas permis de percée et a entraîné une nouvelle érosion de l’initiative.

Dans ce contexte, un journaliste turc a rapporté un incident inhabituel survenu pendant les discussions au Pakistan entre le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi et l’envoyé spécial américain Steve Witkoff, au sujet de la gestion du détroit d’Ormuz. La tension aurait presque dégénéré en confrontation physique ; selon ce récit, l’échange virulent a conduit à des avertissements adressés à la partie iranienne.

Le départ de Vance, considéré comme une figure anti-guerre influente et respectée dans le camp des partisans de Donald Trump, a également ébranlé le consensus politique autour de l’administration. Ces développements pourraient élargir la marge de manœuvre de Trump pour justifier une escalade, voire une opération militaire d’envergure, aux coûts élevés.

En conclusion, jusqu’à l’atteinte d’un point décisif, divers responsables estiment qu’un changement majeur sera nécessaire — soit sur la scène politique intérieure iranienne, soit dans la stratégie de Washington, qui pourrait inclure une tentative d’accord avec une direction bénéficiant d’une légitimité publique plus large.

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